Le saviez-vous ? Le premier Big Brother serait le fondateur de Charleville

Le fondateur de Charleville, Charles 1er Gonzague, a mis au point un système de recensement très précis / © Archives départementales des Ardennes
Le fondateur de Charleville, Charles 1er Gonzague, a mis au point un système de recensement très précis / © Archives départementales des Ardennes

Le premier homme à avoir mis en place un système de recensement très précis serait Charles Ier Gonzague, le créateur de Charleville en 1606. Le CNRS a dépouillé les archives de la ville et en a tiré plus d'un million de données informatiques. Les élèves de Simplon ont eu 3 jours pour les exploiter.

Par Florence Morel

Quatre ans. C'est le temps qu'il a fallu aux équipes du centre national de la recherche scientifique (CNRS) pour numériser l'ensemble des données de Charleville entre 2007 et 2011. De la création de la ville au XVIIe siècle à la veille des deux guerres mondiales, tous les habitants sans exception étaient recensés. Les services de la ville enregistraient leur adresse, la composition de leur foyer (époux, enfants) et leur métier. En plus des recensements, il y avait les registres de baptêmes, mariages, sépultures ou encore les plans de la ville. "C’est exceptionnel pour la France voire l’Europe", s'enthousiasme Sylvain Rassat, ingénieur d’études au CNRS.

Pour traiter ces données-là, on a de la chance d’avoir des référents locaux motivés et motivants. Le contexte est génial pour la science, les usagers et les touristes. Ces archives peuvent être utiles à beaucoup de personnes.
- Sylvain Rassat, ingénieur d'études cnrs, affecté au centre de recherche Roland Mousnier (Sorbonne Université).

Et le scientifique de s'interroger : "Pourquoi tenaient-ils de tels registres? On n'a pas la réponse."

Trois jours pour traiter plus d'un million de données

C'est à partir de ce matériau exceptionnel que les élèves de l'école de développement informatique Simplon ont dû élaborer un site ou une application. Ils avaient trois jours, les 27, 28 et 29 août pour rendre leur projet à deux élus d'Ardennes métropole, Patrick Fostier et Pierre Ruaud, ainsi que Sylvain Rassat.
 

Ils étaient une vingtaine à plancher sans relâche sur des milliers de colonnes Excell. Leur objectif : rendre ce million de ressources accessibles au plus grand nombre. Les deux élus d'Ardennes Métropole regardent les projets d'un œil intéressé. "On aimerait créer un écosystème autour du numérique", explique Patrick Fostier, vice-président de l'agglomération. Au vu des projets, l'agglomération a effectivement de quoi être intéressée. Le groupe d'étudiants qui a remporté les faveurs du jury a proposé une application, CharleGo, qui propose une visite guidée de la cité carolo à travers les habitants qui y ont vécu. Le visiteur suit un parcours prédéfini, et lorsqu'il passe sur des lieux emblématiques, comme la place Ducale ou le musée Rimbaud, il reçoit une notification telle que : "Bonjour, je m'appelle M. Durant, j'ai vécu ici pendant tant d'années, avec ma femme et mes trois enfants, et j'exerçais le métier de forgeron." Une manière originale de découvrir la ville à travers ses habitants.
 

Métier, compositions des foyers... les Carolos passés au peigne fin


Autre projet qui a plu aux jurés, "Caro-Logis". En rentrant votre adresse carolo ou une rue de votre choix dans un moteur de recherche, le tout sur une période donnée, ce dernier vous donne la liste de tous les habitants qui y ont vécu, ainsi que leur profession. Dans un onglet, le moteur calcule également le nombre de métiers exercés dans la zone géographique. Lors de la présentation, l'exemple donné a d'ailleurs fait mouche. En tapant place Ducale, l'étudiant tombe sur Philippe-Joseph Gailleux, l'un des premiers maires de Charleville, qui n'est autre que l'aïeul de Patrick Fostier.

Ces projets ne seront pas obligatoirement développés, mais ils donnent une idée de ce qu'on pourra faire de toutes ces données. Et occuper Carolos et touristes pendant encore plusieurs années.
 

L'école Simplon en quelques mots

Simplon est un réseau d'écoles en France qui forme au développement informatique. A Charleville-Mézières, les apprenants sont notamment des personnes en réinsertion ou en reconversion professionnelle. Aucun diplôme n'est requis pour intégrer la formation.

Dans le cadre de ce Hackaton, les apprenants ont traité les données fournies par le CNRS. Un échange gagnant-gagnant selon Sylvain Rassat, ingénieur d'études au CNRS : "La collaboration avec Simplon est une volonté de manifester notre intérêt pour l’école et ses valeurs, comme la réinsertion et l'école de la seconde chance. On veut leur dire que la Sorbonne et le CNRS sont accessibles à ces publics-là."

A lire aussi

Sur le même sujet

Record du monde du GPS Drawing à vélo

Les + Lus