Dans les Ardennes et l'Aube, les refuges de la SPA déjà saturés en ce début d'année 2022, une situation inédite

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Les deux refuges SPA de Champagne-Ardenne affichent déjà complet. Une saturation préoccupante pour un mois de janvier. En 2021, le nombre d'animaux recueillis a fortement augmenté, mais pas celui des adoptions.

"Nous sommes obligés de refuser des demandes d'abandon", explique Fabrice Roussel, le responsable de la SPA de Saint-Parres-aux-Tertres (Aube). Les propriétaires souhaitant se séparer de leur animal sont nombreux, une liste d'attente a été mise en place. Dans ce refuge aubois, les compagnons à quatre pattes ne peuvent plus être accueillis. "Je suis là depuis 2011, je n'ai jamais vu un début d'année comme celui-ci." 70 chiens sont déjà présents et se partagent les boxes.

Même constat, dans les Ardennes. "On reçoit des demandes d'abandons tous les jours, s'attriste Sarah Fortunati, responsable du refuge SPA de Cliron. Mais on est completOn accueille déjà trente chiens et autant de chats." Un tel engorgement dès janvier est inquiétant. En raison des mesures sanitaires, la structure n'est ouverte que sur rendez-vous. Les visites sont moins fréquentes et par conséquent les adoptions se font plus rares.    

2021, un record de prises en charge  

L'année 2022 semble s'inscrire dans la continuité de 2021. Sarah Fortunati le reconnaît : "L'année dernière a été très intense." Son refuge a accueilli 547 animaux, soit +41 % par rapport à 2020. Les chats et surtout les chatons ont été particulièrement représentés. "Il y a eu moins de campagnes de stérilisation en raison de la crise sanitaire. Ça a vraiment été catastrophique." Heureusement pour cette responsable, cette hausse des prises en charge a pu été compensée par les adoptions, près de 500.

Adopter, ça vous engage sur 10-15 ans. Il faut chercher l'animal qui correspond à votre mode de vie.

Sarah Fortunati, responsable du refuge SPA de Cliron, Ardennes

D'autres refuges n'ont pas été si chanceux. Dans l'Aube à Saint-Parres-aux-Tertres, le nombre d'adoptions a baissé en 2021. "On en a réalisé 400. D'habitude, on en a 120 à 150 de plus", déplore Fabrice Roussel. Pourtant, lui aussi a connu une augmentation des prises en charge de l'ordre de 10 à 11 %. Il a notamment accueilli beaucoup de NAC, les nouveaux animaux de compagnie (lapins, cochons d'Inde, etc) mais aussi plus d'animaux retirés à leur propriétaire pour maltraitance.

Contre-coup de la crise sanitaire ?

Cette situation, est-elle en lien avec ce que nous avons vécu ces deux dernières années ? Ces responsables le pensent. Ils ont conscience que certains particuliers ont connu des problèmes financiers. "Beaucoup de personnes se sont retrouvées démunies, ont perdu leur emploi et ne pouvaient plus assumer leurs animaux", reconnaît Sarah Fortunati. Et l'avenir est tout aussi incertain comme le souligne Fabrice Roussel. "Les gens ne savent pas de quoi demain sera fait, ils réfléchissent à deux fois pour prendre un compagnon."

Durant la crise sanitaire, les gens ont pris des animaux car ils se sentaient seuls. Maintenant, ils n'assument plus.

Sarah Fortunati, responsable du refuge SPA de Cliron, Ardennes

La fin des confinements et la reprise du travail en "présentiel" ont aussi été des éléments déterminants. Pour Sarah Fortunati : "Des personnes se sont débarrassées de leur animal quand elles ont retrouvé une vie normale. On a beau marteler les mêmes messages. Les gens agissent de manière impulsive." Afin de soulager son refuge, elle cherche des familles relais pour accueillir temporairement des chatons au frais de la SPA.

Quant à Fabrice Roussel, il va accentuer la sensibilisation auprès des écoliers. "Les jeunes sont plus réceptifs que les adultes. Il faut comprendre qu'on ne prend pas un animal comme on achète une paire de basket." Un travail d'envergure, car toutes les régions de France font face à la même situation. Dans le Grand Est, 3.832 animaux ont été pris en charge par les 6 refuges de la SPA (Arry, Forbach, Sarreguemines, Thionville, Cliron et Saint-Parres-aux-Tertres), soit 17 % de plus qu’en 2020.