Même confinés, les Ardennais se mobilisent pour le Téléthon

Courses virtuelles, drive, tombola, cagnotte en ligne ... Malgré la crise sanitaire, les bénévoles du 34e Téléthon font preuve d'imagination pour collecter des fonds ce week-end à travers tout le territoire ardennais.
Dans cette supérette de Givet, les bénévoles étaient sur le pont dès ce vendredi matin.
Dans cette supérette de Givet, les bénévoles étaient sur le pont dès ce vendredi matin. © Document remis
"L'esprit Téléthon cette année, ce sera chacun chez soi, mais pas chacun pour soi." Laurent Julliard, le coordinateur du Téléthon dans les Ardennes, se veut optimiste. Covid oblige, il sait que la 34e édition du Téléthon qui débute ce vendredi 4 décembre sera "forcément différente" en ces temps de confinement. "La collecte de fonds sera moins importante cette année, car elle ne pourra pas bénéficier des événements organisés sur le terrain, qui permettaient de récolter plus de la moitié des fonds." Mais les organisateurs ont su s'adapter et se réinventer. Ils sont toujours aussi motivés, assure-t-il. Et j'ai confiance en la générosité des Ardennais."

De nombreuses alternatives ont vu le jour grâce au numérique. A commencer par une tombola en ligne qui peut permettre au grand gagnant de remporter une voiture. "Un gros lot qui j'espère va attirer des dons de toute la région." Une collecte numérique 100% ardennaise a également été lancée.
 


Défis sportifs

Plus localement, de nombreuses initiatives fleurissent dans les quatre coins des Ardennes. A Bogny-sur-Meuse, les bénévoles proposent de se lancer dans une Chevauchée fantastique. Le principe : courir ou marcher 1 heure par jour pendant 24 jours. Chaque kilomètre parcouru, c'est un euro de gagné en faveur du Téléthon. Les internautes sont invités à partager leurs exploits sur la page facebook de l'événement. D'autres défis sportifs sont aussi organisés à Villers-Semeuse ou au Châtelet-sur-Retourne.

Après le sport, le réconfort. Ce vendredi 4 décembre, dans la soirée, les pompiers de Margut  et l'association des "Vieux Pistons" s'associent pour vendre des pizzas au profit de la recherche contre les maladies rares. Un système de drive sera mis en place devant le centre de secours.
  


Ecoles et entreprises mobilisées

Malgré le contexte sanitaire, les écoles se sont aussi mobilisées. Des ventes d'objets ont été organisés dans une quinzaine d'établissements scolaires comme au lycée Verlaine de Rethel.

A Givet, une jeune fille de 6e a déjà récolté 950 euros en vendant en drive des gâteaux qu'elle a elle-même confectionnés.
 
 

Comme les années précédentes, les chefs d'entreprises se sont aussi manifestés. "On n'osait pas trop appeler les entreprises cette année, car on sait que c'est difficile pour eux en ce moment, avoue Marie-Paule Julliard, la coordinatrice adjointe du Téléthon ardennais, mais ce sont eux qui nous ont appelés, en nous disant que leur chèque allait arriver. Franchement, elles ont toutes répondu présentes. Hier encore, on a signé un contrat avec le boulanger de Fromelennes qui veut vendre des cougnous, de délicieuses viennoiseries, au profit du Téléthon."
 

Ils sont formidables ces Ardennais, même à la dernière minute, ils se mobilisent.

Marie-Paule Julliard, coordinatrice adjointe du Téléthon dans les Ardennes



L'an dernier, plus de 314.000 euros avait été récoltés dans les Ardennes, ce qui en avait fait le 3e département le plus généreux de France par habitant.
 

L'espoir pour cette famille ardennaise

La mobilisation est scrutée de près par Christelle Fransquin depuis sa maison de Bergnicourt, entre Reims et Rethel. Son fils Noam, 12 ans et demi, est atteint par la myopathie de Duchenne, qui s'attaque à tous ses muscles. "D'habitude, on passe tout le week-end du Téléthon à tourner sur les manifestations, participer aux marches, aller aux concerts, manger des crêpes, mais là on sera à la maison en train de regarder la télévision, c'est un peu frustrant."
 
A 12 ans et demi, Noam est atteint par la myopathie de Duchenne, une maladie dégénérative des muscles qui touche un jeune garçon sur 3 500. Pour lui et sa maman, le Téléthon est synonyme d'espoir.
A 12 ans et demi, Noam est atteint par la myopathie de Duchenne, une maladie dégénérative des muscles qui touche un jeune garçon sur 3 500. Pour lui et sa maman, le Téléthon est synonyme d'espoir. © Document remis / Pascal3637

Car pour cette famille ardennaise, le Téléthon représente un "réel espoir", celui de stopper l'évolution de la maladie et d'atténuer la souffrance de Noam. "Grâce aux dons, la recherche avance, on a fait des progrès de fous, même si on voudrait que ça aille plus vite pour notre enfant, car on a une épée de Damoclès au-dessus de notre tête. Chaque jour compte, on veut que Noam vive le plus longtemps possible."

Le pôle de recherche financé par le Téléthon a obtenu le feu vert pour un essai clinique sur cette maladie dégénérative des muscles. Si les résultats sont positifs, cette nouvelle thérapie pourrait venir à bout de la myopathie de Duchenne, la plus fréquente des maladies neuromusculaires de l’enfant. "On est à deux doigts de sauver des enfants, c'est pourquoi on espère que les gens seront toujours fidèles au Téléthon cette année."
 
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