Mal-aimé, critiqué, adoré… retour sur les dix ans de règne sur l'aire des Ardennes de Woinic

Symbole des Ardennes, selon le président du conseil départemental ou encore pire œuvre d'art selon d'autres, Woinic ne fait pas l'unanimité. Dix ans ce mercredi que la laie ardennaise a été installée sur l'aire d'autoroute, et qu'elle alimente les conversations des touristes et des Ardennais.
Woinic fête ses dix ans d'installation ce 8 août 2018
Woinic fête ses dix ans d'installation ce 8 août 2018 © Sébastien Valente / France 3 Champagne-Ardenne
Le plus gros sanglier du monde. Rien que ça. Les 50 tonnes de métal qui composent Woinic, symbole des Ardennes, trônent fièrement sur l'autoroute A34 depuis maintenant 10 ans. Pour l'occasion, le conseil départemental lui a même organisé une petite fête sur l'air des Ardennes.

Commandé dans les années 1980 par le conseil départemental pour la modique somme de 600 000 euros à l'époque, Woinic ne s'est pas fait que des amis. Le prix avait effectivement fait grincer des dents à l'époque, puisqu'entre celui de l'œuvre et celui de l'aménagement du site, le conseil départemental avait finalement déboursé près d'1,2 millions d'euros.
 
Dix ans plus tard, l'œuvre d'Eric Sleziak, né à Bogny-sur-Meuse, était achevée. L'artiste ardennais décide alors de le nommer Woinic, contraction des prénoms de ses parents (Woidouche et Nicole). Lors de son périple entre Bogny-sur-Meuse et l'aire sur laquelle il trône, près de 5 000 personnes étaient venues l'acclamer.

Aujourd'hui, Woinic aurait rapporté 2,5 millions d'euros de chiffre d'affaire sur quatre ans selon nos collègues de Culturebox. Tasses, peluches, produits dérivés... les articles sont nombreux sur l'aire d'autoroute pour rentabiliser la laie, devenue un produit marketing.
 

Critiqué et pourtant adoré


Si Woinic a été vivement critiqué, il ne l'a pas été uniquement pour des histoires de prix. La dimension esthétique a elle-aussi été remise en cause par des critiques d'art, dans un article de l'Obs intitulé "Art d'autoroute : cinq œuvres férocement commentées".

Certains ardennais s'étaient alors offusqués d'une telle critique à l'encontre de leur laie bien aimée. Sur Twitter, les messages de soutien ont plu.
 
De quoi redonner, l'espace d'un instant, de la fierté au symbole ardennais. Le président de conseil départemental des Ardennes avait publié un communiqué dans lequel il avait défendu Eric Sleziak : "L'artiste ouvrier métallurgiste, n’est certes pas issu du gotha de l’art. Il a su néanmoins à travers Woinic et avec son langage propre, rendre hommage à l’industrie métallurgique et à la fonderie ardennaise. Comme symbole, le sanglier s’imposait et si ses formes ne sont pas académiques, il reflète parfaitement la fierté des Ardennais qui comme leur animal tutélaire ne reculent ni ne dévient, mais vont de l’avant et ne se résignent pas."


Une grande fête pour les 10 ans de l'installation de Woinic


Ce mercredi 8 août, un marché du terroir et d'artisanat local, une ferme pédagogique, des balades en poney et en calèche, ou encore un défilé de voitures anciennes ont été organisées pour célébrer le mal-aimé. De quoi rendre hommage à celui qui veille fièrement sur les autos, et les Ardennes.
 
Retrouvez la page été consacrée à Woinic :
 
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