Après "Présumé Coupable" sur l'affaire d'Outreau et "L'Enquête" sur le tentaculaire feuilleton Clearstream, Vincent Garenq s'attaque à un nouveau dossier judiciaire hors normes dans "Au nom de ma fille" avec Daniel Auteuil, récit dramatique de l'affaire Kalinka Bamberski, en salles mercredi.
Le 10 juillet 1982, Kalinka Bamberski, adolescente française de 15 ans, est retrouvée morte dans des circonstances troublantes au domicile de son beau-père, Dieter Krombach, médecin cardiologue allemand. "Au nom de ma fille" retrace le combat obstiné d'André Bamberski, père de Kalinka, interprété à l'écran par Daniel Auteuil, pour faire reconnaître la culpabilité de Dieter Krombach dans le décès de sa fille.
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Au terme de 30 ans d'un bras de fer judiciaire acharné, Dieter Krombach, d'abord jugé par contumace, sera définitivement condamné par la Cour d'assises du Val-de-Marne à 15 ans de prison en 2012. Pour ce film, Vincent Garenq est tombé en admiration devant la ténacité d'André Bamberski à la lecture de son livre, "Pour que justice te soit rendue" (Editions Michel Lafon), paru en 2010: "Ce n'est pas le fait-divers qui m'a attiré mais le bonhomme qui m'a impressionné.
La bande-annonce
Cet expert-comptable normal qui devient un personnage fascinant et exceptionnel", indiquait-il lors d'une avant-première à Pau mi-février.
"Je n'ai fait que pallier les lâchetés successives de la justice française": le film s'ouvre sur cette affirmation d'André Bamberski au moment de son interpellation en 2009 à Mulhouse. Quelques heures plus tôt, il avait fait enlever Dieter Krombach pour le livrer aux autorités françaises afin de rendre enfin effective sa première condamnation.
"Fidèle à la réalité "
Cette scène d'introduction illustre la détermination du père de Kalinka: "André Bamberski est la plus grosse tête de mule que j'aie rencontrée", sourit Vincent Garenq. Et le réalisateur de poursuivre: "Il a un côté très droit et très rigoureux, un caractère de jusqu'au-boutiste". Daniel Auteuil incarne avec engagement ce père sombre qui a juré sur la tombe de sa fille de faire la lumière sur les causes de son décès.Au fil d'une enquête méticuleuse, devenue son unique obsession, André Bamberski épuise son entourage, décourage ses avocats mais ne renonce jamais. "Il n'aurait jamais pu s'arrêter. Pour lui, il n'y a qu'une vérité, pas deux", insiste Vincent Garenq qui, tout en "romançant légèrement l'histoire", s'est attaché à rester "fidèle à la réalité".
L'acteur allemand Sebastian Koch et la comédienne canadienne Marie-José Croze interprètent également avec justesse la complexité des personnages de Dieter Krombach, médecin froid et intrigant, et de Danielle Gonnin, ex-femme d'André Bamberski et mère de Kalinka qui fut longtemps dans le déni. Au procès à Créteil, elle a raconté qu'elle pensait "que Dieter n'était pas coupable" jusqu'à ce qu'elle accède au dossier judiciaire en 2010, en se constituant partie civile.
A travers ce film dramatique, le réalisateur Vincent Garenq déroule une nouvelle fois le long baroud d'un homme seul face à la justice. Il ne revendique pourtant pas un acte militant: "Ce n'est pas l'institution qui m'intéresse mais simplement cette histoire ultime de paternité".