A Marnay-sur-Seine, dans l'Aube, elle devient boulangère par amour

C'est la jolie histoire de cette fin d'année : Kynga Klusak change de vie par amour pour un Aubois et pour son village de 250 habitants. La Polonaise, qui était distributrice de cinéma, est devenue boulangère à Marnay-sur-Seine. Elle lance une campagne de financement participatif.
Le décor a tout d'un conte de fin d'année : une bâtisse traditionnelle en pierres de taille à Marnay-sur-Seine dans l'Aube, une cuisine chaleureuse avec un antique four à bois. C'est là que vit et travaille Kynga Klusak. Il y a encore 5 ans, celle qui était alors distributrice de films menait une vie trépidante à Varsovie, en Pologne. Aujourd'hui, elle prépare ses miches au levain avec exigence et à partir de farines bio achetées à Saint-Lupien, à 26 kilomètres de chez elle.

Pour se reconvertir, cette trentenaire a obtenu en candidat libre un CAP de boulangerie. "J'adore encore faire des films, explique-t-elle. C'est ma passion".

Mais la vie dans une grande ville, à la fin, ce n'est plus que "dead lines" [délais à tenir, ndlr] et budgets. On est tout le temps au téléphone. J'ai fini par manquer de quelque chose de vrai. 

 
La jeune femme poursuit : "Je coopère avec les producteurs locaux, c'est quelque chose de rare maintenant. Et je veux rappeler aux gens que, derrière la nourriture, il y a des gens. C'est pas juste l'étagère d'un supermarché." 
 

Une histoire d'amour qui ne cesse de grandir... entre elle et son village



Kynga Klusak est tombée amoureuse d'un charpentier habitant Marnay. C'est comme cela que tout a commencé entre elle et ce petit village aubois de 250 habitants. Peu à peu, la jeune polonaise s'est mise à participer à la vie de la communauté. Elle a même lancé son auto-entreprise en octobre : deux fois par semaine pour le moment, elle apporte donc son pain ou ses brioches dans le tout nouveau café du village, l'Expressoir, monté sa par belle-sœur.

Sur place, elle retrouve déjà quelques clients fidèles. "On sait d'où ça vient, on sait que c'est fait artisanalement, raconte Geoffroy Clémenceau, l'un de ces consommateurs. C'est pétri à la main, c'est fait avec coeur, avec goût. De A à Z, on sait que c'est bien fait". 
 


Pour poursuivre l'aventure sans pour autant diminuer la qualité,  Kynga Klusak a cependant besoin d'un four à bois plus moderne. Le sien n'accueille que 18 miches à la fois. Pour financer son nouvel outil de travail, elle a donc lancé une campagne de financement participatif sur Gofundme.com. "Avec le nouveau four, je pourrai enfourner 50 miches à la fois. Donc, si je veux obtenir 100 kg de pain par jour, cela me fait deux fournées et mon travail sera plus efficace". 

Kynga a déjà collecté 3 990 euros sur les 16 000 euros dont elle a besoin, ce qui lui a permis de déclencher la commande du four. Mais elle n'a que trois mois pour financer ce qui est devenu un rêve et enchanter de plus en plus de personnes grâce à son pain frais.
 

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