Aube : les jeunes agriculteurs manifesteront à Paris mercredi "l'impact sera plus fort et Paris est un lieu symbolique"

Mercredi 27 novembre 2019, les jeunes agriculteurs de l'Aube rejoindront leurs confrères venus de toute la France à Paris, pour alerter le gouvernement sur les difficultés qu’ils rencontrent en province. 

Les belles histoires du dimanche
Découvrez des récits inspirants de solidarité et d'altruisme, et partez à la rencontre de la générosité. Émotions garanties chaque dimanche !
France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter "Les belles histoires du dimanche". Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité
"Il y a trois mois un de mes veaux valait 130 €, aujourd’hui, il vaut 60 €. Depuis que les accords internationaux et notamment le CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement, un accord commercial bilatéral de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada) ont été ratifié le cours de la viande a baissé. C’est très inquiétant !" confie Pierre Goujart, président des jeunes agriculteurs de l’Aube. 
 
Avec une quarantaine d’autres jeunes agriculteurs aubois, l’éleveur de bovins se rendra donc à Paris ce mercredi 27 novembre 2019 suite à l’appel national de plusieurs syndicats agricoles. En tout, 1.500 agriculteurs et 1.000 tracteurs défileront d'après Pierre Goujart sur les grands axes à Paris dans le but d’interpeller les dirigeants politiques et les consommateurs sur leurs "réelles conditions de travail et de vie. Nous avons déjà manifesté à Troyes, mais nous n'étions qu'une centaine. Là, l'impact sera plus fort et Paris est un lieu symbolique."

"On constate un "agribashing" en France relayé par les médias nationaux et les réseaux sociaux, il est donc logique que le consommateur s’y perde. Nous ne faisons pas ce métier pour polluer la planète ou maltraiter nos bêtes. Énormément d’éleveurs français surveillent leur utilisation de produits phytosanitaires et la réduisent. Nous ne voulons pas proposer de bêtes malades à nos acheteurs, mais de la qualité. Ce mouvement du 27 novembre servira également à remettre dans leur contexte les choses." rajoute Pierre Goujart.
 

Une manifestation à but " pédagogique" 

Avant de poursuivre : "Nous ne voulons pas bloquer Paris ou les citoyens, nous voulons faire entendre notre voix là où les décisions sont prises ! Les hommes politiques nationaux, actuellement, se jouent des agriculteurs français. Ils ne surveillent pas l'application des états généraux de l’alimentation, et ratifient des accords internationaux, qui malgré les normes européennes établies, permettent de trouver dans les grandes surfaces de la viande prélevée sur des bêtes nourries avec des farines animales, sans que ce soit mentionné sur les étiquettes. C’est incohérent surtout quand on sait que les 3/4 des agriculteurs vivent à crédit pour travailler et continuer d’essayer de nourrir les Français. On ne peut plus vendre correctement alors que l'on cherche à produire correctement."

Une partie des jeunes agriculteurs de l’Aube laisseront donc leur exploitation le temps d’une journée pour participer au mouvement national dans un but : "pédagogique auprès des consommateurs et pour se faire des hommes politiques."