TÉMOIGNAGE - Aube : à 77 ans il sauve un parachutiste de la noyade et reçoit la médaille du courage

Jacques Villain, 77 ans, a sauvé un parachutiste de la noyade le 27 juillet dernier à Brienne-le-Château dans l'Aube. Lundi 16 décembre 2019, il recevra la médaille de bronze pour acte de courage et dévouement. 

Le parachutiste s'entraînait à l'aérodrome de Brienne-le-Château dans l'Aube.
Le parachutiste s'entraînait à l'aérodrome de Brienne-le-Château dans l'Aube. © Aube parachutisme
Pas facile de faire parler Jacques Villain. L'homme originaire de Brienne-le-Château (Aube) est âgé de 77 ans et ne se prend surtout pas pour un héros. Ambiance... "Pas la peine d'en faire tout un plat, tout a déjà été dit". Il recevra tout de même ce lundi 16 décembre la médaille de bronze, des mains de la sous-préfète de Bar-sur-Aube, pour "acte de courage et de dévouement" après avoir sauvé un parachutiste qui avait atterri dans son étang et était en train de se noyer. Parler aussi des gens qui n'hésitent pas à se mouiller pour sauver des vies, c'est plutôt salutaire non ? 

Retour donc, le 27 juillet 2019. Une chaude journée d'été dans le ciel de Brienne. "Un militaire du GIGN a été blessé et est tombé inconscient dans un étang à la suite d’un saut en parachute à Brienne-le-Château", relate la préfecture de l'Aube. Jacques Villain se trouve à ce moment-là dans une barque. Sur son étang de 3.500 m2 en train d'arracher tranquillement des nénuphars. Il n’a pas hésité à se jeter à l’eau pour maintenir la tête du gendarme hors de l’eau.

"J’ai entendu un grand souffle, et j'ai vu le parachute qui s’écrasait dans l’eau. Le pilote s’est écrasé, je me suis dit : je vais aller près de lui, je me suis retourné et il avait coulé. Alors, sans réfléchir, j’ai sauté, j’ai nagé, j’ai plongé sous l'eau. J'avais repéré l’endroit, où l'homme était est tombé. Environ à 15 m de moi. J’ai fait un plongeon, je le prend par les épaules, je le remonte. Il était dans les vapes. J’ai nagé pendant quelques mètres, je le remonte, je le mets sur le bord, il était KO, je lui ai mis des tapes. Il a ensuite recraché de l'eau. Je n'ai pas pensé que c'était dur, raconte le septuagénaire. Dans ce cas-là, vous savez, on ne pense qu’à une chose : le ressortir". 
 
Témoignage de Jacques Villain

 

Risque de suraccident

À quoi pense-t-il maintenant ? "Entre nous, c’était risqué, car s'il avait essayé de se débattre, je me serais noyé avec lui. Il y avait un risque de suraccident. J’y ai pensé depuis, mais ça n'aurait pas changé le fait que j'aurai tout tenté pour le sauver". Les souvenirs pas si lointains remontent. Quand on en parle avec Jacques, on s'y croirait. "Donc, il recrache de l’eau et il revient à lui. Alors j’ai sifflé, et son groupe est venu le récupérer. Mon étang n’est pas très loin, ses collègues l’avaient vu. Ils appelaient, ils se sont rapidement occupés de lui. Puis les gendarmes sont venus ainsi qu'une ambulance pour emmener cet homme vers l'hôpital de Troyes"

Retour au calme une fois que tout le monde a quitté les lieux. Jacques est un peu sonné. "Je me retrouve seul. Ça fait drôle. J'ai appelé ma femme  pour lui que j’allais rentrer plus tard. Je lui ait dit que j’étais allé à la pêche au parachutiste ! Elle sait que je sais nager. J’ai fait de la piscine longtemps. J’ai pratiqué quelques entraînement avec un mannequin. On avait eu des cours de sauvetage".  
 

Depuis ce jour, Jacques est un peu devenu "une vedette", mais il n'aime pas être mis en avant. "Oui, on m’en reparle, les gens sont au courant, ils me félicitent. Moi, j’aurai voulu plus de discrétion, mais la sous-préfète a insisté, j’allais pas dire non. Je n’ai pas l’impression de faire un exploit. Pour moi c‘est normal, j’étais là au bon moment. Vous savez, ça fait 20 ans que je les entends sauter près de chez moi les parachutistes du coin, je suis habitué. Mais là, c'est le premier qui est tombé dans le trou". Un étang de 3.500 m2, une ancienne carrière, située près de l’aérodrome de Brienne-le-Château. 

Depuis, il admet que sa famille est fière de lui. Cet ancien artisan peintre et droguiste ne refusera pas sa médaille. Elle trouvera sa place dans le salon familial. Quant au parachutiste sauvé, ils se sont parlés par téléphone. "Il m’a remercié, et il m'a dit qu'un jour, il viendrait me voir. Depuis, il m'a envoyé un colis avec des produits de sa région, du vin, des confitures".

La cérémonie de remise de médaille aura lieu à 16h à l'aérodrome de Brienne lundi 16 décembre. Peut-être que le miraculé sauvé des eaux, sera là. Ce serait alors de belles retrouvailles. 
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets