Assises de l’Aube : Marc Bessent est condamné à 20 ans de réclusion criminelle

© Tiphaine Le Roux / France 3 Champagne-Ardenne
© Tiphaine Le Roux / France 3 Champagne-Ardenne

Après 2h45 de délibéré et un procès de deux jours, les Assises de l’Aube ont rendu un verdict vers minuit ce jeudi. Marc Bessent est condamné à 20 ans de réclusion criminelle accompagné d’un suivi socio-judiciaire de 10 ans et d’une injonction de soins. Sandrine Roussel est acquittée.

Par LG avec Tiphaine Le Roux

Marc Bessent, un troyen de 39 ans été jugé pour meurtre. La deuxième personne appelée à la barre est Céline Roussel. Ils étaient trois suspects, mais le troisième Jérémy Kerleau, s'est donné la mort l'été dernier alors qu'il était placé en détention. Ils étaient accusés du meurtre de Sylvestre Mouton.

Lors de ce deuxième et dernier jour de procès, pour l'avocat général Jacques Louvier, Marc Bessent a commis un meurtre de sang-froid car la technique de strangulation utilisée est une technique de combat qui ne correspond pas à un acte impulsif.

La jalousie pourrait en être un mobile, mais il n'y a tout de même pas de réponse claire sur le stimulus qui pourrait le faire recommencer et c'est accablant car il est dangereux. Lors de ses réquisitions, il a demandé 20 ans de réclusion criminelle, non assortie d'une période de sûreté, mais assortie de 3 ans de suivi socio-judiciaire avec une peine de 3 ans supplémentaire s'il ne le respecte pas.

Concernant Celine Roussel, la maison est trop petite selon lui, pour qu'elle n'ait rien entendue de ce qui se passait. Il pense aussi qu'elle a été seule avec le corps et qu'elle n'a rien fait. Elle aurait pu empêcher que Marc Bessent l'emporte. Selon lui, si elle n'a rien fait c'est parce qu'elle aime Mr Bessent. Cela dit, il y avait un danger immédiat pour elle. Il requiert alors à son encontre 1 an d'emprisonnement assorti d'un sursis.

Maitre Anne-Sophie Wagnon-Horiot demande aux jurés de juger en droit et non en morale. L'enquête, les témoins et l'autopsie, tout cela n'a apporté aucune certitude selon elle, et le doute doit profiter à l'accusé. Céline Roussel dit avoir été absente car endormie au moment précis de la strangulation. Et à 4h du matin, lorsqu’elle voit Sylvestre Mouton mal en point, et comme elle a l'habitude de voir des gens alcoolisés à son domicile, elle ne comprend rien de ce qui se passe. "Ne la condamnez pas sans certitude" demande Maitre Wagnon-Horiot aux jurés.

L'avocate Charlotte Pienonzek (qui défend Marc Bessent) indique que c’est "un écorché vif sans fondations, et dont le seul repère est un père alcoolique qui l'a tabassé et manipulé". La nuit des faits, Marc Bessent n'avait aucun plan machiavélique. Sinon il n'aurait jamais agi chez lui, dans sa cuisine, près de sa femme et de ses enfants. C'était un coup de sang après des propos d'ivrogne déplacés qu'on ne connaîtra pas, mais qui ont rendu fou Marc Bessent.

Comme un enfant qui veut cacher sa bêtise il va chercher de l'aide et balance le corps dans l'eau. Alors, il est coupable, oui bien sûr, il le reconnaît. Les faits sont très graves. Mais la vraie question est de savoir si une peine de détention peut-elle, non seulement le sanctionner, mais aussi lui permettre de se réinsérer. L’avocate de Mr Bessent ajoute qu’il a déjà mûri, et commence des soins, et ce doit être pris en compte. Pour sa part, elle plaide pour une peine qui lui donnera un cadre et un suivi socio-judiciaire à la sortie, car les risques de récidive sont faibles.

Le verdict a donc été rendu ce jeudi vers minuit :
Marc Bessent est condamné à 20 ans de réclusion criminelle associé à un suivi socio-judiciaire de 10 ans ainsi qu'une injonction de soins. S'il ne respecte pas le suivi il encourt 5 ans de peine. Il a en plus une interdiction de détenir une arme pendant 15 ans.
Céline Roussel est acquittée.

Rappel des faits

  • Avril 2015 : Sylvestre Mouton invite quelques-uns de ses amis à son domicile à Troyes. Il disparaît quelques heures plus tard. Sa famille s'inquiète car il n'a pas l'habitude de s' éloigner de sa femme qui souffre d'une maladie invalidante.
     
  • 12 avril 2015 : un promeneur retrouve un corps à Lusigny-sur-Barse, à proximité d'un pont qui enjambe le canal qui dessert le lac d'Orient. Cet homme de 47 ans, originaire de Troyes, avait disparu depuis une dizaine de jours. Il ne porte rien d'autre que ses sous-vêtements et ses chaussettes. L'autopsie révèle qu'il s'agit bien de Sylvestre Mouton et qu'il a été frappé et étranglé.

L'enquête judiciaire ouverte met les enquêteurs sur la piste de Jérémy Kerleau et de Sandrine Roussel. Alors qu'une information judiciaire est ouverte pour meurtre, Marc Bessent et Jérémy Kerleau sont placés en détention provisoire, Sandrine Roussel sous contrôle judiciaire.

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