Ligne SNCF Paris-Troyes : François Baroin s'énerve et écrit au président de la SNCF "le chaos est de retour"

Le maire de Troyes, François Baroin a écrit au président de la SNCF pour se plaindre des retards incessants sur la ligne 4 entre Paris et Troyes. Cette fois, la colère déborde.

La ligne SNCF entre Paris et Troyes peut sans doute rivaliser avec celle entre Clermont et Paris. C'est un roman à elle seule. Un cauchemar pour ceux qui l'empruntent. Un dossier historique entre l'Aube et l'Ile de France. Un classeur toujours ouvert pour le Gouvernement et la SNCF. Mais cette fois, le maire de Troyes a choisi de se transformer en porte parole des usagers. 

Face aux retards qui se multiplient sur la ligne, face au ras-le-bol des usagers le président des maires de France a écrit directement au président de la SNCF et a publié son courrier le 3 novembre en fin de journée. Dans cette lettre de deux pages adressées à Jean-Pierre Farandou, président directeur général de la SNCF. Il se fait porte voix des usagers. Et ne mâche pas ses mots. 

Retour du pire

"Mes concitoyens me tiennent informés des incessants retards et des conditions indignes de transport dans les trains desservant Troyes. (...) Nous voici visiblement revenus aux pires moments concernant l'exploitation des services voyageurs sur la ligne 4 et singulièrement entre Troyes, mais aussi Bar-sur-Aube, Romilly-sur-Seine, Nogent-sur-Seine, et Paris, qui m'ont déjà valu de réguliers échanges avec vos prédécesseurs". L'édile a en effet largement interpellé à l'époque Guillaume Pépy, ex patron de la SNCF. 

Et de citer les raisons de la colère qui gronde. "Annulations aléatoires découvertes quelques minutes avant le départ du train, retards constants sans information, inadaptation des capacités des rames... Les témoignages se multiplient, y compris sur les réseaux sociaux, photos à l'appui. Le paroxysme, nous osons l'espérer, de ces désordres semble être survenu vendredi 31 octobre. Mais selon les voyageurs réguliers, la situation ne fait qu'empirer depuis la rentrée de septembre". 

L'exaspération est à son comble « la situation dantesque »

Selon François Baroin, le "le chaos est de retour" sur cette ligne SNCF. "Nous ne reconnaissions toutefois pas la réalité que vivent nos concitoyens dans les éléments de réponse donnés par vos services. Si les aléas climatiques peuvent perturber le fonctionnement normal du trafic ferroviaire, ils ne sauraient tout expliquer".

"À Troyes, en automne il y a des feuilles qui tombent, et qui manifestement bloquent les motrices. Sommes-nous donc la seule ligne traversant des bois, de plus peuplés par des suidés (sangliers) forestiers suicidaires ? Quand des femmes et des hommes qui vont travailler doivent tous les jours rester debout, « dans la bétaillère », au coude à coude, sans distanciation, pourtant indispensable dans le climat sanitaire dans lequel nous nous débattons depuis de très longs mois, cela n'est pas acceptable". 

Dans la deuxième partie de ce long courrier, le maire de Troyes reprend son rôle politique. Tout en indiquant que ces retards ont un impact sur l'économie locale. "Quand les promoteurs immobiliers qui se félicitent dans la presse locale du 21 septembre 21 d'un renouveau et d'une demande de nouveaux aspirants à l'installation, les reconnaissent bloqués par les problèmes rencontrés sur la ligne 4, ce n'est pas acceptable"

Fran!ois Baroin cite également un notaire estimant que "Tant que la desserte ferroviaire sera aussi médiocre, il sera impossible d'avoir une croissance durable des prix. Les Franciliens qui sont venus risquent d'être vite déçus. lis sont venus en croyant rejoindre facilement Paris mais comment le faire (...) lorsque les trains sont en retard ou pire, ne circulent pas ? » Le développement du tourisme est également impacté par cette desserte, explique le maire. 

Train en retard : conséquences économiques

Sans oublier le cas des usagers réguliers. Qui prennent le train pour travailler à Paris. "Comment ne pas être sensible au désarroi des salariés pendulaires qui subissent ces retards quotidiens et les remontrances chaque jour de leur employeur, craignant la perte de leur emploi ; ou encore à celui de votre personnel qui doit faire face chaque jour au mécontentement grandissant des usagers exaspérés ?"

"À travers la fiabilité de cette desserte quotidienne, ce sont donc des emplois, des équilibres de vie mais aussi l'attractivité et le développement de notre territoire qui sont en jeu. Les collectivités locales se sont fortement engagées pour améliorer cette desserte. Les travaux d'électrification causent des interruptions ou des allongements substantiels des temps de parcours certaines fins de semaine, qui, s'ils sont pénibles, sont porteurs d'espoir".

La situation actuelle nous fait craindre un retour en arrière, une situation malheureusement déjà trop bien connue qui avait atteint l'inacceptable en 2016, et que l'on croyait révolue

François Baroin, maire (LR) de Troyes

Je souhaite donc ici vous exprimer mon attente, toujours aussi forte, de définition par la SNCF d'une véritable politique de fiabilisation et de communication auprès des usagers pour la ligne 4 pour les jours, mois et années à venir". Le président le la Région Grand-Est, Jean Rottner, a lui aussi tapé du poing sur la table à Paris. 

Ce courrier a été envoyé au ministre délégué aux Transports et à Jean Rottner, le président du Conseil régional du Grand Est". Souvent prompt à réagir, il ne devrait pas manquer de porter cette colère au plus haut niveau. Ce qui a été fait ce 4 novembre. "Après avoir exprimé ma colère à @JPFarandou hier soir, écrit Jean Rottner sur Twitter, une rencontre avec @jamougenot directeur national des TER était organisée ce matin. Les choses ont été dites clairement J’ai exigé un retour à la normal dans les 48h @TERGrandEst".

En attendant, les usagers eux prendront le train chaque jour, à l'heure ou pas. 

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