Bas-Rhin : les déchets sauvages sortis de la rivière à Neuhaeusel 

Le combat du maire de Neuhaeusel (Bas-Rhin) a payé : depuis décembre 2020, il cherchait de l’aide pour sortir des dizaines de sacs de gravats jetés illégalement dans la rivière. Voies navigables de France (VNF) a fini par intervenir et a ôté les déchets.

Un engin spécial a raclé le lit de la rivière et retiré les sacs d’amiante.
Un engin spécial a raclé le lit de la rivière et retiré les sacs d’amiante. © S. Kriloff

Il se dit soulagé, mais aussi amer du temps et de l’énergie consacrés à une affaire qui aurait pu se régler rapidement. Le maire de Neuhaeusel a pris ses fonctions en juin 2020, lors des dernières élections municipales, et il n’en revient pas des lourdeurs administratives pour solutionner les problèmes de sa petite commune. Ainsi le dépôt sauvage de déchets dans la rivière de la Moder l’aura préoccupé depuis le début du mois de décembre 2020, date à laquelle les sacs ont été découverts, jusqu’au 22 janvier, jour où les services compétents les ont retirés.

Entre temps, Sébastien Kriloff a tapé à toutes les portes. Préfecture, voies navigables de France, DREAL… Révolté par le spectacle des sacs dans ce milieu naturel, il avait pris l’initiative de poster des photos sur les réseaux sociaux, déclenchant à la fois une vague d’indignation de la part des internautes, mais également un élan de solidarité. Ainsi, un habitant d’une commune voisine lui avait prêté main forte en venant avec un véhicule adapté, et un équipement spécial lui permettant de rentrer dans l’eau pour retirer quelques sacs.

Nous avions rencontré l’élu mi-janvier, les sacs gisaient alors toujours au fond de la Moder, ainsi que dans un bras d’eau de la commune voisine. « J’ai une entreprise qui m’a fait un devis, mais il s’élève à 40.000 euros » nous avait alors expliqué le maire. Une somme dont le petit village de 350 habitants ne dispose pas. Une situation que Sébastien Kriloff a pu exposer lors de la réunion qui devait se tenir le lendemain avec la sous-préfecture. A l’issue de cette entrevue, l’échéance de la fin février avait été évoquée pour retirer les déchets. Ce sera chose faite à peine quelques jours après. Deux semaines plus tard, voies navigables de France publie ce mercredi 3 février un communiqué à propos de « cette intervention réalisée dans les plus brefs délais » et pour laquelle « VNF a pris toutes les précautions nécessaires pour que cette opération de dépollution soit menée le plus rapidement possible ».

La commune a de nouveau posté une publication sur sa page Facebook pour remercier VNF.

L’enquête est toujours ouverte au sein des services de la gendarmerie. La nature et la quantité des déchets laissent penser qu’ils provenaient d’un chantier. Mais l'auteur n'a pas été identifié.

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