Au service de l'abbatiale de Neuwiller-lès-Saverne

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Écrit par Carine Feix

Rund um. Au cœur de Neuwiller-lès-Saverne, l'abbatiale Saint-Pierre-et-Paul nous ouvre les portes de son histoire. Autrefois lieu de pèlerinage, en raison de la présence d'un reliquaire de Saint Adelphe, elle abrite toujours d'imposantes tapisseries de la fin du Moyen-Âge.

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Mille ans d’histoire, du VIIIème au XVIIIème siècle. Mille ans de construction, de balais de tailleurs de pierres, de sculpteurs et de moines. L’abbatiale de Neuwiller-lès-Saverne regorge de petits et grands trésors. Sa façade d’entrée baroque, d’abord, avec les statues de Saint Pierre et de Saint Paul qui accueillent les visiteurs. Les anges sculptés sur son toit. Et ce mélange de styles architecturaux, passant du roman au gothique, qui frappe l’observateur de cet édifice de 66 mètres de long et d’une trentaine de mètres de haut.

L’an dernier, quelques 300 touristes, de France mais aussi beaucoup d’Allemagne, sont venus visiter l’édifice religieux. Damien Finck, guide bénévole, nous emmène à l’intérieur, à la découverte du sanctuaire de Saint Adelphe : un coffre serti de pierres, avec une petite vitre laissant deviner de vieux ossements. « Le crâne, et probablement les tibias de Saint Adelphe, ancien évêque de Metz au Vème siècle », nous explique le guide. Un centre d’attraction de nombreux pèlerins à travers les siècles, surtout à l’époque où les moines bénédictins résidaient autour de l’abbatiale.

Saint Adelphe et ses miracles

Saint Adelphe aurait fait quelques miracles. « Même Philippe Richert, ancien homme politique, nous a raconté qu’il en avait fait à Wimmenau », raconte encore Damien Finck. Pas de certitudes quant à ces affirmations, mais ce que l’on sait, c’est qu’il n’est nul besoin d’être un saint pour parfois faire des miracles. C’est le cas par exemple des bénévoles et des membres du conseil de fabrique, lors de récents travaux de rénovation.

Luce Gerling, présidente dudit conseil de fabrique, constitué de cinq membres laïcs investis dans la conservation de l’abbatiale, nous montre des photos : « Nous voilà en train d’enlever tous les anciens bancs, et d’arracher le sol, pour le restaurer. » A ses côtés, Alain Gimbel, trésorier du conseil de fabrique, enchérit : « Le plus difficile, c’était le sol. Il n’y avait que du sable, et quelques pierres ! Nous avons enlevé toutes les saletés… » Les bénévoles ont aussi changé l’éclairage et installé des leds. Des travaux complémentaires au chantier global, de nettoyage et d’étanchéité, d’un coût total de 2 millions d’euros.

Une histoire "magnifique et redoutable"

L’abbatiale les valait sans doute. L’actuel curé, le père Cyrille Lutz, n’en finit pas de s’émerveiller devant ces siècles d’histoire. « C’est à la fois magnifique et redoutable. Ce que je préfère, dans cette église, c’est le son, qui se propage partout, jusque dans les moindres aspérités des pierres. » Une impression de majesté. Que l’on ressent aussi devant les mètres de tapisseries tissées de soie italienne et de laine fine, de la fin du Moyen-Âge, aux couleurs éclatantes - des œuvres précieuses, représentant la vie de Saint Adelphe, protégées par un épais rideau vert.

Après un passage par la crypte et sa confessio, la partie la plus ancienne de l’abbatiale datant du VIIIème siècle, notre visite se termine à l’extérieur. En face de l’entrée, une ensemble de maisons canoniales s’offre à notre vue. Construites avant la Révolution française, elles abritaient moines et prévôts, avant d’être occupées par des militaires, tels que le général de Mandeville. Exceptionnellement, l’on nous emmène visiter les jardins de son ancienne demeure, aujourd’hui propriété privée. « Une splendeur », s’exclame Liliane Vogt, autre guide bénévole de l’abbatiale. « Cela montre aussi que Neuwiller-lès-Saverne a toujours été un endroit important ». Et que les amoureux du patrimoine n’y manquent pas.