Comment se forment les orages supercellulaires, un phénomène météo spectaculaire en forme de soucoupe

Un nuage d'orage supercellulaire a traversé le ciel alsacien dimanche 5 mai en fin de journée. Sa structure impressionnante, en forme d'anneaux superposés, n'est pas passée inaperçue. Pour en savoir plus sur le phénomène, un spécialiste météo nous explique comment se forme ce type de nuage, plutôt rare sous nos latitudes.

Un nuage, dit supercellulaire, a survolé le nord de l'Alsace ce dimanche 5 mai, phénomène suffisamment rare pour nous y intéresser de près. D'autant que, témoignages et photos à l'appui, sa structure en anneaux concentriques superposés était particulièrement belle et spectaculaire.

Le nuage orageux est né du côté de Saverne vers 17h30, a traversé le Bas-Rhin d’ouest en est, est remonté vers le nord sur le secteur de Haguenau, a traversé le Rhin, puis s’est déstructuré en Allemagne vers 19h30. Le météorologue d'Atmo-Risk, Christophe Mertz, revient sur ce phénomène orageux pour nous expliquer ce qu'il s'est passé. 

Pourquoi ce nom "supercellulaire" ?

"Il s’agit d’un orage d'un type bien particulier. Il est appelé supercellulaire parce qu’il n'est formé que par une seule cellule orageuse. Il faut voir les orages un peu comme des cellules plus ou moins éparpillées d’où proviennent les précipitations. Cette cellule orageuse, très locale, est animée d’une profonde rotation sur elle-même. Cela est dû à des conditions spécifiques : ce sont des paramètres de vent et d’instabilité météorologique bien précis. Lorsque ces conditions sont réunies, le nuage peut commencer à tourner sur lui-même."

Quelles particularités ont les vents ?

"Ce sont des vents de directions et de forces différentes selon l’altitude. On parle de cisaillement de vents. Au niveau du sol, par exemple, vous pouvez avoir un vent venant du sud-ouest, à 1500 mètres d’altitude un vent orienté sud-est et à 5000 mètres d’altitude un vent d’ouest. Les vents tournent dans le sens des aiguilles d’une montre au fur et à mesure que l’on monte en altitude. Cela induit la rotation du nuage et, à la faveur de courants ascendants, son étirement en hauteur."

Dans quels genres de situation se produisent ces nuages ?

"Qui dit situation orageuse dit forcément dépression quelque part sur la France ou autour de notre pays. Ce sont des situations assez classiques dans leur ensemble, mais localement, seules des particularités précises permettent la formation de ce type d’orage. Il faut une instabilité météorologique très importante. De la chaleur qui remonte, combinée à beaucoup d’humidité. Être localisé entre une masse d'air chaud et un vent froid venant du nord comme cela s'est produit dimanche soir." 

"En Alsace et dans le nord-est de la France, les formations sont souvent moins abouties, moins spectaculaires que dans le centre ou aux Etats-Unis. Cela reste occasionnel, mais non exceptionnel. On peut en observer au moins un à chaque saison."

Que se passe-t-il dans le nuage ?

"Une fois que le nuage a commencé à tourner sur lui-même, il se forme à sa base un mésocyclone. Il s'agit d'une petite rotation très localisée favorisant l’abaissement nuageux en direction du sol avec cette forme caractéristique de soucoupe avec des anneaux superposés."

Comment évolue le phénomène ?

"S’il continue à s’amplifier, il formera une tornade, c’est le stade ultime de ce phénomène. Il arrive très fréquemment qu’il reste à un stade moins extrême, comme on l’a observé dimanche parce que les conditions ne sont pas réunies. À ce moment-là, la structure se maintient un certain temps, une heure et demie dimanche dernier, puis elle se désagrège d’elle-même. Ces orages ont une durée de vie moyenne d’une à trois heures."

"Le phénomène s’accompagne classiquement de fortes pluies, de grêle, de foudre et de fortes rafales. Dimanche, on a eu peu de grêles, un peu de foudre, mais l’orage est passé très vite."

Quelles sont les probabilités pour que cela se reproduise prochainement ?

"D’après les prévisions, il n’y aura pas d’autres orages dans les jours qui viennent. Peut-être à partir de la semaine prochaine, mais plus tard et tout au long de l’été, il est tout à fait possible qu’on puisse revoir un ou deux orages de ce type. Sur la région, ce ne serait pas étonnant. On en a eu des bien plus violents, par exemple le 22 juin 2022, qui a donné de la grosse grêle sur le centre Bas-Rhin."

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