Marché de Noël de Strasbourg : Francis Scordel, chef étoilé, vend sa soupe pour financer des associations

Le collectif d'associations de solidarité internationale Humanis vend du 22 novembre au 24 décembre une "soupe étoilée". C'est une soupe conçue par un grand chef alsacien, les fonds permettant de financer des projets solidaires. Le chef Francis Scordel s'est illustré avec une soupe carotte-banane.

Une "soupe étoilée", ce n'est pas un potage avec du vermicelle en forme de petites étoiles. C'est une soupe préparée par un grand chef cuisinier alsacien. Entre les 22 novembre et 24 décembre 2019, cette soupe est vendue au village associatif (place Kléber) du marché de Noël de Strasbourg par le collectif  d'associations de solidarité internationale Humanis. Pour trois euros le gobelet ou neuf euros le sachet d'un litre, vous pouvez financer le projet d'une des associations membres. Cartes bancaires acceptées, et si vous n'aimez pas la soupe, il y a aussi des crêpes...

La crème de céleri rave au gingembre imaginée par Yannick Germain (L'Auberge au boeuf, à Sessenheim) cède le terrain, entre le vendredi 29 novembre et le jeudi 5 décembre, à une nouvelle création. Place au velouté à la carotte et à la banane, avec des petits croûtons au curry et à la coriandre. Rien qu'à lire (ou écrire...), ça donne faim. On doit cette composition culinaire à Francis Scordel, oeuvrant pour La Carambole, à Schiltigheim.
 


Preuve de la qualité du travail de Francis Scordel, son restaurant a remporté une première étoile au guide Michelin en 2019. Mais pourquoi mélanger de la carotte à de la banane ? France 3 Alsace lui a posé la question entre deux gobelets de soupe : "J'ai beaucoup voyagé. Notre métier nous fait rencontrer beaucoup d'autres horizons. Au cours d'un voyage dans les Caraïbes, on m'a servi, à ma surprise, une soupe de carottes avec des beignets à la banane. Et j'ai trouvé ça sympa !"
 

 

Réinterpréter et partager

Francis Scordel s'en est donc inspiré : "La banane, c'est des fibres, et donc un bon liant : ça s'associe bien à la carotte. À cela, j'ai ajouté des croûtons à la coriandre, car c'est frais comme un agrume, et les agrumes se marient toujours bien à la carotte. Et la pointe de curry des croûtons rappelle les mijotés de Madras. Le fil conducteur, c'était de rassembler des éléments séparés."
 

J'aime le fait d'être sorti du cadre de Noël en ayant utilisé la banane 
- Francis Scordel, chef étoilé à La Carambole (Schiltigheim)


Le chef étoilé poursuit : "On m'a transmis des bases, des valeurs. J'ai réinterprété ce qu'on m'a transmis. Et aujourd'hui, je l'ai restitué. L'idée de servir une soupe pour des associations, ça s'inscrit exactement là-dedans. On est doublement dans le partage du métier. Je partage ce qu'on m'a partagé. Et j'aime le fait d'être sorti du cadre de Noël en ayant utilisé la banane. Car Noël, c'est les cucurbitacées, c'est les marrons... Et là, en l'ajoutant à la carotte, un produit d'hiver, on obtient un plat atypique."
 
Le chef étoilé a imaginé la soupe, mais ce n'est pas lui qui a personnellement cuisiné les centaines de litres de soupe. Ce sont les personnes salariées en insertion chez Humanis, via le traiteur Kieffer de Vendenheim. Et le personnel présent pour encaisser ou servir est également salarié ou bénévole chez Humanis : jusqu'au 24 décembre, il y en aura dix par jour. Une véritable aventure humaine.
 

Financer des bourses

Odile Regnier, l'une des 13 co-présidentes de Humanis en fait partie. Elle nous a détaillé l'engagement de toute cette communauté : "On fait ça pour parvenir à deux objectifs : améliorer les conditions des travailleurs en insertion chez nous, et aider nos associations en leur attribuant des bourses à projets."
 

Grâce aux soupes étoilées, on a pu relancer les bourses à projets
- Odile Regnier, co-présidente du collectif Humanis


La responsable du collectif basé à Schiltigheim sait de quoi elle parle : elle est membre de l'association Macha'k Wayna. On lui doit l'installation d'une serre semi-souterraine pour qu'une population bolivienne vivant à 3.000 mètres de hauteur (où rien ou presque ne pousse) puisse avoir accès régulièrement à des légumes. Un poulailler devrait suivre. 

La co-présidente souligne : "C'est notre septième soupe étoilée. Avant, Humanis avait du mal à financer ses projets... En fait, c'est grâce à ces soupes étoilées qu'on a pu relancer les bourses." L'occasion de se rappeler que Noël, c'est avant tout la fête du partage.
 
Deux autres chefs alsaciens à l'affiche
Après Francis Scordel, deux chefs vont encore montrer l'étendue de leur talent culinaire :