Bas-Rhin : fin de blocage à l'écluse de Marckolsheim par la CGT et des gilets jaunes, la navigation sur le Rhin reprend

Une vingtaine de personnes, majoritairement du personnel d'Électricité de France (EDF) syndiqué à la Confédération générale du travail (CGT), a bloqué l'écluse de Marckolsheim (Bas-Rhin) entre les jeudi 13 et vendredi 14 février. Une action contre la réforme des retraites.

La banderole accrochée à l'écluse bloquée, le vendredi 14 février 2020 vers 11 heures.
La banderole accrochée à l'écluse bloquée, le vendredi 14 février 2020 vers 11 heures. © Document remis, Philippe Charpentier
Après le poste électrique de Vogelgrun (Haut-Rhin) en décembre, c'est au tour de l'écluse de Marckolsheim (Bas-Rhin) d'être occupée par du personnel d'Électricité de France, d'Électricité Réseau Distribution France (ERDF), et Réseau de transports d'électricité (RTE). L'action a débuté le jeudi 13 février 2020 à 16h30, sous l'impulsion de membres du personnel majoritairement de la Confédération générale du travail (CGT). Des cheminots et "gilets jaunes" se trouvaient aussi sur place.

La vingtaine de militantes et militants sur place, jusqu'à 80 si l'on compte toutes les personnes qui se sont relayées depuis jeudi à 16 heures, demandait le retrait de la réforme des retraites, très contestée. L'action a duré jusqu'au lendemain, le vendredi 14 février, vers midi. Vers 11 heures, les gendarmes demandaient l'évacuation des lieux, après deux premières visites sans intervention. Elles étaient motivées par "la prise de contacts et l'obtention de renseignements sur les revendications", explique la gendarmerie, précisant qu'une intervention "est décidée par l'autorité administrative". L'évacuation a eu lieu vers midi, dans le calme.
 

Cette réforme ne va faire que des perdants
Philippe Charpentier, délégué syndical CGT

 
France 3 Alsace a joint par téléphone Philippe Charpentier, délégué syndical CGT (voir publication Facebook plus bas) de la partie production hydroélectrique d'EDF. C'était vers 11 heures, au moment où la gendarmerie annonçait son intervention.
 

Que se passe-t-il ?

"On est en train de commencer à préparer notre repli ! La gendarmerie vient d'annoncer qu'elle voulait nous expulser. La brigade fluviale est sur les côtés, il y a même des plongeurs. Sans doute au cas où on tomberait..."
 

Comment ça se passait, jusqu'ici ?

"Depuis hier, 16 heures, on a bloqué la navigation sur le Rhin. On a établi un petit camp, avec une tente, un brasero... On avait établi un dortoir dans le local technique à côté. On a été jusqu'à 80 à se relayer, au total. Certains restaient une heure, deux heures, cinq heures... Des gens partaient après la nuit, et d'autres arrivaient au matin."
 

C'est habituel, ce genre d'actions ?

"On l'avait fait à l'écluse de Vogelgrun, on avait aussi été expulsés. Une écluse, c'est compliqué : on ne peut évidemment pas annoncer ça à l'avance, sinon on se fait cueillir. Et là, à Marckolsheim, on était dans un coin un peu reculé. Il fallait faire trente, quarante minutes de route depuis Colmar ou Mulhouse. Peut-être qu'une prochaine fois, on se rapprochera d'un grand centre urbain pour avoir plus de monde."
 

Pourquoi dénoncez-vous cette réforme ?

"On exige le retrait. Cette action, c'est une manière de s'opposer à l'État - ici la préfecture - et de s'adresser à lui. Dans notre analyse, cette réforme ne va faire que des perdants. Le taux de retraités pauvres va se rapprocher du niveau européen, c'est à dire augmenter. On encourage donc tous les salariés et les citoyens à lutter. "
 
Le Port autonome de Strasbourg (PAS) n'a, a priori, "pas eu de remontée" de perturbations significatives sur ses activités. Le vendredi au matin, la CGT publiait sur Facebook (voir ci-dessus) une photographie de bateaux bloqués devant l'écluse.
 
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