Le Grand Est passe commande à Alstom des premiers trains à hydrogène

Ce jeudi 8 avril 2021, Alstom annonce avoir reçu une première  commande de 12 trains à hydrogène de la part quatre régions françaises, parmi lesquelles le Grand Est. Une bonne nouvelle pour le site de production de Reichshoffen qui produira l'intgralité des rames.

L'usine Alstom de Reichshoffen accroît son carnet de commande.
L'usine Alstom de Reichshoffen accroît son carnet de commande. © Maxppp

C’est une étape importante dans la transition écologique du transport ferroviaire français. Après les technologies vapeur, thermique et électique, la SNCF vient de passer commande à Alstom, pour le compte des régions Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est et Occitanie, des 12 premiers trains à hydrogène français. 

"Cette commande officielle de trains à hydrogène marque l’aboutissement de deux ans de travail commun entre les différents acteurs du projet",  annonce l’entreprise ce jeudi 8 avril 2021 dans un communiqué.

Ces trains, d’une autonomie allant jusqu'à 600 km sur les lignes non-électrifiées, seront composés de 4 voitures et proposeront 218 places assises. Contrairement à ceux déjà développés pour l’Allemagne, 100% hydrogènes, les modèles français seront bi-mode, hydrogènes mais aussi électriques.

"Il y a une volonté de pouvoir exploiter ces trains de manière mixte parce que sur les 30000 km de réseau ferroviaire, 16000 km sont électrifiés", explique-t-on en interne.

Concrètement, les machines mélangeront de l'hydrogène embarqué à bord et de l'oxygène présent dans l'air ambiant, grâce à une pile à combustible installée dans la toiture qui produit l'électricité nécessaire à la traction de la rame. Elles ne rejetteront que de la vapeur d'eau.

D’autres commandes à venir pour Reichshoffen

Des trains plus verts,  entiérement fabriqués en Alsace, sur le site de Reichshoffen. Une commande "emblématique qui  réaffirme notre engagement pour maintenir l’emploi et l’activité du site de Reichshoffen", a déclaré Jean Rottner, le Président de la région Grand Est.

Elle est également saluée par les instances syndicales.  "Pour nous c’est une très bonne nouvelle que l’on attendait depuis longtemps puisqu’on avait un trou de charges pour 2022/2023. D’autant que dans les 10 prochaines années, il y aura certainement d’autres commandes conséquentes en ce qui concerne ces trains. Ça va en appeler d’autres très rapidement. Ça consolide notre site", exprime Claude Merckel, délégué syndical CGT.

Une embellie dans l’horizon du site qui attend toujours de savoir qui sera son repreneur. "C’est le stand-by. On attend la fin du mois pour obtenir des nouvelles", confirme ce dernier.

Pour racheter le secteur ferroviaire du canadien Bombardier Transport, le groupe français Alstom doit en effet sacrifier son usine bas-rhinoise qui compte près de 800 salariés. Une cession qui répond aux problèmes de concurrence dans le secteur des trains régionaux. En juillet dernier, les syndicats avaient fait part de leurs inquiétudes quant à la "pérennité" de la plateforme, selon eux "compromise par la volonté d'Alstom d'en brider les évolutions possibles".

Mise en service en 2025

Alstom fait figure de pionnier dans le train à hydrogène, avec une technologie mise au point dans son usine de Tarbes. Il a fait circuler ses premiers prototypes en Allemagne en 2018 et y est maintenant entré dans une phase industrielle, avec 41 commandes à ce jour. Le groupe français a aussi vendu des modèles en Italie.

"La France a tout pour devenir champion de l’hydrogène", s’est enthousiasmé Jean-Baptiste Djebbari, le Ministre chargé des Transports, précisant que l’Etat financera les frais de développement du premier train à hydrogène à hauteur de 47 millions d’euros.

Au total, le contrat s'élève à 190 millions d'euros pour Alstom. Les premiers essais sont annoncés fin 2023. La mise en service commerciale devrait intervenir en 2025, avec près de deux ans de retard sur les ambitions initiales du gouvernement.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
trains régionaux économie transports écologie environnement région grand est politique