Bal, jeux de société ou baignades, l'exposition "Strasbourg s'amuse" revient sur les loisirs des siècles passés

Comment se divertissaient les Strasbourgeois dans les siècles passés ? C'est l'objet de l'exposition "Strasbourg s'amuse" qui a été prolongée jusqu'au 13 septembre 2020 aux Archives de Strasbourg. Contades, place Kléber ou Orangerie, nos loisirs ont évolué avec le temps.

Fête de village en Alsace. Le peintre et photographe strasbourgeois Lucien Blumer a saisi ces moments dans les années 1920-1930.
Fête de village en Alsace. Le peintre et photographe strasbourgeois Lucien Blumer a saisi ces moments dans les années 1920-1930. © Archives de Strasbourg
L'exposition "Strasbourg s'amuse" met en scène à travers des textes d'archives, des jeux et des images de l'époque, les divertissements des Strasbourgeois avant l'arrivée de la télévision française dans les années 1950. Les visiteurs des Archives peuvent ainsi redécouvrir une époque pleine de légèreté dans des lieux bien connus de la ville.  

Cinéma, jeux de cartes ou encore patinage, certains loisirs n'ont pas perdu une ride et ont parfois même évolués avec la société. L'exposition n'en oublie guère les bals dansants, fêtes populaires et autres spectacles qui ont rythmé les journées les Strasbourgeois.

Des lieux métamorphosés

Contades, Orangerie ou place Kléber, les noms n'ont pas changé mais les Strasbourgeois des années 1920 ou 1940 n'y faisaient pas les mêmes choses. Si certains ont toujours rêvé de se baigner dans l'Ill, c'était possible à l'époque où la "rivière faisait l'objet de piscines", explique Marie Beil, archiviste chargée de l'action éducative. Cette liberté a toutefois été limitée avec l'interdiction de se jeter tout nu. "Des choses ont été interdites parce qu'elles sont arrivées un jour. Il y a souvent eu des dérapages et ça laisse des traces dans les archives écrites", poursuit-elle. Une photographie montre le parc de l'Orangerie enneigé et de la glace qui a remplacé l'eau, "maintenant il ne fait plus assez froid pour patiner." Sur la place Kléber, alors appelée "place des Cordeliers" (en raison de la présence d'un couvent franciscain) les courses de traîneaux étaient de la partie en hiver. Sur cette même place, dans le bâtiment de l'Aubette, la troupe du Barabli, "qui a marqué l'après-guerre", jouait au ciné-bal. Voici l'une de leur affiche avec la cathédrale de Strasbourg :
 
Affiche du spectacle du Barabli datant de 1986.
Affiche du spectacle du Barabli datant de 1986. © Archives de Strasbourg
 

On valorise nos fonds, on complète la dimension plane des documents par des objets.

Marie Beil

Mais d'autres loisirs d'antan ont complètement été oubliés, à l'instar du fameux bal des artistes ou du bal des pauvres qui se tenaient au Palais des fêtes, au coeur de la Neustadt. Créé par l'association des artistes indépendants d'Alsace (AIDA), le bal des artistes offrait même à son public un "défilé travesti" à partir de minuit. Les guinguettes sont également très réputées, tout comme les débits de boissons, comme en atteste ce post Facebook illustrant la taverne Rheinlust : Dès 1878, la taverne a accueilli les Strasbourgeois, habitants de Kehl et touristes. Il se situait au bord de l'eau, près de l'ancien pont du Rhin, et était desservi par le tramway. Le bâtiment est reconstruit "en somptueux établissement de fêtes et de divertissement qui jouit très vite d'une solide réputation auprès de la bourgeoisie." Il prendra ensuite le nom de "Brasserie alsacienne" puis de "Jardin Beauregard" en 1920. Endommagé pendant la Seconde Guerre mondiale, il est détruit, laissant place au restaurant du "Bistrot du Port."
 
La taverne Rheinlust a été endommagée durant la Seconde Guerre mondiale.
La taverne Rheinlust a été endommagée durant la Seconde Guerre mondiale. © Archi-wiki, auteur inconnu

Les jeux de société

"On valorise nos fonds, on complète la dimension plane des documents par des objets" qui viennent par exemple du musée historique ou encore de celui de Tomi Ungerer. L'exposition se découpe en différentes parties, allant des jeux à la maison à ceux des bars, comme le jeu d'oie sur la photo ci-dessous. "On jouait aux cartes pour gagner de l'argent à l'époque. La jeunesse turbulente fait aussi partie du public qui s'amuse", explique Marie Beil. À la maison, pas de tablette ni de Nintendo à la maison pour occuper les enfants, alors les jeux occupaient une place importante.
 
Le jeu d'oie présent aux Archives de Strasbourg.
Le jeu d'oie présent aux Archives de Strasbourg. © Archives de Strasbourg

Une partie "carnaval" est brièvement abordée mais elle fera bientôt l'objet d'une exposition à elle seule, annonce Marie Beil : "Il y a beaucoup de choses à dire sur l'histoire du carnaval, ici ça donne un avant-goût." Toujours dans le monde du jeu, les Archives ont mis en ligne une série pédagogique pour occuper les internautes pendant le confinement. Cette dernière est toujours disponible dans la rubrique "à visiter".

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