#BestMuseumbum : qui a les plus belles fesses ? Dans quel musée ? Strasbourg a choisi celles d'Adam

L'été sera chaud, l'été sera chaud. Dans les musées, sans le maillot. Des musées du monde entier participent au challenge #BestMuseumbum en prenant en photo les plus belles fesses de leurs collections. Strasbourg a relevé le défi avec le postérieur sacrément musclé de l'Adam de Heemskerck.

Les fesses du Adam de Maarten van Heemskerck (détail du tableau "Adam et Eve"), au musée des Beaux Arts de Strasbourg.
Les fesses du Adam de Maarten van Heemskerck (détail du tableau "Adam et Eve"), au musée des Beaux Arts de Strasbourg. © Musées de Strasbourg
Le défi lancé par le musée archéologique de Yorkshire (ça vous étonne de la part des Anglais ?) est simple. Comparer qui, de tous les musées au monde, possède les plus belles fesses dans leurs collections. Tous les coups sont permis : coups de pinceaux, de truelle, de génie et surtout les coups bas. En dessous du pantalon. Du Louvre au Quai Branly en passant par New Tretyakov Gallery de Moscou, le musée archéologique de Namur , le Ota de Tokyo ou l'université du Michigan ... le challenge a pris de l'ampleur sur les réseaux sociaux. Strasbourg a voulu ajouter sa pierre à l'édifesse. Il souffle comme un vent de folie dans le monde feutré de l'art. 
 


Culotté

Tout est parti d'un post, fin juin, d'un sombre musée du comté de York en Angleterre. Un petit musée, sans grand intérêt sauf pour ceux qui s'intéressent à la fois à l'archéologie, la biologie, l'astronomie et la géologie. Le paradis des Bouvard et Pécuchet en goguette un jour de pluie. Anyway. Voilà que le Yorkshire Museum lance un défi au monde entier. Un défi culotté, au poil et à poil. Le défi des plus beaux fessiers artistiques.
 
Le commentaire ne manque pas de mordant. Les Anglais ont autant de pluie que d'humour. J'ignore si les deux sont liés. "Cette craquante statuette romaine en marbre représente un athlète au sommet de sa forme physique! Il a peut-être décoré la maison de ville de l’un des plus riches habitant d’Eboracum. Quelqu’un a-t-il pris une bouchée de ça? BATTEZ ÇA!"  Si la statue a le profil tristounet, ses fesses sont plus appétissantes. Tellement qu'il en manque un bon bout. 

Il n'en fallait pas plus pour lancer une guerre d'images impudiques entre les musées. Pas la guerre de cent ans, tout de même pas, mais une sacrée bataille de com. Pendant un mois. Leur arme ? Deux hashtags : #BestMuseumBum et #Curatorbattle. Et la France, évidemment, n'est pas en reste. Imaginez un peu, le pays de la grivoiserie perdre un concours de fesses contre les Rosbifs. Ainsi, rapidement, le musée du Louvre, le quai Branly ainsi que d'autres institutions moins renommées sont entrées dans la danse des popotins. Du Booty Shake statique mais de haute volée. A ce jour, des centaines d'oeuvres ont ainsi été partagées par les musées et les internautes du monde entier. La plus grande exposition de fesses jamais connue. Ca a de la gueule non ?
 
Strasbourg, la pudique, a mis un peu de temps mais a finalement été convain-cul.
 

Adam a de belles pêches

Anne Bocourt, responsable de la communication des Musées de Strasbourg, m'avoue avoir longtemps hésité. Il aura fallu un papier de France Inter pour que la capitale alsacienne fasse tomber le slip. "On s'est dit bon allez ça devient viral, on va y aller aussi. C'est une manière ludique de garder le lien avec nos visiteurs, de faire vivre nos musées autrement, d'imaginer d'autres manières de communiquer en ces temps difficiles pour les musées. Les réseaux sociaux le permettent même si on est d'accord, rien ne vaut le contact direct avec les oeuvres." 
 

C'est une manière ludique de garder le lien avec nos visiteurs

Anne Bocourt, Musées de Strasbourg


Les Musées de Strasbourg arrêtent leur choix sur le Adam de Maerten Van Hemmskerck exposé aux Musées des Beaux Arts. "Hélas, ici à Strasbourg nous n'avons pas la chance d'avoir de statues antiques, de belles fesses moulées. Nous avons dû prendre une peinture. Tout de suite, c'est un peu plus plat mais bon ... " Si les fesses d'Adam manquent de relief, elles ne manquent pas pour autant d'un certain charme. Désuet. 
 
En tenue d'Adam, notre jeune homme a l'air vigoureux, nerveux. Sportif ? A ce demander comment Eve a préféré croquer une pomme à ces jolies pêches mais bon. Un vrai postérieur de compétition. Un peu serré, pas trop épanoui, on le sent bien, mais cette pudeur, toute catholique, est compensée par un bronzage ... intégral signe d'un naturisme annuel et ensoleillé. Contrairement à la pauvre Eve, blanche comme un cul, mais ça, c'est une autre histoire.

Notre Adam n'a, malgré ses atouts indéniables, pas trouvé son public. 29 like sur la page Facebook. 57 sur Instagram. Pas le paradis. "Nous sommes un peu déçus par le résultat, c'est honorable mais pas spectaculaire. Nous avions eu beaucoup plus de likes lors du dernier challenge de ce genre, le #GettyMuseumChallenge mais bon l'essentiel c'est d'y avoir participé." Et surtout d'avoir osé. Car derrière cette initiative déculottée, c'est aussi l'avenir des musées qui est en jeu. Avec le Covid et la désertion des musées, l'art doit être désormais visible autrement, ailleurs. "Dans les musées alsaciens, nous devons être à 20% de notre fréquentation habituelle. Tous les musées sont dans le même bateau. Il faut être capable de se repositionner pour regagner notre public."
 
Se renouveler, être audacieux. Une question de survie. Une question fondamentale. 
   
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