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Plusieurs sites institutionnels victimes de cyberattaques se revendiquant des Gilets jaunes

David Grout, directeur technique Europe et Moyen-Orient de la société de cybersécurité FireEye détaille les cyberattaques de "gilets jaunes" détectées début décembre / © DR
David Grout, directeur technique Europe et Moyen-Orient de la société de cybersécurité FireEye détaille les cyberattaques de "gilets jaunes" détectées début décembre / © DR

Des cyber-militants se revendiquant du mouvement des Gilets jaunes ont lancé des cyberattaques contre cinq sites d'institutions publiques françaises. D'autres actions seraient prévus samedi 8 décembre, en lien avec la journée de manifestations. Interview.

Par Elise Koutnouyan

En marge des manifestations, les Gilets jaunes luttent désormais sur le web. Des cyber-militants se revendiquant du mouvement ont lancé des attaques simultanées entre le 2 et le 4 décembre. Cinq sites institutionnels ont été visés : celui du ministère de la Justice, de l'Urssaf, de l'université Paris-Sud, de l'université de Lorraine et de la Fondation franco-américaine. Ces actions, repérées par la société américaine de cybersécurité FireEye, devraient se poursuivre samedi 8 décembre. Questions à David Grout, directeur technique Europe et Moyen-Orient de FireEye.
 

Comment avez-vous détecté les cyberattaques ?

Nous avons observé des revendications sur Twitter et sur des groupes privés dans des forums. Les hacktivistes ont procédé à des attaques dites DDoS, un déni de service distribué​. Cela consiste à rendre indisponible un site en surchargeant le trafic.
 
Capture d'écran d'un compte Twitter revendiquant une attaque sur le site du ministère de la Justice, le 3 décembre 2018
Capture d'écran d'un compte Twitter revendiquant une attaque sur le site du ministère de la Justice, le 3 décembre 2018
 

Pourquoi dites-vous que ce sont Gilets jaunes?

On ne peut pas en être absolument certain. Mais ils clament être du côté des gilets jaunes. Dans leurs revendications, les cybermilitants disent par exemple que : si tel site institutionnel est indisponible, "l'Etat va perdre en crédibilité" et "perdre de l'argent".

Nous faisons de la veille et de la collecte d'information sur les groupes d'activistes sur Internet depuis plusieurs années. Nous avions déjà repéré certains groupes d'activistes derrière ces attaques sur d'autres opérations militantes pour la Palestine ou lors du coup d'Etat en Turquie. En revanche, il est très compliqué d'estimer leur nombre ni de savoir d'où ils viennent.
 
 

Doit-on s'attendre à d'autres actions ?

Nous avons repéré des appels sur différents canaux de diffusion pour la journée du 8 décembre. Ils souhaitent une synergie entre les actions de terrain et le digital. Mais comme dans les manifestations, ce n'est pas encore bien organisé. Cela part un peu dans tous les sens.

Pour le moment, c'est compliqué de savoir quels sites seront visés. On suppose qu'il y aura deux grands axes dans leurs attaques : les sites institutionnels et ceux de sociétés privées ou marques qui symbolisent le capitalisme. 
 

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