INSOLITE. Strasbourg : des biodéchets qui se mangent au petit-déjeuner, la nouvelle création de l’entreprise Akareva

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Écrit par Astrid Servent

On les appelle les Survivants : ce sont de petits carrés à grignoter zéro déchet réalisés à partir du pressage de fruits et légumes destinés à faire des jus. C’est la dernière innovation en date d’Akareva, une jeune entreprise strasbourgeoise. Des biodéchets au petit-déjeuner ou à l’apéro, ça vous tente ?

On connaissait les insectes à picorer à l'apéritif, voici venu le biodéchet au petit déjeuner. C’est la dernière création en date de la jeune entreprise strasbourgeoise Akareva. Fondée en 2020 à Strasbourg, cet atelier-pressoir propose des laits végétaux et des jus de fruits et de légumes bios faits le jour-même sans pasteurisation, livrés à domicile en bouteille consignée. 

Un pari cohérent

Tout a commencé un matin de mars 2021 : "Je me suis levé un matin en me disant que j’en avais marre de jeter des kilos de déchets de pulpe et d’okara, issus du pressage de nos jus et de nos laits végétaux", raconte Matthieu Gru, fondateur d’Akareva.

Il rappelle qu’en agro-alimentaire, un tiers de la production mondiale est jetée : "Pas question que nous, même petits, nous générions des déchets ". Il fallait trouver une solution pour valoriser ses déchets et pourquoi pas en inventant une recette : un biscuit bio zéro déchet.  

Un four professionnel est acheté et un premier test de recettes salées est engagé dès le moins de juin. Pas très concluant : "La matière première était trop humide et on n’arrivait pas à en faire une pâte". Au final, après de nombreux crash-tests et plus d’une centaine de recettes testées, les Survivants voient le jour.

Bon goût, bonne note

Ils seront finalement sucrés et nécessitent pas mal de main d’œuvre. Matthieu Gru en dévoile une partie de la recette : "On a élaboré une pâte à base d’avoine, de pulpe mixée en morceaux minuscules et d’okara. Tout est passé au mixeur dans lequel on ajoute un peu d’eau et d’huile de colza. La pâte, une fois étalée, est cuite à basse température pendant deux heures et demie".

La jeune entreprise strasbourgeoise en propose trois versions : cacao pépites, cannelle/graines de chanvre et noisettes torréfiées. "On a voulu s’éloigner des céréales classiques qui sont souvent trop sucrées et trop grasses. Quand on croque dans un Survivant, on sent juste une pointe de sucre apportée par la datte", raconte Matthieu Gru.

Belle surprise à l’arrivée : ces céréales anti-gaspi sont notés 100/100 sur Yuka, l’application qui décrypte la composition des produits alimentaires et évalue leur impact sur la santé. "On ne s’attendait pas forcément à avoir une note pareille, mais on est ravi", convient le fondateur d’Akareva.

A 8,90 euros les 300 grammes, les Survivants, vendus en bocaux de verre consignés s’arrachent comme des petits pains. "Il va falloir qu’on fasse très vite du réassort", remarque Matthieu Gru, "On fait plusieurs fournées par semaines". Les premiers retours clients sont bons. De quoi présager une longue seconde vie aux Survivants.