La Collectivité européenne d'Alsace lance un nouveau dispositif intitulé "les Indispensables". Son but est d'accompagner les collégiennes et les collégiens "pour les aider à mieux vivre leur puberté, à lever le tabou des règles et à lutter contre la précarité menstruelle".

Mieux accompagner les élèves lors de leur puberté et lever le tabou des règles, c'est l'objectif d'un nouveau dispositif lancé par la Collectivité européenne d'Alsace (CEA) à destination des collèges et intitulé "les Indispensables". Testé dans 13 établissements alsaciens, ce programme contient d'abord un volet matériel. Un distributeur de protections hygiéniques bio sera installé au sein des collèges.

Fini donc les galères de serviettes. Fini aussi les accidents et les taches sur le pantalon : des leggings noirs seront mis à disposition, afin de permettre aux collégiennes de se changer en cas de fuite. 

La Collectivité entend ainsi lutter contre la précarité menstruelle. "Il y a une précarité de plus en plus importante, il y avait une nécessité de donner une réponse en termes de protections hygiéniques gratuites", explique Nicolas Matt, vice-président de la CEA en charge de l'éducation. 

Selon l’Institut d’études démographiques, 97 % des adolescentes entre 12 et 19 ans indiquent que les protections périodiques coûtent trop cher et près de 8 collégiennes sur 10 se sont déjà retrouvées en situation de "pénurie de protections à l’école". 

Éducation artistique et culturelle autour du corps qui change 

Le programme va plus loin que l'installation de distributeurs de serviettes hygiéniques. "L'idée, c'était de rajouter une offre culturelle et éducative pour avoir un lien autour du corps, de la sexualité, autour du tabou qui entoure les règles et qui peut amener à du harcèlement scolaire", poursuit Nicolas Matt. 

En effet, le dispositif comporte également un volet éducatif. Des "ouvrages illustrés et attrayants sur le sujet des règles et de la puberté" seront mis à disposition des élèves.

Enfin, les collégiens seront sensibilisés à ces questions par le biais de l'éducation artistique et culturelle. Une street-artiste nommée Kashink interviendra dans quatre collèges, de même qu'Anna Roy, autrice, sage-femme et créatrice d’un podcast de vulgarisation scientifique sur la santé des femmes. Elles viendront parler aux élèves de leur rapport au corps et aborderont d’autres thèmes liés à la puberté.  

D'après Nicolas Matt, les premiers retours sont assez positifs. "On constate qu'il n'y aucun abus sur les distributeurs, qu'il y a vraiment un dialogue qui a pu être engagé." D'autres collèges sont donc amenés à entrer dans le dispositif. Selon le vice-président de la CEA, une dizaine de chefs d'établissements sont déjà intéressés.