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Mort de Naomi Musenga : deux nouveaux experts indépendants nommés par la justice

Naomi Musenga. / © Catherine FABING / MUSENGA FAMILY / AFP
Naomi Musenga. / © Catherine FABING / MUSENGA FAMILY / AFP

Deux nouveaux experts indépendants ont été nommés dans l'affaire Naomi Musenga. La jeune femme de 22 ans est morte le 29 décembre 2017 quelques heures après avoir appelé le Samu à Strasbourg. La justice se basait jusqu'alors sur la thèse d'une intoxication au paracétamol.

Par A.B.

Cela fait déjà un an et demi que Naomi est morte. Et à ce jour, la famille Musenga se demande encore ce qui est arrivé à la jeune femme de 22 ans. Depuis juin de l'année dernière, seul un avis médico-légal et non une expertise parlait d'une intoxication au paracétamol qui a bloqué la recherche d'autres causes.

Un avis demandé par le procureur à un médecin des Hôpitaux universitaires de Strasbourg, eux-mêmes mis en cause dans la prise en charge de Naomi. Etre salarié d'un établissement et avoir à se prononcer sur celui-ci relève d'une situation de conflit d'intérêts. "Je ne comprends pas très bien pourquoi la justice a nommé un médecin qui fasse parti du CHU de Strasbourg alors que la plainte a été déposée contre le CHU. Je ne mets pas en doute l'intégrité de mon confrère mais disons qu'il aurait en effet été logique de nommé un expert indépendant. [...]Le médecin en charge de l'expertise aurait pu aussi se récuser. Tout médecin qui est diligenté pour une expertise peut dire non. Et ce, quelque soit le motif", explique Dr Jean-Marie Letzelter, président conseil de l'ordre des médecins 67.
 

Par ailleurs, l'intoxication au paracétamol écarterait la responsabilité de l'hôpital car il s'agirait alors d'une intoxication volontaire. Or dans le rapport de l'IGAS, l'Inspection générale interministérielle du secteur social, cette thèse est contredite à plusieurs reprises. Et dans les résultats de l'analyse toxicologique réalisée sur les échantillons prélevés lors de l'autopsie, il n'est pas fait mention de présence de paracétamol ni dans le sang, ni dans le liquide de l'oeil et ni dans la bile qui sont les liquides biologiques utilisés en toxicologie, comme l'indiquait l'enquête réalisée en mars 2019 par nos confrères du site Rue89Strasbourg. Pour la mère de Naomi, Babeline Musenga, la thèse de l'intoxication au paracétamol est une aberration. "Naomi ne s'est pas suicidé. Elle n'avait pas besoin de ça. Et même les analyses ne peuvent pas le prouver", insiste-t-elle.

Dans l'avis médico-légal, il est aussi écrit que l'état de Naomi à l'arrivée des secours n'était pas préoccupant, aucune hémorragie n'avait été constatée. Affirmation contestée par des analyses de la police scientifique qui montrent la présence de sang sur les draps, draps housse. Il y aurait donc bien eu hémorragie sans doute provoquée par un infarctus de l'intestin. Polycarpe Musenga, le père de Naomi, se dit satisfait et heureux que "de vrais experts vont pouvoir maintenant chercher les causes de la mort de Naomi en se basant sur des analyses médicales".

Le 20 mai 2019, la juge d'instruction a nommé deux experts, indépendants, qui n'exercent pas en Alsace. Un médecin du Samu et un pharmacien responsable d'un laboratoire qui devront reprendre l'affaire à zéro. Ces experts ont jusqu'à la fin d'année pour apporter leurs conclusions. 

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