A Strasbourg, la devanture d'une boucherie aspergée de faux sang

Du faux-sang a été répandu devant la vitrine de cette boucherie de la rue d'Austerlitz. / © Aymeric Robert, MaxPPP
Du faux-sang a été répandu devant la vitrine de cette boucherie de la rue d'Austerlitz. / © Aymeric Robert, MaxPPP

L'action n'a pas été revendiquée, mais est probablement le fait de partisans de l'association 269 Life. Elle a eu lieu à la boucherie Frick-Lutz de Strasbourg, rue d'Austerlitz, ce vendredi 9 novembre. Deux personnes ont versé du faux sang sur le trottoir devant la boutique. 

Par Vincent Ballester

L'action a eu lieu vers midi, ce vendredi 9 novembre 2018. Deux personnes ont aspergé de faux sang le trottoir se trouvant devant la boucherie Frick-Lutz, rue d'Austerlitz, à Strasbourg. Katia Metzger, l'une des vendeuses, dit n'avoir rien vu car elle servait la clientèle avec son collègue: "je m'en suis rendu compte après." Elle déclare: "Nous, ça nous passe au-dessus: on les laisse faire... Mais chacun fait ce qu'il veut: c'est dommage de ne pas respecter la manière de vivre des uns et des autres."

L'action n'a pas été revendiquée, mais la branche française du mouvement 269 Life avait appelé à agir lors de deux "semaines du sang versé" ayant lieu dans tout le pays. Il s'agit "seulement" de verser du sang devant les boutiques concernées: l'association prônant le véganisme et l'antispécisme désapprouve toute attaque sur les commerçant(e)s ou dégradation matérielle (bris de vitre par exemple). Le faux sang va rester là pour le moment: "On n'a pas nettoyé car la police nous l'a interdit, elle est venue faire des photos." La clientèle désapprouve, ajoute la vendeuse: "Les clients sont choqués, ils ne comprennent pas, ils trouvent que c'est agressif..."

Le 3 novembre, à l’appel de l’association 269 Life, une manifestation avait eu lieu "pour visibiliser les victimes de notre système spéciste" à Sélestat, place de la Victoire.
 

"On se met à dos l'opinion publique"

"C'est contre-productif." Pour Guillaume Corpard, président de l'association Happy Earth Now (basée à Ostwald (Bas-Rhin) mais s'étendant en France jusqu'en Belgique et en Suisse), d'autres moyens d'action sont possibles (alors que chez 269 Life, on explique que "la violence est du côté des abattoirs" et pas chez les militants). Il explique que tous les gens végans ne se comportent pas ainsi: "On est dans une démarche pédagogique, plus bienveillante, moins culpabilisatrice. Il faut amener les gens à prendre le contrôle de leur vie: c'est pas en les violentant qu'on avancera, mais en discutant." 

Il n'approuve pas l'initiative de 269 Life ("on se met à dos l'opinon publique"), mais dit "comprendre leur colère, car beaucoup de lobbies empêchent les réformes allant dans le sens du bien-être animal: ça énerve." Happy Earth Now, qui préfère organiser des conférences, des interventions dans les écoles, ou des repas collectifs végans, a déjà pu rencontrer des professionnel(le)s de l'élevage ou de la boucherie. 
 

Appel à l'intervention de l'État

La confédération paysanne d'Alsace a dénoncé le "radicalisme de celles et ceux qui veulent imposer leur régime alimentaire", affirmant qu'une "ligne rouge a été franchie", et a appelé l'État à intervenir.
 

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