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Roland Ries, maire de Strasbourg, mis en examen pour favoritisme : “je suis serein”

Roland Ries, photo d'illustration / © Jean-Marc Loos, MaxPPP
Roland Ries, photo d'illustration / © Jean-Marc Loos, MaxPPP

Selon une information révélée par le site d'informations Mediapart, le maire socialiste de Strasbourg Roland Ries a été mis en examen début juin pour favoritisme dans deux affaires de marchés publics, le tram de Bamako et le marché de Noël, au profit de l'un de ses amis, Roland Boehler.

Par Florence Grandon

Roland Ries a déclaré par communiqué officiel se dire "serein" après la révélation de sa mise en examen ce mercredi 27 juin par le journal en ligne Mediapart (article payant). Celle-ci a été décidée début juin 2018 par une juge d'instruction de Nancy, pour favoritisme. Il aurait été entendu par la juge d'instruction Mélina Buquant il y a moins de deux mois, selon Les DNA. La mise en examen concerne une vieille affaire d'il y a dix ans. Elle concerne une étude de faisabilité sur le tramway de Bamako (Mali) et une note de faisabilité sur la redynamisation du Marché de Noël. Toutes deux n'avaient fait l'objet d'aucun appel d'offre et mise en concurrence, la société chargée de les préparer étant dirigée par un proche du maire de Strasbourg. 

Le maire de Strasbourg évoque le "désagrément" qu'il subit, mais demeure confiant, rappelant que "les juges avaient estimé ces dossiers insignifiants, tant au titre du préjudice subi par la Ville qu'à celui des procédures." Il ne "doute pas que les conclusions seront identiques, puisqu'il n'y a pas eu de faits nouveaux depuis la "précédente instruction"." 

Son avocat, Alexandre Bernard, va dans le même sens: "Il n'y a eu strictement aucun élément nouveau entre 2016 et 2018." L'instruction, pourtant close en 2016, vient d'être rouverte. En cause, un "débat tout à fait technique sur les conditions de passation des marchés publics", précise l'avocat. Roland Ries, concernant l'affaire du tramway de Bamako, s'était défendu en arguant que l'étude de la construction d'une ligne de tramway dans une ville étrangère ne rentrait pas dans le champ des règles des marchés publics. La justice semble pourtant considérer que si, d'où cette réouverture.
 
 

Tram de Bamako

C'est une vieille affaire qui remonte à la surface, l'affaire dite du tram de Bamako: une étude de faisabilité pour savoir si la capitale malienne pouvait installer un tram sur d'anciennes lignes ferroviaires. L’étude de 49 pages a été confiée en 2009 à trois sociétés travaillant habituellement pour la ville de Strasbourg. Sans passer par un appel d'offres. Pour un montant de 48.500 euros, payés par la ville de Strasbourg.
 
La mise en page de l'étude de 49 pages avait été confiée à Roland Boehler, décrit par Mediapart comme " un vieil ami de Roland Ries [...] et une figure des anciens réseaux rocardiens". En février 2012, une information judiciaire contre X pour infractions à la législation sur les marchés public, favoritisme et recel de favoritisme a été ouverte à Nancy par la juge d’instruction Mireille Maubert-Loeffel.

C'est un nouveau rebondissement dans une affaire qui était presque terminée: en janvier 2016, les différentes parties avaient reçu un avis de fin d'instruction.


Marché de Noël

Mais ce n'est pas le seul grief retenu contre le maire de Strasbourg par la justice cette fois-ci. Il se voit aussi reprocher d'avoir enfreint une deuxième fois les règles de passation de marchés publics (à chaque fois sans appel d'offre ni mise en concurrence). La deuxième affaire concerne la redynamisation du marché de Noël: une note de réflexion de quatre pages facturée 30.000 euros par la ville à la société de Roland Boehler (encore lui) en 2008.


Réaction des élu(e)s 

Les élu(e)s du groupe d'opposition "Strasbourg à vos côtés" ont appelé mercredi 27 juin le maire Roland Ries à "prendre ses responsabilités et [à] tirer les conséquences de cette mise en examen". Un appel à la démission à peine voilé.
 
Le groupe "Strasbourg en Mouvement" est un peu moins abrupt, évoquant la "présomption d'innocence qui doit bien entendu être respectée", bien qu'il souligne l'existence d'"une majorité municipale divisée et fractionnée" et une "mise en difficulté du processus de prise de décisions de la municipalité".
 
 En revanche, les président(e)s des groupes composant la majorité municipale ont tenu à soutenir le maire : "Dans un moment délicat pour l’exécutif municipal, nous tenons à exprimer notre solidarité avec le Maire, Roland Ries. Nous lui redisons notre confiance et notre attachement à mener à bien le programme choisi par les Strasbourgeois en élisant la liste qu’il conduisait en 2008 et en 2014, et ce jusqu’à la fin de ce mandat. Nous connaissons bien et apprécions chacun l’engagement total de Roland Ries et des élus concernés en faveur du territoire de la ville et de l’Eurométropole de Strasbourg, et faisons naturellement pleine confiance à la justice quant à l’issue finale de l’instruction qui vient de reprendre."

 

 

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