VIDEO - Grand débat : “Nos édiles politiques doivent changer de comportement, sinon ce sera le K.O. social”

Le grand débat national et l'état de lieux des services publics au centre du débat de notre émission spéciale avec Jean Vogel, maire de Saales, Jeanne Stoltz-Nawrot, maire de Husseren-Wesserling, Vanessa Wagner, de la Confédération des PME du Grand Est et Suzanne Bielanski, du conseil citoyen de Koenigshoffen. / © France 3 Alsace
Le grand débat national et l'état de lieux des services publics au centre du débat de notre émission spéciale avec Jean Vogel, maire de Saales, Jeanne Stoltz-Nawrot, maire de Husseren-Wesserling, Vanessa Wagner, de la Confédération des PME du Grand Est et Suzanne Bielanski, du conseil citoyen de Koenigshoffen. / © France 3 Alsace

Quelle place pour les services publics? Comment réduire la fracture sociale? France 3 Alsace et France Bleu Alsace s’associent pour faire vivre le grand débat national en Alsace. Une émission diffusée à la radio le samedi 9 février à 12h et le dimanche 10 février à 11h25 sur France 3 Alsace.

Par Aurélia Abdelbost

Les réunions, débats, tables-rondes se multiplient dans les communes françaises depuis le 15 janvier afin de permettre aux citoyens de participer au grand débat national. Comment ce débat national peut-il être utile dans un contexte de défiance envers les responsables politiques? De quoi les citoyens ont-ils besoin en ville et dans les petites communes d'Alsace ? Les invités de notre édition spéciale - Jean Vogel, maire de Saales, Jeanne Stoltz-Nawrot, maire de Husseren-Wesserling, Vanessa Wagner, de la Confédération des PME du Grand Est et Suzanne Bielanski, du conseil citoyen de Koenigshoffen - donnent leurs éléments de réponse. Une émission diffusée ce dimanche 10 février à 11h25 (mais déjà visible sur Youtube) et ce samedi 9 février sur l'antenne de France Bleu Alsace.
 

Jean Vogel, maire de Saales, une commune de la vallée de la Bruche, a décidé de jouer le jeu du grand débat national et de s'investir. Dans sa commune, pas question d'organiser un débat assommant, les gens se réunissent par groupes autour de tables et inscrivent leurs réflexions sur des notes adhésives colorées façon séminaire de start-up. Le maire croit en la démocratie participative et pense qu'il n'est pas trop tard. Pour autant, il ne cache pas son scepticisme: "Le sentiment que j'ai en tant que maire, c'est que nous sommes des lanceurs d'alerte depuis des années sur les questions sociales et d'abandon des territoires ruraux mais que nous ne sommes pas entendus." Il surenchérit : "Aujourd'hui on n'est pas gouvernés, on est dirigés par des hauts-fonctionnaires.
 

"Aux gens localement de dire ce dont ils ont besoin"

Des responsables politiques hors-sol, c'est le sentiment de nombreux gilets jaunes, partagé par Jeanne Stoltz-Nawrot, maire de Husseren-Wesserling. "J'ai des grandes attentes avec le grand débat national et j'ai peur d'être déçue. Par conscience professionnelle, je ferai l'effort de l'organiser dans ma commune, mais je pense que nos édiles politiques doivent changer de comportement et écouter ce qui est dit. Ce sera la dernière chance avant le K.O. social", dit-elle. Les maires sont peut-être les dernières figures politiques à avoir encore la confiance des citoyens et pour eux les solutions issues du grand débat national devront être pragmatiques. Pas question d'accepter des solutions clés en main qui ne tiendraient pas compte de la diversité des territoires et des communes rurales qui voient les services publics de proximité s'éloigner. "Aux gens localement de dire ce dont ils ont besoin", insiste Jean Vogel, opposé à la centralisation des pouvoirs. 
 
 
"On ne fait pas l'analyse des potentiels et des besoins de chaque territoire pour pouvoir apporter une réponse adaptée. On est dans un carcan uniformisé et c'est ça le problème", souligne Vanessa Wagner, vice-présidente de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) Grand Est et conseillère municipale. Cette dernière espère que ce grand débat national aidera à simplifier "le millefeuille administratif" qui fait obstacle à la création d'emplois selon elle. 

 

"Les hôpitaux de proximité vont être dépouillés"

Pour Jeanne Stoltz-Nawrot, membre du conseil citoyen de Koenigshoffen et de l'association Parenchantement, les solutions passent aussi par la simplification des démarches auprès des bailleurs sociaux par exemple. Et Jeanne Stoltz-Nawrot, maire de Husseren-Wesserling, insiste sur la nécessité de garder des services publics de proximité. "Avec le plan Ma santé 2022, les hôpitaux de proximité vont être dépouillés des services de chirurgie et d'obstétrique", s'inquiète-t-elle. De quoi les gens ont-ils besoin ? Jeanne Stoltz-Nawrot le résume très simplement : "du concret, du concret et du concret."
 

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