Voilà comment le confinement devrait réduire les allergies aux pollens ce printemps

C’est l’un des effets vertueux que pourrait avoir le confinement national actuellement en vigueur : améliorer la qualité de l’air. Faut-il alors redouter une prolifération des pollens ?
 

La période de floraison des arbres est une période redoutée par les personnes allergiques.
La période de floraison des arbres est une période redoutée par les personnes allergiques. © Alexandre MARCHI/MaxPPP
Comme pour nous faire passer plus facilement la pilule, un soleil radieux et des températures printanières nous accompagnent pour entamer cette période de confinement contre l’épidémie de coronavirus. Une aubaine pour les heureux propriétaires d’une maison avec jardin qui se retrouvent de surcroît sans occupation professionnelle pour cause de garde d’enfants ou de quatorzaine préventive. Les voilà tondeuses ou sécateurs en main, à l’assaut du potager et des balconnières. Depuis, une nouvelle mélodie se répand en parallèle du chant retrouvé des oiseaux : les éternuements. Les pollens n’ont en effet pas décidé de laisser la place au virus dans l’air. Si les aulnes et les saules sont en fin de période de pollinisation, les bouleaux - le plus redoubable ennemi des allergiques - devraient prochainement entrer en floraison et prendre le relais.
 
Les bouleaux, comme on en voit ici à Strasbourg, sont les arbres qui produisent les pollens les plus allergisants.
Les bouleaux, comme on en voit ici à Strasbourg, sont les arbres qui produisent les pollens les plus allergisants. © Jean-Marc Loos/MaxPPP

La dissémination de leurs pollens interviendra ce printemps dans un contexte de nette diminution du trafic routier (réduit de moitié dans l’Eurométropole depuis l’entrée en vigueur du confinement) et donc d’une amélioration très probable de la qualité de l’air. Pour autant, selon le responsable d’Atmo Grand Est en charge de la surveillance de l’atmosphère régionale, « il n’y a pas d’impact entre qualité de l’air et quantité de pollens, explique Emmanuel Riviere. Ils ne seront pas plus nombreux parce qu’il y aura moins de particules ou de dioxyde d’azote ».
 
Après la ruée vers les masques, pas besoin donc de devoir envisager de faire des stocks de mouchoirs jetables. D’autant qu’Emmanuel Rivière précise que ce nettoyage soudain de l’atmosphère pourrait avoir un effet positif pour les personnes sensibles aux allergies : « les particules polluantes émises par les voitures peuvent exacerber l’effet allergique des pollens. Les irritations qu’ils provoquent pourraient en être moins fortes ». Et si vous aviez entreposé des masques chirurgicaux pour éviter d'avoir le nez qui gratte, privilégiez d’en faire don au personnel soignant engagé dans la lutte contre le Covid-19.

Devenez sentinelle pour Atmo

L'association pour la qualité de l'air dans le Grand Est (ATMO) constate une nette diminution de la pollution atmosphérique depuis le début du confinement lié à la pandémie de Covid-19. "La baisse des niveaux de concentration en dioxyde d'azote, le principal indicateur de pollution routière,  est importante sur l'Eurométropole de Strasbourg. 5 et 30 ug msoit une baisse de 47% en ville par rapport aux mesures normalement constatées." explique Atmo dans un communiqué.
La modélisation de la qualité de l'air dans le Grand est constatée par l"association ATMO.
La modélisation de la qualité de l'air dans le Grand est constatée par l"association ATMO. © ATMO Grand Est

L'association Atmo Grand Est cherche à pouvoir anticiper au mieux les périodes de pollennisation afin d’avertir les personnes allergiques dès la floraison des plantes. Pour ce faire, elle cherche des contributeurs bénévoles pour faire part de leurs observations régulières sur la plateforme Pollin'Air qu'elle a créée en ce sens. Les profils recherchés sont des amateurs de botanique, des allergiques, leurs proches, des écoliers et des résidents d’ehpad qui devront observer la nature dans les parcs et jardins autour de chez eux.



 
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