Dans le Grand Est, Pollin’air traque les fleuraisons et les pollens pour alerter sur les risques d’allergie

Depuis juin 2018, un réseau de sentinelles surveille la pollinisation un peu partout en Alsace pour prévenir les allergies. Pollin’air veut recruter plus de bénévoles pour être plus efficace, surtout au printemps quand les arbres fleurissent.

Strobiles d'aulne (à gauche) et de noisetier.
Strobiles d'aulne (à gauche) et de noisetier. © Marienne Gregori
Les rhumes des foins sont de retour en ce début d’année 2020, depuis mi-décembre, des pollens de noisetier se répandent dans l’air d’Alsace. Mi-février, ceux des aulnes vont les rejoindre.

Atmo Grand Est, organisme qui surveille la qualité de l’air dans la région, a pour but d’informer sur les niveaux de pollution les services de l’Etat et la population. En matière de pollinisation, l’association cherche aussi à anticiper afin d’avertir les personnes allergiques dès la floraison des plantes.

A cette fin, elle a mis en place Pollin’air, une plateforme numérique associée à un réseau de 240 observateurs des arbres et des herbes. Ce service fonctionne depuis 2016 en Lorraine et depuis juin 2018 en Alsace.


Recherche sentinelles de la nature

Marienne Gregori, coordinatrice du projet Pollin’air qui cherche à recruter un plus grand nombre de personnes, nous décrit des profils variés : «Les bénévoles sont des amateurs de botanique, des allergiques, leurs proches, des écoliers et des résidents d’EHPAD. Ils ont pour mission de surveiller la floraison et la pollinisation, dans les parcs, les jardins et autour de chez eux.»

L’environnementaliste insiste sur la nécessité de former : «Les observateurs s’inscrivent, reçoivent un kit d’initiation. Puis nous dispensons deux formations par an, l’une en mars pour identifier les arbres et l’autre en mai pour les herbacés.»
Des arbres de référence sont ainsi examinés une à deux fois par semaine aux moments clés, ce qui donne de précieuses informations aux professionnels de santé et aux malades.


L'effet cocktails des polluants de l'air

Près de 20 à 25% de la population française souffre d´allergie respiratoire d’après l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail. Cette proportion ne cesse d’augmenter ces dernières années.

Les semences des arbres constituent des polluants au même titre que les particules fines ou le gaz carbonique et Atmo Grand Est mesure donc aussi les pollinisations grâce à sept capteurs répartis sur le territoire du Grand Est. Deux sont en Alsace, l’un à Mulhouse, l’autre à Strasbourg. Ils aspirent de l’air, le projette sur des adhésifs qui sont examinés au microscope afin de reconnaître et compter les particules végétales collés.

Les pollens virevoltent au gré du vent depuis la nuit des temps, ils sont même indispensables à la vie sur terre et pourtant à notre époque, ils sont de plus en plus dangereux pour la santé. Marienne Gregori explique : «Le phénomène a été étudié par les scientifiques, la pollution englobe et fragmente les grains de pollen qui vont passer au plus profond des voies respiratoires rejoindre les autres polluants et créer un effet cocktail. De plus les conditions hygiénistes de vie aseptisée en intérieur provoque, en extérieur, une défense du système immunitaire disproportionnée qui entraîne des symptômes inflammatoires et rendent allergique.»

Début avril, fleuriront le saule et le bouleau, l'arbre le plus allergisant.


Pour éviter de tomber malade

Pour finir quelques conseils pratiques à appliquer si vous êtes concerné bien sûr :
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