Il a gravi les plus hauts sommets de France en une semaine

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Écrit par Flavien Gagnepain .

Corentin Thomas a réussi le défi fou de gravir les points culminants des cinq massifs montagneux français. Si l'Alsacien se fixait un objectif de dix jours, il a été atteint en seulement sept. Un documentaire retraçant l'aventure verra le jour en 2023.

Le 13 août 2022, Corentin Thomas gravissait dès l'aube le Grand Ballon, le plus haut sommet des Vosges. Sept jours plus tard, il terminait un périple à travers le pays, tout en haut des Pyrénées. Avec son beau-frère Xavier Waerzeggers, qui réalise un documentaire consacré à l'exploit, il revient sur son aventure.

Vosges, Jura, Alpes, Massif Central et Pyrénées. Voici le copieux menu qu'attendait Corentin Thomas et son équipe familiale qui l'a suivi pendant tout ce périple (voir carte ci-dessous). Entre deux ascensions, le sportif reliait les massifs à vélo, après une préparation intense depuis le mois de janvier.

Tout a commencé à 4 heures du matin, ce samedi 13 août 2022 depuis le Grand Ballon : "On est arrivé la veille au soir. Une fois sur place, j'avais des fourmis dans les jambes, et une vraie envie d'en découdre." L'ascension terminée, le Neuboisien de 24 ans montait sur son vélo, vers son deuxième objectif : le Crêt de la Neige, le plus haut sommet du Jura. 

"Sur le vélo, je me disais 'ok, ça c'est fait', étape par étape. Mais je ne me projetais pas non plus trop loin, je faisais au jour le jour. Même après le Puy de Sancy, je disais à l'équipe que je pouvais faire encore 80 kilomètres, et on avisait comme ça", explique celui qui a enchaîné les journées d'une douzaine d'heures, repos non compris.

Si Corentin et Xavier expliquent avoir "bien vécu la semaine dans la globalité", la préparation a été marquée par une mauvaise nouvelle de taille. Le Mont Blanc, qui devait être le plus gros morceau à gravir, a été fermé aux alpinistes en raison de la sécheresse : "Ça a été dur à avaler, se souvient Xavier Waerzeggers. C'était LE gros sommet pour lequel on s'était préparé physiquement." A la place, les beaux-frères ont imaginé un parcours de trail de 4.800 mètres de dénivelé positif, soit la hauteur du toit de l'Europe.

Les paysages jouent sur le mental

Mais une aventure de cette ampleur ne peut pas se passer sans encombre : "Le début s'est vraiment bien passé, mais se relancer sur le vélo après les Alpes avec des paysages moins sympas, ça a été assez dur. La journée était longue, et mentalement, ce n'était pas aussi évident de prendre du plaisir que les autres jours."

Cette étape de transition, longue de 300 kilomètres, a commencé dès 6 heures du matin : "Après quatre heures de route, il y a un kilomètre de vélo dont je ne me rappelle pas. Je sais juste qu'au bout d'un moment, je me suis arrêté net et je suis tombé. Je me suis directement endormi", se souvient Corentin. Un gros coup de fatigue qui a inquiété l'équipe, mais le sportif est reparti au bout d'une heure. Autre frayeur : une douleur au genou au moment de monter au sommet des Pyrénées, heureusement sans gravité.

J'ai presque 15 heures de rushs dans mon disque dur.

Xavier Waerzeggers

De tous ces moments de dépassement de soi, Xavier compte en réaliser un documentaire : "Depuis la voiture, on savait tout le temps où Corentin était grâce à une balise GPS. De là, j'allais me placer en amont et je pouvais faire mes rushs." Malheureusement, loin du vélo, le vidéaste n'a pas pu capter tous les moments d'émotion qu'il a voulu filmer : "J'ai presque 15 heures de rushs dans mon disque dur, donc j'ai quand même de la matière", sourit-il.

Mais s'il y a bien un moment d'émotion qui n'a pas échappé à Xavier, c'est le final de l'aventure, à 3.298 mètres d'altitude, au sommet du Vignemale : "Elle était assez forte celle-là. Les images parleront d'elles-mêmes. J'ai beau faire du sport depuis que je sais marcher, toutes les larmes sont ressorties. C'était très fort", explique le sportif.

Un trailer à l'hiver, le film en avril

Après une vidéo promotionnelle à destination des partenaires qui ont permis au projet d'exister, Xavier va s'atteler à la réalisation du documentaire. Un trailer doit voir le jour d'ici la fin de l'année : "J'aimerais sortir le film en avril pour le diffuser d'abord dans des festivals sur l'aventure et le sport pour ensuite le sortir en ligne. Le but, c'est aussi de motiver les gens à se lancer dans des aventures à vélo."

Un film dans lequel on trouvera des images de sport, de drone, mais aussi des voix : "J'aimerais que tous les acteurs du projet soient mis à contribution, parce que chacun l'a vécu à sa façon. Ça reste un projet d'équipe", soutient le réalisateur, qui promet que d'autres projets verront le jour par la suite.

Après ces sept jours d'efforts intense, il est maintenant l'heure de souffler : "C'était presque trop court ! Je disais à Corentin 'T'aurais pu faire un détour par-ci, par-là pour que je fasse des images'", s'amuse Xavier. Ça sera pour la prochaine aventure.

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