Des jeunes rapaces équipés de balises GPS pour surveiller l’espèce

En Haute-Marne, la Ligue de protection des oiseaux de Champagne-Ardenne a posé des balises sur plusieurs milans royaux âgés de quelques semaines ce vendredi 9 juin. L’opération permettra de suivre en temps réel la migration et d’étudier la mortalité de ces rapaces menacés.

Perchés à une vingtaine de mètres de haut dans la forêt de Ninville en Haute-Marne, les trois jeunes milans royaux ne se doutent pas de ce qui les attend. Leurs parents sont partis chasser loin du nid. C’est le moment d’agir pour l’équipe de la Ligue de Protection des Oiseaux.

Les petits, âgés de quelques semaines, sont encore incapables de voler. Les voilà placés dans un grand panier, puis descendu au sol. « On commence par leur mettre une bague pour les identifier, indique Aymeric Mionnet, responsable du pôle étude et conservation à la LPO Champagne-Ardenne. Ensuite, on prélève quelques plumes qui seront analysées. L’ADN des plumes nous permet notamment de savoir si ce sont des mâles ou des femelles. Et enfin, on leur installe sur le dos une balise GPS-GSM, qui fonctionne à l’énergie solaire. »

2200 milans équipés en Europe

La pose de ces balises s’inscrit dans un vaste programme européen. 2200 milans royaux ont déjà été équipés de balises dans une dizaine de pays.

« L’objectif, explique le responsable LPO, c’est d’abord de mieux comprendre les causes de mortalité de l’espèce. Grâce à un système d’alerte, toute suspicion de mortalité d’un oiseau est signalée et le cadavre peut alors être récupéré pour autopsie et analyses toxicologiques. C’est aussi un moyen d’en apprendre plus sur le comportement migratoire de l’espèce ».

Car le milan royal est une espèce menacée. On ne compterait que 6000 individus sur la France entière. « C’est dans les années 90 que les effectifs ont vraiment décliné, indique Aymeric Mionnet. Depuis 2010, le nombre de milans repart à la hausse, notamment dans le Grand-Est. Mais la mortalité est encore très élevée. Et on veut comprendre pourquoi. »

Des rapaces victimes d’empoisonnement

L’empoisonnement est la menace principale qui plane sur le milan royal : « C’est une espèce charognarde qui récupère les cadavres d’animaux sur les routes ou dans les champs. Elle est très sensible aux appâts empoisonnés ou aux produits phytosanitaires utilisés dans l’agriculture. Mais il y a aussi le risque de collision avec les voitures, les lignes électriques ou même les éoliennes. Certains oiseaux sont aussi la cible de tirs, notamment dans les villages. »

Une fois les petits volatiles équipés, ils sont réinstallés dans leur nid. « C’est comme si de rien n’était, indique Aymeric Mionnet. Quand leurs parents reviendront, ils continueront à les nourrir jusqu’à ce qu’ils soient assez grands pour prendre leur envol dans quelques semaines. Nous, on pourra les suivre dès qu’ils quitteront le nid. »

A quoi ressembleront ces jeunes milans une fois grands ?

« C’est un oiseau qui ne passe pas inaperçu, affirme Aymeric Mionnet. Adulte, il mesure 1,60 mètre d’envergure.

C'est un oiseau majestueux. « Il vole souvent au-dessus des prairies ou des villages et il n’a pas vraiment peur de l’Homme. Il a de belles couleurs rousses avec une queue en forme de triangle. Il vit en général une quinzaine d’année, mais certains spécimens peuvent atteindre 25 ans d’espérance de vie. »