Le tarif des journaux augmente : "le prix du papier a quasiment doublé en un an"

Les journaux L'Union, L'Ardennais, L'Est Éclair et Libération Champagne augmentent leur prix de vente au numéro de dix centimes ce 2 mai et passent à 1,50 euro. "C'est le seul moyen de continuer à faire notre travail dans de bonnes conditions", explique la directrice des rédactions du groupe Rossel Médias Est.

Vous l'avez peut-être remarqué en vous arrêtant chez votre marchand de journaux ce mardi 2 mai 2023. Les journaux L'Union, L'Ardennais, L'Est Éclair et Libération Champagne sont désormais vendus 1,50 euro, soit dix centimes de plus que précédemment.

Ces titres sont tous édités par Rossel Est Médias, filiale du groupe belge Rossel (La Voix du Nord ou le journal belge Le Soir par exemple). Comme dans bien d'autres secteurs de l'économie, l'inflation pèse lourd dans l'équilibre de l'entreprise.

Énergie, carburant, matières premières, les factures flambent. "Depuis de longs mois, nous faisons face à une augmentation de nos coûts de production et de distribution, détaille Géraldine Baehr-Pastor, directrice générale déléguée et direction des rédactions de Rossel Est Médias. À titre d'exemple, le prix du papier a quasiment doublé en un an. La tonne de papier était autour de 540 euros il y a un an, elle est désormais à près de 900 euros. Forcément, ça a un impact important sur notre modèle économique."

En 2022, la facture s'élève sur ces différents postes de dépenses à plus de 1,5 million d'euros de charges supplémentaires par rapport à ce que nous avions estimé.

Géraldine Baehr-Pastor

Rossel Est Médias

La hausse impacte aussi bien la vente au numéro que les abonnements, dans des proportions toutefois différentes. Les abonnements numériques sont également concernés, mais ont augmenté dès le mois de janvier. "On considère qu'il n'y a pas de raison que le lecteur papier soit davantage pénalisé que le lecteur qui a plutôt l'habitude de nous lire sur les supports numériques", explique Géraldine Baehr-Pastor.

"Le seul moyen"

La dernière augmentation tarifaire des titres du groupe remonte au mois de septembre 2021. Le groupe n'a pas choisi de réduire sa pagination ou de regrouper des éditions locales pour réduire les coûts. Le contenu des journaux du groupe ne va donc changer.

"C'est important de se maintenir en proximité. C'est vraiment le cœur de notre mission d'être le reflet de ce qui se passe au quotidien dans tous les territoires, même dans les plus petits villages de nos départements", détaille la direction des rédaction de Rossel Est Médias.

On a vraiment conscience de l'effort que nous demandons à nos lecteurs et de l'impact que ça peut avoir au quotidien sur la gestion de leur budget.

Géraldine Baehr-Pastor

Rossel Est Médias

"Ce n'est jamais une bonne nouvelle d'augmenter le prix d'un journal, mais c'est le seul moyen de continuer à faire notre travail dans de bonnes conditions pour pouvoir informer nos lecteurs de ce qui se passe près de chez eux comme au bout du monde", affirme Géraldine Baehr-Pastor.

Avec L'Union, L'Ardennais, L'Est Éclair et Libération Champagne, le groupe est implanté dans quatre départements : l'Aisne, la Marne, les Ardennes et l'Aube. Il compte 165 journalistes et 300 correspondants locaux de presse. Tous les titres sont imprimés à Reims. Nous nous étions glissés il y a quelques semaine dans les coulisses de l'imprimerie, nous vous proposons de retrouver notre reportage ci-dessous.

Avec ses quatre quotidiens, le groupe vend un peu moins de 100 000 exemplaires par jour, dont 80 % à des abonnés. Ils sont livrés tous les matins par un réseau de 370 vendeurs colporteurs locaux. Le groupe peut également compter sur 1 125 points de vente pour distribuer ses journaux au numéro. Et une part de plus en plus importante de ses lecteurs se trouve en ligne.