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Comment protéger les oiseaux? Transformez votre jardin en refuge LPO

Mésange bleue (photo d'illustration). / © Sylvestre. MaxPPP
Mésange bleue (photo d'illustration). / © Sylvestre. MaxPPP

Vous avez un jardin ? Vous prenez soin de la nature ? Comme Philippe Fahrner, devenez un refuge pour oiseaux. On vous explique comment obtenir l’agrément de la Ligue de protection des oiseaux (LPO).
 

Par Caroline Moreau

Comment freiner la diminution lente et progressive du nombre d'oiseaux en France? En leur servant de refuge par exemple. C'est le choix de Philippe Fahrner, amoureux de la nature, qui adopté le principe du refuge LPO.

Philippe Fahrner aime écouter son verger, rythmé par les chants des rouges-gorges, mésanges bleues charbonnières, fauvette à tête noire, verdiers, merles, bruants jaunes, tourterelles, pies, buses et autres étourneaux. Sur les 60 ares qu’il entretient avec son frère à Wittisheim (Bas-Rhin) poussent des cerisiers, des pommiers, des poiriers, des mirabelliers, des noyers, des cognaciers, et des pruniers sauvages qui côtoient chênes, ormes, merisiers et érables. Avant de planter ces arbres, Philippe a patiemment retravaillé le paysage, en remettant des bocages, en faisant pousser des haies et en laissant faire la nature.
Quelques espèces d'oiseaux que l'on peut voir dans son jardin : (du haut à gauche en bas à droite) une mésange charbonnière, un rouge-gorge, un fauvette à tête noire et un bruant jaune. / © Luc Viatour/© Francis C. Franklin/Musicaline/F. Branswyck (via Wikimedia CC)
Quelques espèces d'oiseaux que l'on peut voir dans son jardin : (du haut à gauche en bas à droite) une mésange charbonnière, un rouge-gorge, un fauvette à tête noire et un bruant jaune. / © Luc Viatour/© Francis C. Franklin/Musicaline/F. Branswyck (via Wikimedia CC)

Aujourd’hui les arbres s’épanouissent. Mais ce qui fait le plus la fierté du Bas-Rhinois, c’est d’avoir re-créer une mini réserve naturelle. "J’ai toujours eu une tendance écologiste, explique Philippe Fahrner. Je voulais incarner l’exemple qu’un remembrement peut être parfois profitable et pas seulement synonyme de destruction de la nature."
 
En plus de ses arbres fruitiers, Philippe Fahrner a replanté sur son terrain toutes les espèces de haies riediennes. / © P. Fahrner
En plus de ses arbres fruitiers, Philippe Fahrner a replanté sur son terrain toutes les espèces de haies riediennes. / © P. Fahrner

Et la nature n’a pas tardé à reprendre ses droits. «Les haies protègent mon terrain des émanations de pesticides. Les fleurs de mes fruitiers attirent les insectes qui eux-mêmes appâtent les oiseaux, se satisfait Philippe Fahrner. Au passage, les oiseaux laissent tomber des graines qui donneront de nouvelles plantes, ils me débarrassent des chenilles et me nettoient aussi les arbres. J’ai tout un écosystème qui marche tout seul. Même les chevreuils et les renards reviennent chez moi.»

Et ça fait même venir les promeneurs, attirés par l’ombre des arbres. C’est cela qui a poussé Philippe Fahrner a obtenu un agrément pour son jardin en refuge LPO en 2017. «Des gens voient mon panneau en passant chez moi. Ils se disent "tiens, on pourrait faire la même démarche". Cela a valeur d’exemple, c’est important », explique-t-il.


4 règles d’or à respecter

Pour obtenir sa certification, Philippe Fahrner n’a rien eu à faire si ce n’est entreprendre lui-même les démarches auprès de la Ligue de protection des oiseaux. En tant que refuge, il s’engage à respecter les quatre principes édictés par la Ligue de Protection des Oiseaux :
  • Abandonner tout traitement chimique (insecticides, fongicides, anti-limaces….)
  • tout faire pour favoriser la biodiversité (installer des nichoirs, créer une mare naturelle….)
  • réduire son impact sur l’environnement (réutiliser les eaux de pluie, faire du compost, favoriser les favoriser les arbustes d’essence locale
  • garantir la quiétude du refuge (pas de chasse, pas de fortes nuisances sonores)
"Nous labellisons des vrais convaincus, des gens déjà sensibilisés qui ont naturellement envie de nous contacter" précise le responsable des aménagements en faveur de la biodiversité de la LPO Alsace, Laurent Waeffler. A ce jour, 780 labels ont déjà été accordés dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin.

Les gens veulent du confort, de la propreté, que tout soit nickel. Le côté sauvage les dérange, alors que ça devrait être l'inverse. Ce qui est beau, c'est le naturel, pas le propre.
- Philippe Fahrner, propriétaire d'un refuge LPO


Devenir refuge n'a pas imposé de contraintes particulières pour Philippe Fahrner. "J'ai juste à veiller à la pousse de mes haies et à tondre l'herbe que je redonne à manger à des vaches." Sa vingtaine de nichoirs disséminés un peu partout sur son verger font le reste. Et lui réserve parfois de belles surprises : "l'an dernier, dans un des nichoirs, j'ai retrouvé une chouette hulotte qui avait eu des petits."
 
Philippe Fahrner a installé une vingtaine de nichoirs sur son terrain. / © P. Fahrner
Philippe Fahrner a installé une vingtaine de nichoirs sur son terrain. / © P. Fahrner

Comment obtenir le label refuge LPO ?


Pour adhérer à la charte, il est obligatoire d'adhérer au réseau "refuge LPO" (s'inscrire ici) en s'acquittant d'une cotisation définitive de 35€, sans renouvellement annuel. Vous recevrez alors un coffret contenant un panneau que vous pourrez apposer sur votre jardin, un nichoir à mésange et des guides pour vous aider dans votre démarche.
 


Est-ce que je peux devenir refuge LPO si...

  • J'ai des animaux de compagnie ?
    La présence de chats ou de chiens n'empêche en rien de se faire homologué refuge LPO. Attention toutefois à veiller à installer les nichoirs à oiseaux bien en hauteur, hors de portée des animaux.
     
  • Je vis près d'une infrastructure bruyante (aéroport, autoroute, école....) ?
    Une zone de chasse n'est pas compatible avec un refuge LPO. En revanche, les bruits ordinaires ne les dérangent pas. Ils peuvent toutefois être perturbés en cas d'événement occasionnel bruyant comme un festival organisé dans une zone rurale d'odinaire calme.

Les entreprises, les communes et les collectivités peuvent également devenir des refuges. Ainsi en Alsace, l'hôpital de Haguenau a obtenu un agrément pour son parc et a installé des nichoirs pour favoriser la biodiversité. Une démarche bonne pour la nature, mais également semble-t-il pour les patients qui apprécient la quiétude et le naturel du parc :
 

Contacter la LPO d'Alsace
 

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