Commerce : le report des soldes d'hiver reçoit un accueil en demi-teinte

Les soldes d’hiver auraient dû débuter le 6 janvier prochain, pour une durée de quatre semaines. Mais suite à la demande de deux fédérations de commerçants indépendants qui souhaitaient un report au 20 ou au 27janvier, c’est finalement la date du mercredi 20 janvier qui est retenue.
 
C’est dans la matinale de Sud Radio que le Ministre délégué chargé des Petites et Moyennes Entreprises, Alain Griset, a annoncé qu’après avoir consulté les organisations du commerce et les associations de consommateurs, il considérait qu’il était utile de reporter la date de début des soldes.

A Reims, Marie Michelet est responsable du magasin " Intemporel-M ", installé Passage Talleyrand. Dans sa boutique, elle vend des objets de décoration et les arts de la table. "Quand j’ai entendu l’annonce ce matin", dit-elle, "j’ai trouvé que c’était dommage de reculer. Ca retarde le retour de la trésorerie. Ca serait plus logique de décaler les soldes d’été. Pourquoi changer la date de ceux d’hiver ? J’ai l’impression qu’on s’acharne sur les commerçants. Je vends des produits plutôt haut de gamme, et malgré le " Black Friday ", ça reste très calme dans mon secteur".
 

Pour d’autres, ce n’est pas une mauvaise chose

"Depuis longtemps, j’étais favorable à des soldes plus tardifs ", indique Yves Guinoiseau, responsable de Guinoiseau Chaussures. " Je suis écouté aujourd’hui. Malheureusement, il a fallu cette pandémie pour qu’on m’entende. C’est logique. C’est bien. Ce n’est pas une mauvaise chose pour la période. Cela dit, il y a déjà des  promotions. Il faut que tout le monde suive et que les consommateurs soient vigilants sur un juste prix ". Chez "Magnum ", un magasin de vêtements pour hommes, bien connu de tous les rémois, le propriétaire, Gérard Robinet, juge utile ce report de quinze jours. "La date est correcte ", explique-t-il, "ça nous laisse le temps de déstocker, car le stock est lourd après un mois de fermeture. On aura deux semaines de plus pour vendre avec plus de marge. Une fin des soldes le 17 février, c’est bien pour la région, sans compter que dès janvier les fournisseurs vont présenter leurs nouvelles collections".


Les présidents des Vitrines plutôt satisfaits

Président des Vitrines de Charleville-Mézières et P.D.G. de Jeanteur dans les Ardennes, Aubin Jeanteur confirme : "Cela permet de donner un peu de respiration, en terme de commercialisation des produits, et puis c’est utile, dans le sens où début janvier, il y a un creux d’activité. C’est tout à fait logique aussi, car nous avons été fermés un mois. Enfin, il ne faut pas oublier que le premier confinement a retardé les livraisons d’hiver, et donc que certains articles commencent à peine, leur vie de produit ".

Pour Alexandre Mélin, qui préside les Vitrines de Troyes : "Ce n’est pas plus mal. Cela peut laisser un peu de marge pour continuer à vendre les collections en cours. Ca donne plus de souplesse pour faire davantage de trésorerie. Mais attention à l’effet miroir. Les gens peuvent aussi attendre la fin janvier pour effectuer leurs achats". A Troyes, l’association des commerçants entend redynamiser l’économie locale. Elle a notamment mis en place un calendrier de l‘Avent, avec des jeux et des cadeaux à gagner.
 

"Le souci, ce serait d'être confiné une troisième fois."

Sylvain Mussy, Président de l'Union des Commerçants de Chaumont, en Haute-Marne.


Vincent Mansencal, Président des Vitrines de Reims, est pragmatique. "Je trouve que c’est une bonne chose", dit-il, "car ça va permettre aux commerçants de se préparer, après les fêtes… Les avis sont partagés, mais pour les plus petites structures, ça contribuera à avoir et à constituer une trésorerie". Mais en Haute-Marne, le Président de l’Union de Commerçants de Chaumont, Sylvain Mussy, se montre préoccupé par l’évolution de l’épidémie. " Si on ne nous empêche pas de travailler, si les magasins sont encore ouverts, c’est plutôt une bonne chose. Le principal souci, ce serait d’être confiné une troisième fois. On a un couperet au-dessus de la tête ".

Quant aux consommateurs, qui ont souvent épargné ces derniers mois, plutôt que de consommer, il faudra attendre le 20 janvier 2021 pour vérifier si l’attrait des prix cassés, suffit à leur faire reprendre le chemin des commerces.

 
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