Coronavirus : précarité des étudiants, le président de l'Eurométropole de Strasbourg en appelle aux bailleurs

Certaines personnes dans nos sociétés sont plus violemment frappées que d'autres par la crise du covid19. Parmi elles, des étudiants. L'Eurométrople de Strasbourg appelle les bailleurs de leurs logements à la solidarité et à l'humanité.


 

Un tout petit espace de vie et plus les moyens d'en payer la location, la crise met certains étudiants dans une situation de détresse
Un tout petit espace de vie et plus les moyens d'en payer la location, la crise met certains étudiants dans une situation de détresse © Jean-Marc Loos / max PPP
Des sans-abris houspillés parce qu’ils n’ont pas de maison pour se confiner, des familles bénéficiaires d'aide alimentaire, sans rien pour nourrir leurs enfants, parce que les points de distributions sont fermés, des petits boulots supprimés pour cause de confinement...La crise de ce coronavirus n'est simple pour personne. Mais ceux, appelés communément "les précaires" vont encore plus mal. Parmi eux, des étudiants qui survivaient jusque-là, au jour le jour, grâce à de petits boulots. Des petits boulots supprimés pour cause de confinement et baisse d'activité économique globale. Alors ils n'ont quasiment plus, ou plus du tout, de revenu. Mais leur problème ne s'arrête pas là. Si nombre d'entre eux ont pu rejoindre leurs familles ou amis en colocations, des dizaines restent coincés dans leur petit logement. Ce qui en soi est pénible, mais en plus ils n'ont plus de quoi payer la location de leur chambrette. 
 

Un appel à la solidarité et à l'entraide pour ces étudiants

Dans un communiqué de ce dimanche 19 avril, Robert Herrmann, le président de l'Eurométropole de Strasbourg en appelle à l'humanité des bailleurs : "A la crise sanitaire partagée par tous et à ses implications dramatiques sur le plan humain viennent en effet s’ajouter des conséquences sociales non moins sévères pour plusieurs milliers d’étudiants eurométropolitains se trouvant dans l’impossibilité de rejoindre leur famille. Tenus de rester confinés dans leurs logements de location, certains d’entre eux peuvent connaître des situations de détresse.[.....]Certes, l’ensemble de la communauté estudiantine est à pied d’œuvre et nous assistons partout à des élans de solidarité et d’entraide exemplaires et inspirants. Mais il ne me semble pas moins essentiel d’en appeler aujourd’hui à plus d’indulgence de la part des bailleurs de logements étudiants."
  

Déjà de nombreuse situations d'impayés signalées 

Dans un budget d'étudiant, le loyer représente le principal poste de charge et "de nombreuses situations d’impayés ont été signalées aux services de l’Eurométropole depuis le début du confinement" précise le communiqué. Alors, le président de l’Eurométropole "exhorte tous les bailleurs, publics comme privés, à sursoir – quand c’est justifié – la perception des loyers des étudiants qui en formulent la demande et ce, jusqu’à la fin du confinement."

Faire montre de solidarité, d'humanité, de souplesse, les propriétaires ont le choix des mots, mais leur action sera déterminante : soit surseoir la perception des loyers, soit accorder un délai de paiement à leurs locataires étudiants, désormais sans revenus. La demande doit être faite par les étudiants, qui peuvent trouver de l'aide auprès des associations et de la communauté estudiantine. Reste à savoir si une aide sera mise en place par la suite, au niveau régionale ou national, car les revenus de ces étudiants ne se démultiplieront probablement pas, même quand l'activité économique reprendra. Les loyers en retard seront-ils simplement accumulés et dus? 

"En l’attente de décisions fortes du gouvernement sur ce front, [.....] la plus grande souplesse sera en effet nécessaire jusqu’au retour complet à la normalité" ajoute le président de l'Eurométropole de Strasbourg. 

 

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