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Démission collective à la mairie de Schiltigheim : élections anticipées

Vue de Schiltigheim. / © Jean-Marc Loos. MAXPPP
Vue de Schiltigheim. / © Jean-Marc Loos. MAXPPP

Les démissions en série au sein de la majorité à la mairie de Schiltigheim rendent aujourd'hui les élections anticipées obligatoires d'ici trois mois. Une situation inédite dans la troisième ville du Bas-Rhin.

Par Marie Pouchin

C'est une démission collective, totalement inédite, à Schiltigheim et lourde de conséquences. Dans le conflit ouvert qui oppose le maire, Jean-Marie Kutner (UDI), à son premier adjoint, Christian Ball (LR), quinze élus ont choisi leur camp. Ils viennent de rompre la confiance accordée au premier édile de la Ville.

"À l’heure qu’il est, les adjoints, élus et suivants de liste ne souhaitant pas cautionner la dérive comportementale autoritaire et bétonnière de Jean-Marie Kutner ont adressé leur démission soit au préfet, soit au maire lui-même. Ils représentent plus du tiers nécessaire au renouvellement du conseil", précise le premier adjoint au maire dans un communiqué.

Elections anticipées 

Un retrait massif, un tiers de l'équipe, qui oblige à des élections anticipées, d'ici trois mois, comme le prévoit le code électoral. La crise n'est pas soudaine. Le premier adjoint, dans son texte intitulé "Rendre la parole aux Schilikois : au nom de la transparence et de la démocratie", raconte une lune de miel assez courte entre lui et le maire qui a conquis la mairie en 2014. 

"Lentement, l’idéal d’une gouvernance apaisée a été foulé au pied par un comportement autoritaire, des accrochages avec les habitants (...) Mes avertissements, nos avertissements sur des attitudes, sur l’inquiétude face au tout béton et à l’oubli du bien-vivre des habitants sont restés lettre morte".

Vieille politique

Au premier adjoint de conclure que las de "vieux comportements d'une autre époque", un nombre toujours plus grand d'élus a fini par lâcher le maire. " Les alliances et accords de circonstance entre Jean-Marie Kutner et Raphaël Nisand, lors de la séance qui a vu le rejet du budget,  traduisent une ultime fois cette vieille façon de faire de politique."

Kutner serein

Réaction du premier concerné? Jean-Marie Kutner se dit serein. Mis en minorité, le maire n'a pas souhaité démissionner et se dit prêt aujourd'hui à retourner aux urnes. "Je suis le garant de cette ville et j’assumerai. Je n’ai aucun problème pour retourner devant les électeurs, les Schilikois trancheront (...) Depuis cette affaire lamentable, il n'y a pas de jours où je n’ai pas de soutien de la population qui me dit rejeter ce type de méthode." Il a lui-même organisé une conférence de presse en début de cette semaine pour expliquer "sa" version des faits, ses engagements de campagne en terme d'urbanisme et dénoncer les ambitions personnelles de son premier adjoint. 

Nisand le retour? 

Il y en a un qui ne se prive pas de commenter le spectacle schilikois, c'est l'ancien maire, Raphaël Nisand (ex PS devenu LREM), battu aux dernières élections municipales. "je l'avais prédit, les Schilikois ont été trompés (...) Mais bon je ne veux pas m'en réjouir car cela va à l'encontre des intérêts de la Ville". Et dans l'intérêt de Schiltigheim alors que faudrait il faire aujourd'hui? Justement, l'ancien socialiste a sa petite idée, ça tombe bien. "Je ne revendique rien, pas une tête de liste pour moi même mais, je souhaite le succès d'une liste LREM, emmenée par une femme extérieure au conseil municipal". Son rôle à lui dans cette nouvelle aventure? Trop tôt pour le dire, cela ne saurait tarder.

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