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L'Alsace Bossue est une terre d'éoliennes, un troisième site pourrait y voir le jour

C'est à Dehlingen (Bas-Rhin) que les toutes premières éoliennes alsaciennes ont été installées en 2013. Elle fournissent de l'électricité pour 8.000 habitants. / © J.Jung
C'est à Dehlingen (Bas-Rhin) que les toutes premières éoliennes alsaciennes ont été installées en 2013. Elle fournissent de l'électricité pour 8.000 habitants. / © J.Jung

Après le site de Dehlingen (Bas-Rhin) installé en 2013 et celui de Herbitzheim, à peine dix kilomètres plus loin, en fonction depuis 2017, un troisième projet d'éoliennes vient d'être lancé en Alsace Bossue. Et si la volonté verte y est grandissante, cela reste un vrai parcours du combattant.

Par Judith Jung

Trois à huit éoliennes qui alimenteraient 5.000 à 20.000 habitants, voici le tout nouveau projet éolien qui vient d'être lancé entre les communes d'Oermingen et de Keskastel (Bas-Rhin). Si ce projet devait voir le jour, il viendrait compléter les deux sites existants (Dehlingen et Herbitzheim) et ainsi produire une bonne partie de l'electricité des 25.000 habitants d'Alsace Bossue. Un territoire qui se rapprocherait, ainsi, de l'autosuffisance énergétique. 
Les cinq premières éoliennes ont été installées à Dehlingen en 2013. Cinq autres ont suivi, à Herbitzheim, en 2017 non loin du nouveau projet qui se situe en forêt entre Oermingen et Keskastel. / © M.Ruch
Les cinq premières éoliennes ont été installées à Dehlingen en 2013. Cinq autres ont suivi, à Herbitzheim, en 2017 non loin du nouveau projet qui se situe en forêt entre Oermingen et Keskastel. / © M.Ruch
Le projet n'en est qu'à ses débuts et la route sera longue d'autant plus que les potentielles nouvelles éoliennes seraient installées en pleine forêt. Possibilité de raccordement au réseau électrique, préservation des milieux naturels, distance des radars de l'avation sont autant de contraintes qu'il va falloir prendre en compte. Alors pour le moment, c'est un mât de mesure qui a été fixé sur le site pour un an. Il permettra d'enregistrer la vitesse et la direction du vent. "Pour compenser le déboisement nous devrons replanter des arbres ailleurs" nous disent les maires des communes d'Oermingen et de Keskastel qui espèrent voir aboutir, d'ici quatre à cinq ans, ce projet porté par la société franc-comtoise Opale, spécialisée dans l'installation des éoliennes en forêt.
 
Le mât de mesure a été fixé au sol pour un an afin de mesurer la vitesse et la direction du vent. Le but étant de savoir si le site est optimal pour l'installation d'éoliennes. / © J.Jung
Le mât de mesure a été fixé au sol pour un an afin de mesurer la vitesse et la direction du vent. Le but étant de savoir si le site est optimal pour l'installation d'éoliennes. / © J.Jung
Une alternative au tout nucléraire pour laquelle il faut beaucoup de volonté et de patience. En effet, les différents projets éoliens qui ont abouti (Dehlingen, Saâles et Herbitzheim) en Alsace l'ont été après des années de discussions, de recours et de manifestations anti-éoliennes. A Dehligen, où les toutes premières éoliennes ont été installées le sujet a été brûlant pendant des années. Si aujourd'hui, les cinq éoliennes permettent de fournir une partie de l'electricité pour 8.000 habitants, il aura fallu attendre 10 ans avant de voir tourner les pales. Même constat à Herbitzheim où le projet portant également sur cinq éoliennes, a mis douze ans à se concrétiser, la faute à une lourdeur administrative imposée par l'Etat.
 

"Il faut y croire, ne rien lâcher" nous avoue Michel Kuffler, maire de Herbitzheim qui aujourd'hui perçoit 20% des retombées économiques entrant dans la caisse de la Communauté de communes d'Alsace Bossue (comptez 65.000 euros par site éolien) ainsi que quelques milliers d'euros pour la location du terrain à la société marseillaise qui a installé les éolienne dans sa commune et qui est propriétaire du site. 

Une réalité bien moins rose pour la commune de Dehlingen qui, à ce jour, ne perçoit quasiment rien. En 2013 quand le site a vu le jour tous comptaient sur les retombées de la taxe professionnelle, mais voilà cette taxte a disparu depuis. Et si depuis le 1e janvier 2019 l'Etat a ordonné aux Communautés de communes de reverser 20% des gains aux communes, cela ne règle pas le problème des six premières années de fonctionnement du site où madame le maire a vu tourner les pales au-dessus de son village sans en ressentir les bénéfices : "on nous promettait 40.000 à 60.000 euros par an, nous recevons à ce jour 7.000 euros grâce à une contribution et à la taxe foncière. Il y a tout de même une petite différence".

Produire de l'électricité grâce au vent et ainsi sortir du nucléaire n'est donc pas de tout repos. L'enjeu pour les prochaines années sera bien évidemment de convaincre les habitants de l'intérêt de ces parcs éoliens et alléger les éatpes administraitves décourageantes. Aujourd'hui, le vent produit 5% 
de l'électricité française
. Une lente transition énergétique qu'il faudrait certainement dynamiser.

 

 

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