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Rund Um

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Une balade autour de (rund um) Wolxheim avec Patricia Scherer

La vue depuis le sommet du Horn, la colline où est cultivé le riesling de Wolxheim / © Xavier Ganaye / France télévisions
La vue depuis le sommet du Horn, la colline où est cultivé le riesling de Wolxheim / © Xavier Ganaye / France télévisions

Patricia Scherer, infirmière et présidente d'une troupe de théâtre, vit à Wolxheim. Se ressourcer dans la nature est indispensable à son équilibre. Alors même que la limite d'un kilomètre est levée, elle démontre que, tout près de chez soi, il y a plein de choses à découvrir.   
 

Par Sabine Pfeiffer

Patricia Scherer habite à Wolxheim, joli village viticole du Bas-Rhin. Elle reconnaît qu'elle a de la chance : "Chaque soir, en rentrant du travail, j'ai l'impression de partir en vacances" avoue-t-elle. Car sa commune, qui compte un petit millier d'habitants, est un lieu "où il fait bon vivre", entouré "d'une nature magnifique" et de sites emblématiques.

Actuellement durant ses jours de congés, Patricia Scherer profite des moments de sortie autorisés pour se reconnecter à la nature. Et à défaut de pouvoir garder son équilibre en jouant du théâtre, activité mise entre parenthèses pour cause de crise sanitaire, avec ses comparses de la troupe de théâtre des Joyeux Vignerons elle a mis en ligne de petites vidéos "pour que les gens retrouvent du courage, et puissent continuer à rire malgré tout."
 
Patricia Scherer devant la piste cyclable et le canal / © Xavier Ganaye / France télévisions
Patricia Scherer devant la piste cyclable et le canal / © Xavier Ganaye / France télévisions


Lorsqu'elle part se promener, Patricia Scherer n'a pas besoin d'aller loin. La nouvelle limite des 20 kilomètres ne lui est pas indispensable, car dès la sortie du village, elle trouve de quoi se ressourcer. Première halte à la piste cyclable, qui conduit "d'un côté jusqu'à Strasbourg, et de l'autre, vers Saverne." Tout à côté coule un canal. Il paraît tout modeste et petit, à cause du manque d'eau actuel, mais peut s'enorgueillir d'une gloire passée. Il a été construit du temps de Louis XIV pour acheminer jusqu'à Strasbourg les pierres prélevées dans la carrière royale de Wolxheim, et destinées à la citadelle et aux fortifications imaginées par Vauban. "Tout au long du parcours, il y avait aussi de nombreux moulins, et le canal a également servi à transporter du bois de chauffage, de la farine et surtout le célèbre vin de Wolxheim" précise Patricia Scherer.
 
La statue du Christ domine la colline du Horn / © Xavier Ganaye / France télévisions
La statue du Christ domine la colline du Horn / © Xavier Ganaye / France télévisions

A quelques centaines de mètres de là commence le vignoble. Au sommet de la colline, appelée le Horn, une statue dorée du Christ a été érigée en 1912 pour protéger le village. Et sur les pentes pousse le fameux riesling de Wolxheim, un cépage qui a déjà fait la célébrité de la commune avant la Révolution. Et il se raconte que le vin qu'il produit était particulièrement apprécié de Napoléon, qui s'en faisait livrer à Paris.

Au pied du vignoble s'élève la chapelle St-Denis, construite paraît-il sur un ancien site dédié à… Dionysos, dieu du vin. Non loin de là, une table de grès arbore le blason de Wolxheim : un double crochet "qui servait à attraper les loups" explique Patricia Scherer, puisque le nom de la commune serait un dérivé du terme Wolf (loup). Et tout à côté débute le sentier des poètes, inauguré en 2014 par l'association E Friehjohr fer unseri Sproch (Un printemps pour notre langue) : un circuit de trois kilomètres de long, jalonné de panneaux qui présentent des poèmes d'auteurs régionaux de différentes variantes dialectales, ainsi que leur traduction en français.   
 
Le blason de Wolxheim avec le double crochet à loups / © Xavier Ganaye / France télévisions
Le blason de Wolxheim avec le double crochet à loups / © Xavier Ganaye / France télévisions
 

Il faut se ressourcer, ça fait du bien à l'âme.

Patricia Scherer, infirmière anesthésiste et présidente des Joyeux Vignerons


Patricia Scherer emprunte le sentier grimpant jusqu'au sommet du Horn, qui offre, par beau temps, une vue imprenable sur la cathédrale. "La nature est très importante pour moi, qui suis enfermée toute la semaine en salle d'opération" confie-t-elle. Infirmière anesthésiste à l'hôpital de Strasbourg-Hautepierre, elle part et rentre souvent de nuit durant l'hiver, et apprécie d'autant plus la belle lumière de cette journée de fin d'automne. Pour elle, "il est important de sortir prendre l'air. Il faut se ressourcer, ça fait du bien à l'âme." 

Avec le recul, elle réalise qu'au printemps dernier, au début de la crise sanitaire, elle et ses collègues ont vécu "un  véritable tsunami" - "On ne savait pas ce qui nous tombait dessus", se souvient-elle. "Des journées interminables, où on n'avait même plus le temps de manger ou d'aller aux toilettes." Mais actuellement elle a le sentiment que le personnel soignant "maîtrise un peu plus la situation, car on a probablement déjà mieux appris à soigner cette maladie."
 

Sortez prendre l'air, et n'écoutez pas des chiffres anxiogènes, ça ne sert à rien. Il faut penser à se faire plaisir chaque jour.

Patricia Scherer, infirmière et présidente des Joyeux Vignerons

Elle reste donc extrêmement bien placée pour rappeler qu'il est "très important que tous fassent attention et respectent tous les gestes barrières." Mais elle contrebalance ce conseil par un autre : "Faites comme moi, sortez prendre l'air. Pensez à autre chose, et n'écoutez pas constamment des chiffres anxiogènes. Ça ne sert à rien, il faut penser à se faire plaisir, chaque jour. Car la vie continue."
 
La chapelle St-Denis au pied du vignoble / © Xavier Ganaye / France télévisions
La chapelle St-Denis au pied du vignoble / © Xavier Ganaye / France télévisions


L'autre grand plaisir de Patricia Scherer, dont elle vit douloureusement la privation actuelle, c'est de faire du théâtre avec la troupe des Joyeux Vignerons qu'elle préside. "C'est dur, car c'est ma passion, pour me changer les idées de l'hôpital. Et ça me manque vraiment" avoue-t-elle. Généralement, la joyeuse bande répète en hiver, et joue sa revue au mois de mars. Mais le premier confinement les a empêchés de présenter le fruit de leur travail, et la prolongation de la crise sanitaire ne leur permet pas de préparer le spectacle suivant. La perspective la plus optimiste sera de reprendre normalement leur activité pour 2022.

Pressentant dès le début de l'automne que la saison 2020-2021 serait compromise, les Joyeux Vignerons ont filmé, encore avant le confinement, deux petites saynètes qu'ils ont diffusées sur les réseaux sociaux. La première avec les benjamins de la troupe, "des jeunes du village, qui s'entendent très bien et sont vraiment motivés", a justement été tournée là, au sommet du Horn. Entre les rangées de vignes et sur le pré dominé par la statue du Christ.
 

Cherchez chaque jour un sujet qui vous fait rire. Ça fait du bien et ça permet de garder le moral.

Patricia Scherer, infirmière anesthésiste et présidente des Joyeux vignerons

 
Wolxheim, un village viticole "où il fait bon vivre" / © Xavier Ganaye / France télévisions
Wolxheim, un village viticole "où il fait bon vivre" / © Xavier Ganaye / France télévisions

La seconde, où les adultes de la troupe, le "noyau dur", évoquent l'automne et les vendanges, a été filmée dans leur local de répétition, un caveau situé sous l'école. Sur le chemin du retour, les pas de Patricia la conduisent devant ce bâtiment. Il fait face à la salle polyvalente, où d'ordinaire ont lieu "leur mise en scène finale" puis leurs représentations. Deux lieux désespérément clos pour l'instant. 

Mais les Joyeux Vignerons ne se laissent pas abattre. Dès que les conditions sanitaires le permettront, la troupe va réaliser de nouvelles vidéos, "pour que les gens voient qu'on vit encore, et qu'on continuera", promet Patricia Scherer. Et elle conclut sa promenade par un conseil : "Cherchez chaque jour un sujet qui vous permet de rire. Ça fait du bien, on reste en bonne santé, et on garde le moral."