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Les moulins du Sundgau, une richesse historique et patrimoniale

Dans le Sundgau, seuls quelques moulins poursuivent leur activité. Celui de Hundsbach accueille du public, trois par an. / © Odile Barthélémy
Dans le Sundgau, seuls quelques moulins poursuivent leur activité. Celui de Hundsbach accueille du public, trois par an. / © Odile Barthélémy

S'ils décorent toujours le paysage de nos jours, au 19ème siècle, le Sundgau comptait 200 moulins en fonctionnement. Depuis, la majorité d'entre eux ont cessé leur activité. Certains ont une nouvelle vie.

Par Muriel Kaiser

Il fait partie des derniers moulins toujours en activité dans le Sundgau. Le moulin Jenny, à Hésingue, est tenu par Benoît Frisch et son oncle. "A l'origine, il s'agissait d'un moulin hydraulique", explique Benoît. "On peut encore voir les traces de calcaire de l'eau projetée sur le mur. Il y a 100 ans, c'est grâce à la roue que le moulin tournait", poursuit-il. Si l'on ne connaît pas la date exacte de construction, grâce aux mentions écrites, on sait que le moulin a plusieurs centaines d'années. Et depuis, cela fait plusieurs générations qu'il appartient à la famille de Benoît.

"Mon arrière-arrière-grand-père a démonté la roue et l'a remplacée par un moteur électrique. Mon arrière-grand-père et mon grand-père ont ensuite modernisé le moulin au fil du temps", explique-t-il. Pour lui, reprendre le moulin a été une évidence. "Je suis ici depuis mes trois mois, ma grand-mère me gardait ici !" dit-il, en riant. Alors aujourd'hui, c'est avec plaisir qu'il présente son moulin. "Je montre le fonctionnement aux clients curieux. Les grains de blé arrivent par ici. Ils sont écrasés et tamisés douze fois. Le processus dure au total 10 minutes". Benoît se fournit en blé auprès de 60 agriculteurs du Haut-Rhin.

Benoît Frisch tient le moulin Jenny avec son oncle. Le moulin appartient à leur famille depuis des générations. / © Odile Barthélémy
Benoît Frisch tient le moulin Jenny avec son oncle. Le moulin appartient à leur famille depuis des générations. / © Odile Barthélémy


Le moulin Jenny produit entre 1800 et 2000 tonnes de farine par an. 80% des denrées est destinée aux boulangeries. Le reste est directement vendu en magasin. "J'aime notre petit moulin, je ne voudrais pas l'agrandir. C'est chouette d'avoir ce contact avec les clients et avec les paysans qui nous fournissent", conclut-il, tout sourire.

A Hundsbach, la famille Pfimlin aussi se réjouit de recevoir du monde. Son moulin n'est plus en activité mais s'est transformé en véritable musée, avec comme guide : Jean-Georges Pfimlin. "Le blé arrivait par l'extérieur, montait à l'étage par un monte-charge puis était écrasé et, à la fin, tamisé pour donner de la farine", explique-t-il. Sa femme, Mariette, a grandi ici. "Mon grand-père, Aloyse Stoecklin, était le dernier meunier". Au moment de l'héritage, s'est posée la question de l'avenir du moulin. "Nous avons décidé de le restaurer", déclare-t-elle. C'est ainsi que Mariette et Jean-Georges sont partis pour 18 ans de travaux de rénovation.

Les travaux de rénovation du moulin de Hundsbach ont duré 18 ans. / © Odile Barthélémy
Les travaux de rénovation du moulin de Hundsbach ont duré 18 ans. / © Odile Barthélémy


En 2003, ils ont créé une association : Les amis du moulin de Hundsbach. Ses membres ont prêté main forte les week-ends pour avancer les travaux, comme la roue. "Il ne restait que la toute petite pièce centrale, le reste était complètement cassé et moisi. Nous avons tout refait, on peut dire qu'elle est identique à l'origine à présent. On a simplement utilisé des matériaux plus modernes... mais il faut tout de même encore la graisser !" s'amuse Jean-Georges.

L'association organise également des événements pour accueillir du public. Trois fois par an, des expositions culturelles et musicales animent l'endroit et deviennent de vrais rendez-vous, comme Mehli'Arts. Des journées qui réjouissent Mariette. "Cela n'aurait pas eu de sens de garder le moulin pour nous. Nous voulons le montrer aux gens, qu'ils puissent profiter du lieu. C'est un vrai patrimoine, mon souhait est que les gens qui viennent ici s'y sentent bien !" conclut-elle.