Féminicide d'Hayange : pour le procureur, il n'y a pas eu "de dysfonctionnement des services judiciaires"

Mardi 25 mai, au lendemain de la mort de Stéphanie da Vincenzo, poignardée à Hayange et de l'arrestation de son conjoint, meurtrier présumé de la jeune femme, Christian Mercuri, le procureur de la République de Metz a tenu une conférence de presse pour préciser les faits.

Christian Mercuri, procureur de la République de Metz.
Christian Mercuri, procureur de la République de Metz. © France Télévisions

Christian Mercuri, le procureur de la République de Metz, a tenu une conférence de presse, mardi 25 mai 2021, au lendemain de la mort de Stéphanie Di Vincenzo, tuée en pleine rue, sans doute sous les yeux de sa fille née en 2017. 

La victime avait déposé une main courante en janvier 2020 et une plainte en novembre 2020 contre son conjoint a précisé le procureur. Qui, toutefois, estime qu'il n'y avait pas eu "de dysfonctionnement des services judiciaires" qui aurait pu conduire au féminicide présumé commis dans la nuit de dimanche à lundi.

C'est pour des délits routiers que le meurtrier présumé avait été condamné à un an de prison en 2020. Il avait été incarcéré, avant de formuler une demande d'aménagement de peine. Refusée par le juge d'application des peines, celle-ci lui avait été accordé en appel et il avait été placé mi-mai 2021 en détention à domicile sous surveillance électronique (DDSE). 

Soupçonné d'avoir poignardé à plusieurs reprises Stéphanie Di Vincenzo, l'homme, âgé de 23 ans, a été interpellé lundi après-midi chez un couple de la commune. Le meurtrier présumé a été placé en garde à vue pour homicide sur conjoint. L'homme et la femme, tous deux âgés d'une quarantaine d'années, chez lesquels il se trouvait, ont été eux aussi placés en garde à vue, pour recel de malfaiteur.

Plainte non transmise

Interrogé à plusieurs reprises lors de sa conférence de presse, le procureur, a reconnu que plusieurs interventions de police avaient eu lieu, dans le passé au domicile du couple, mais que le parquet ne disposait pas des "motifs exacts" de ces interventions.
Conséquence : le meurtrier présumé n'était pas, pour la justice, "judiciairement identifié comme étant un conjoint violent". "S'il avait été identifié comme tel, il n'aurait pas bénéficié d'un aménagement de peine au domicile conjugal", a précisé Christian Mercuri.

Ni le juge d'application des peines, ni la chambre de l'application des peines de la cour d'appel n'étaient au courant de la plainte de Mme Di Vincenzo.

Christian Mercuri

Et le procureur, de préciser que la plainte déposée par la victime avait fait l'objet d'une "saisine de l'intervenant social du commissariat, entré en relation à plusieurs reprises avec Madame Di Vincenzo". Mais que c'est la victime, elle-même, qui n'avait "pas souhaité aller plus loin dans le cheminement". Toutefois, cette plainte, qui aurait dû être transmise au juge d'application des peines (JAP), ne l'a pas été.
 

Hommage "apolitique" mercredi soir

Fabien Engelmann, le maire (RN) d'Hayange, a indiqué qu'en accord avec la famille de la victime, un hommage apolitique aura lieu ce mercredi 26 mai à 18h, devant la mairie de la commune mosellane.

L'information a été relayée par l'élu sur sa page Facebook. Le meurtre de Stéphanie Di Vincenzo est le 43e fémnicide en France depuis le début de l'année 2021.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
faits divers police société sécurité justice