Festival de Montier-en-Der en Haute-Marne : les animaux comme vous ne les avez jamais vus, avec Pierre Boillaud

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Écrit par Marjorie Le Meur

Le Festival international de photographie animalière et de nature se poursuit du 20 au 21 novembre au chapiteau de Montier-en-Der (Haute-Marne). Parmi les exposants, Pierre Boillaud, passionné depuis dix ans. Il s'est pris de passion pour les souris de son grenier.

Une souris qui joue du piano. Avec Mickey la virtuose, deux autres rongeurs, Minnie et Jerry, partagent la vie de Pierre Boillaud. Trois animaux que ce photographe animalier a capturé pendant huit mois pour en découvrir les plus mystérieux secrets.

Observer à la loupe les us-et-coutumes des animaux, une passion que s’est découvert il y a dix ans cet habitant de Perrigny-sur-l'Ognon (Val de Saône). "Je venais de retaper ma maison, je m’ennuyais un peu…". Randonneur, grand amoureux de la nature, c’est au cours d’une promenade dans les bois, au milieu de la faune, que lui vient l’idée. "J'ai commencé à observer, regarder les traces des chevreuils, des sangliers. Puis j’ai eu envie de comprendre leur mode de fonctionnement, leurs habitudes". Et pour être certain de ne rien louper, Pierre Boillaud décide d’immortaliser chaque nouvelle découverte. "Avec la photographie, je pouvais capturer toutes mes trouvailles. C’est de cette manière que ma passion pour les animaux m’a conduit à celle de la photographie".

Il multiplie les prises d’oiseaux, de mammifères, avec un attrait pour les renards. "Ils m'ont toujours fasciné, parce qu'ils sont très intelligents, très utiles pour la biodiversité, tout en étant mal-aimés". Pierre Boillaud les étudie méticuleusement et parvient à ses premières analyses. "Je me suis rendu compte que le renard se régulait seul, c'est-à-dire que lorsqu’une population est trop élevée, les femelles ont de plus petites portées voire n’ont pas d'ovulation". Fin spécialiste de cette espèce, Pierre Boillaud voyage jusqu'à Londres pour réaliser, cette fois, un film sur le renard urbain. "Vous imaginez, il y a 10 000 renards, dans Londres !".

Toujours un animal chez soi à photographier

De retour chez lui, c'est la révélation. "Un matin, j'ai entendu courir dans les combles. Je me suis dit : tu traverses la Manche pour faire des photos d’animaux et tu n'as même pas pris le temps de prendre ceux qui vivent sous ton toit". Dès cet instant, il monte au grenier et fait la rencontre de ses prochaines muses, Mickey, Minnie et Jerry. Pierre Boillaud débute ses premières investigations. "Je les ai piégées avec des caméras de déclenchement automatique pour étudier leurs déplacements". Rapidement, il découvre les chemins parcourus quotidiennement par les trois rongeurs, parfois rejoints par un rat qu'il surnomme Ragotte.  

Avec des pâtes et quelques graines de maïs, le photographe les attire vers de nouveaux horizons. "Ca me permettait de les emmener où je voulais". Les photographies commencent, les mises en scène aussi. "Je voulais les capturer dans différents décors pour ne pas toujours avoir le même cadre ». A chaque prise, une nouvelle scène : une souris pratiquement attablée, en train de boire dans un verre d'eau ; une autre cachée dans une chaussure. Autant d'idées que Pierre Boillaud imagine pendant 8 mois avec la volonté, ensuite, d’exposer ses photographies. Un rêve qu’il réalise une nouvelle fois ce week-end au chapiteau de Montier-en-Der (Haute-Marne). Avec les premiers critiques déjà sur place : ses enfants. « Et ils sont intransigeants ! ».