Haut-Rhin : Grenelle contre les violences conjugales, des mesures proposées par des experts

© Cyril Dodergny/MaxPPP
© Cyril Dodergny/MaxPPP

Le Grenelle contre les violences conjugales a été lancé ce lundi 21 octobre dans le Haut-Rhin. L'occcasion de demander à des experts les mesures qui pourraient être rapidement prises sur ce sujet.

Par M.C.

122 féminicides ont été dénombrés depuis le début de l'année 2019, la dernière affaire en date étant cette défenestration d'une mère de famille à Colmar il y a dix jours. Ce lundi 21 octobre, une réunion a été organisée à la préfecture du Haut-Rhin avec tous les partenaires locaux impliqués dans la lutte contre les violences faites aux femmes.
 
Des associations, des élus, les procureures de Colmar et Mulhouse étaient présents pour cette réflexion dans le cadre du comité local de prévention des violences sexistes et sexuelles. Un événement qui participe du Grenelle de la lutte contre les violences conjugales lancé le 3 septembre par le Premier ministre et dont les conclusions seront rendues à la fin du mois de novembre. L'occcasion de demander à des experts les mesures qui pourraient être rapidement et facilement prises sur ce sujet. 

"La prise en charge des enfants"

Véronique Laouer, directrice de Solidarité Femmes 68 : "Dans les couples où il y a de la violence conjugale, il serait vraiment intéressant que le travail sur l'impact sur les violences faites aux enfants soit vraiment pris en charge par les magistrats, par les professionnels, par tous les travailleurs sociaux qui travaillent autour de cette problématique." 

"Financer le transport des victimes"

Geneviève Lieby, présidente du centre d'information sur les droits des femmes et des familles : "Nous proposons de faire financer par des taxis ou des transports en commun le transport des personnes, des femmes qui vont en hébergement, dans différents endroits, soit du tribunal, de la police jusqu'à l'hébergement ou l'inverse, pour qu'elles puissent se déplacer facilement quand elles quittent leur logement en urgence." 

"Former les professionnels des associations et des administrations"

Dominique Renger, déléguée départementale aux droits des femmes et à l'égalité : "Je pense que le plus important, c'est la formation des professionnels pour l'accueil, l'accompagnement des victimes, l'orientation. Quelque que soit le type de professionnels, au sein des associations ou dans les administrations, les accueils, c'est que les personnes soient formées à l'existence des violences faites aux femmes et aux spécificités de ces violences."

"Une approche systémique autour des violences conjugales"

Isabelle Depommier, directrice du pôle aide aux victimes - association APPUIS : "Pour moi ça serait moins une mesure qu'une approche systémique a avoir autour des violences conjugales, c'est à dire de pouvoir venir en soutien des personnes victimes, de leur permettre de se reconstruire. Egalement en soutien des auteurs, de leur proposer des espaces où ils pourront questionner cette violence et apprendre d'autres modèles de régulation des conflits. Et aussi d'intervenir au niveau des enfants exposés aux violences conjugales de manière spécifique et précoce, et enfin de pouvoir intervenir sur des actions de sensibilisation au niveau de la société qui a un rôle à jouer dans la diminution et l'éradication des violences conjugales."

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