Une chaîne humaine pour demander la réouverture de la ligne ferroviaire Colmar-Fribourg

12 ans que l'association Trans Rhin Rail se bat pour la réouverture d'une ligne ferroviaire entre Colmar et Fribourg. Ça valait bien une chaîne humaine, 800 paires de bras se sont ainsi entrelacées ce dimanche 14 avril entre Vogelgrun et Breisach en Allemagne. Objectif : donner de la visibilité au combat.

Une immense chaîne humaine sur le pont sur le Rhin entre Vogelgrun et Breisach en Allemagne. 800 personnes se sont donné la main ce dimanche 14 avril 2024, pour montrer leur attachement aux connexions entre la France et son voisin outre Rhin.

Et selon eux, il en manque une, une liaison ferroviaire entre Colmar et Fribourg. Et c'est pour cela qu'ils se mobilisent, pour rendre visible leur combat, qui dure depuis 12 ans maintenant. Patrick Kerber, la petite trentaine, en est depuis le début, président de l'association Trans Rhin Rail alors qu'il avait tout juste 19 ans.

"Avec cette chaîne humaine, raconte-t-il dans un souffle, pressé de dire son enthousiasme, on voulait dire aux politiques, on est là, la population est là, sur place, montrer notre détermination aux élus, pour qu'ils portent ce projet qui est véritablement entre leurs mains."

D'ailleurs, les élus sont là, Eric Straumann, maire (LR) de Colmar et Brigitte Klinkert, députée Renaissance de la première circonscription du Haut-Rhin, ainsi que de nombreux élus allemands. Pour Eric Straumann, l'absence de liaison ferroviaire entre Colmar et Fribourg est une aberration.

"On a deux villes d'importance situées à une cinquantaine de kilomètres l'une de l'autre, il n'y a pas d'autres exemples en Europe de villes de cette importance et si proches qui ne soient pas reliées par le train".

Pas de liaison ferroviaire depuis 80 ans

Même son de cloche du côté de Brigitte Klinkert, qui sait cependant que ce dossier est compliqué, parce qu’entre autres, transfrontalier. "Je porte ce projet depuis 2017, un projet très onéreux mais j'y crois car il dessert tout le territoire : c'est un projet économique mais aussi européen et transfrontalier incroyable ! Sans compter l'aspect écologique évidemment. Je suis très impatiente évidemment mais il est compliqué parce que cher, il faut donc que le potentiel de voyageurs soit là."

Une étude est d'ailleurs presque terminée pour évaluer justement le nombre d'usagers qui pourraient fréquenter cette ligne. Une ligne qui a déjà existé entre 1875 et 1939. Détruite au tout début de la Seconde Guerre mondiale, elle n'a jamais été reconstruite, seules les voitures peuvent aujourd'hui circuler entre les deux villes.

La question des financements est évidemment au cœur de la problématique puisqu'ils devront être répartis entre la France et l'Allemagne. Les partisans de cette ligne espèrent qu'un accord sera trouvé au plus vite pour que la ligne soit ouverte à l'horizon 2030. Une pétition a été mise en ligne pour tenter de sensibiliser le plus grand nombre.