Sophiane Hambli, le baron de la drogue originaire de Mulhouse, arrêté dans une clinique au Maroc

Le baron de la drogue Sophiane Hambli, en cavale depuis mars 2021, a été arrêté dans une clinique de Tanger (Maroc), le 22 octobre, où il a été admis après avoir été agressé dans les rues de la ville. Le trafiquant alsacien était sous le coup d'un mandat d'arrêt international émis par Interpol.

Le Français d'origine algérienne, âgé de 46 ans, s'est présenté à la clinique de Tanger le vendredi 22 octobre sous de faux papiers allemands "avec une plaie de 20 centimètres à la joue" causée par "un sabre ou une machette", selon l'AFP, confirmant une information de "l'Obs".  Son pronostic vital est encore "réservé", d'après la source proche du dossier.

La Direction générale de la Sûreté nationale marocaine (DGSN) avait annoncé le samedi 23 octobre dans un communiqué avoir arrêté "un ressortissant français d'origine algérienne, pour son implication présumée dans le trafic international de drogue dans le cadre d'un réseau criminel organisé transnational", sans préciser son identité. 

Dès vendredi soir, des photos prises dans un établissement hospitalier et montrant un homme présentant des plaies importantes ont circulé de téléphones en téléphones, certaines étant même diffusées sur les réseaux sociaux, d'après "l'Obs". Des personnes ayant croisé Sophiane Hambli avaient alors confirmé au journal que l’homme en question ressemblait fortement à l’intéressé.

Un Mulhousien au lourd passif

Né à Mulhouse, le trafiquant au lourd casier judiciaire est coutumier de la cavale. La "carrière" de celui qui est surnommé "la Chimère" ou "la Hyène" débute à Bourtzwiller, dans ce quartier de Mulhouse où il a grandi. Lorsqu'en 1997, la brigade de recherche de la gendarmerie s'intéresse au réseau qui inonde l'Alsace de hachich, elle identifie Sophiane Hambli à un poste clé. Quand le réseau tombe, Hambli est déjà loin de Mulhouse, l'enfant de Bourtzwiller a trouvé refuge dans le sud de l'Espagne, la porte d'entrée de la drogue en Europe.

Il est interpellé en 2004 en Espagne après son évasion l'année précédente de la prison de Metz. En 2009, c'est encore en Espagne qu'il est arrêté alors qu'un tribunal français le condamne par défaut à 18 ans de prison. Sophiane Hambli reçoit alors la visite de François Thierry, le patron de l'Octris, l'office de lutte contre les stupéfiants. En échange d'une importante réduction de peine il propose à Hambli de devenir son principal informateur. 

Pendant six ans, François Thierry va s'appuyer sur les réseaux de Sophiane Hambli pour effectuer des livraisons surveillées. Ces bons et loyaux services lui valent de voir sa peine réduite de 18 à 5 ans de prison. Mais à peine sorti, le baron de l'or vert retrouve un train de vie qui interpelle : appartement de 300 m² avec piscine au coeur du 16e arrondissement de Paris.

La chute du super indic

En 2015, les douanes saisissent 7 tonnes de cannabis au pied de son appartement. François Thierry, l'ex-patron de la lutte anti-drogue, est évincé. Sophiane Hambli, soudain sans protection, prend à nouveau la tangente.

Sophiane Hambli est arrêté de nouveau en novembre 2020 à Bordeaux et placé en détention provisoire début décembre. Cette fois la justice française le soupçonne d'avoir perçu 2,5 millions d'euros pour avoir organisé la logistique de l'importation de quatre tonnes de cannabis, des accusations qu'il avait démenties en mai dernier via son avocat Hugues Vigier.

Une dernière fuite

Remis en liberté dans ce troisième dossier, la "Chimère" prenait la fuite en mars dernier juste avant une décision de la chambre de l’instruction le reconduisant derrière les barreaux. Ne s'étant pas présenté à la justice et la police ne l'ayant pas retrouvé, Sofiane Hambli était depuis considéré en cavale et Interpol avait émis un mandat d'arrêt international à son encontre.

 

Sophiane Hambli, après avoir gagné le Maroc aurait très vite repris ses activités sur place, selon un article du "JDD" de juillet dernier. Il aurait fait transiter via des cargaisons de tomates et de melon des centaines de kilos de résine de cannabis. D’après la Direction générale de la Sûreté nationale marocaine, l’intéressé ferait également l’objet d’une enquête pour trafic de drogue dans le pays.

 

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