Haute-Marne : ce qu’il faut savoir du Château du Corgebin, lauréat de la Mission Bern

Les bénévoles de l’association l’ont appris par les médias, lorsqu’ils remettaient à neuf des murs, le Château du Corgebin, à la sortie de Chaumont en Haute-Marne, fait partie des lauréats de la mission patrimoine, portée par Stéphane Bern.
Le château du Corgebin en 2009.
Le château du Corgebin en 2009. © Association Internationale de Sauvegarde (AIS) du château du Corgebin

Le Château du Corgebin a longtemps été pour les habitants de Haute-Marne et les touristes en visite, un bâtiment en ruines qui intriguait, route de Brottes, près de Chaumont. Après avoir failli être démolie au début des années 2000, la bâtisse a connu l’espoir d’être rénovée en 2008.

Un bâtiment atypique

L’association internationale pour la sauvegarde du château de Corgebin s’est montée en 2005, en tout, ils sont une douzaine de bénévoles réguliers à tout mettre en œuvre, pour remettre en état le château. Un bâtiment atypique construit en 1786 par Louis-François de Lamirault, sur un domaine appartenant d’abord aux templiers, puis à l’ordre de Malte en lieu et place des ruines de l’ancien château.

"Contrairement aux autres châteaux construits au XVIIIe siècle, celui-ci ne dispose pas d’une entrée solennelle, ses caves étant bien plus hautes que la moyenne. Ce qui lui confère une architecture et une apparence qui le différencie beaucoup des autres", explique Isabelle Breton la secrétaire de l’association.

Plus de 400 visiteurs en 24 h lors des journées du patrimoine

"Pour la première, nous avons pu ouvrir les portes du château au public en 2008, lors des journées du patrimoine, et nous avons été très surpris. Plus de 400 personnes étaient venues en moins de 24 h. L’année suivante, nous avions ouvert les portes du château deux jours et nous avions accueillis plus de 500 personnes", s’enthousiasme Isabelle Breton.

Avant de poursuivre : "Malheureusement pour des raisons techniques de sécurité concernant notamment des lâchers qui doivent être refaits, nous n’avons pas pu réouvrir les portes au public, depuis 2009. Nous avons donc travaillé à remplacer plus de 200 mètres carrés de plancher. Et grâce à la mission du patrimoine, nous pourrons peut-être les terminer ! Les gens étaient curieux des lieux et nous savons que nous aurons des visites quand nous pourrons réouvrir les portes !"

La même rampe qu’à la mairie de Chaumont

Une autre particularité du château du Corgebin, se situait au niveau des escaliers avant la tentative de démolition de l’édifice au début des années 2000. "La rampe était une grosse rampe d’époque, exactement la même que celle de la mairie de Chaumont actuellement. Elle a malheureusement été vendue et nous n’étions absolument pas convaincus de pouvoir la remplacer. Mais grâce aux futurs investissements, nous allons pouvoir envisager de remettre une rampe similaire", détaille la secrétaire de l’association du Château du Corgebin.

Le premier propriétaire du château élu premier maire de Chaumont

Le lien avec la ville de Chaumont ne s’arrête pas là. À l’époque où Louis-François de Lamirault vivait dans son château, il avait pour habitude de déménager chaque hiver, pour se rendre à l’actuelle rue Gilbert Dufour en centre-ville de Chaumont : "Le château devenait glacial sur son plateau l’hiver, il n’était pas possible pour lui d’y rester."

Dépossédé des lieux en 1789 pendant la révolution, le propriétaire l’a racheté dix ans après l’avoir construit en 1796, avant d’être élu quelques années plus tard premier maire de la ville de Chaumont. Le lien entre le château du Corgebin et la ville préfecture de Haute-Marne est donc resté fort. L’une de ses descendantes faisait d’ailleurs partie de l’association pour remettre à neuf le bâtiment.

Faire partie des 100 lauréats de la mission Bern, est donc une belle opportunité pour le château et les bénévoles qui travaillent à le remettre à neuf depuis 13 ans. "Nous sommes ébahis, nous ne pensions pas avoir la chance d’être sélectionnés et nous sommes honorés que d’autres personnes que nous aient vu le potentiel et la beauté de ce lieu. Nos efforts pendant plus de 10 ans n’ont pas été vains", conclut Isabelle Breton.

Chaque lundi, plusieurs bénévoles réguliers se retrouvent au château pour remettre à neuf ce dernier. Parfois accompagnés par des jeunes de l’ADPJ (association Départementale Prévention Jeunesse), ou par des demandeurs d’asile accompagné par le CADA ( centre d'accueil de demandeurs d'asile en France). Actuellement, les murs des anciens jardins sont au cœur des rénovations.

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