Haute-Marne : reprise des feux d'artifices pour l'entreprise "Jacques Prévot Artifices", après une année 2020 difficile

Les restrictions avaient fait de l'année 2020 une année noire pour l'entreprise haut-marnaise "Jacques Prévot Artifices", qui avait perdu 80 % de son chiffre d'affaires. En ce 14 juillet 2021, la situation s'améliore un peu, malgré la météo et la mise en place du Pass sanitaire.
Le feu d'artifices tiré, en 2019, à Bourbonne-les-Bains, en Haute-Marne.
Le feu d'artifices tiré, en 2019, à Bourbonne-les-Bains, en Haute-Marne. © Jacques Prévot Artifices.

Jacques Prévot Artifices est une entreprise familiale créée en 1992. Trois frères : Thibaut, Mathieu et Justin la dirigent aujourd'hui. La société dispose de deux entrepôts. L'un est situé en Haute-Marne, dans le petit village de Sarrey, l'autre, à Damblain, dans les Vosges. Deux sites classés "Seveso", pas étonnant pour une entreprise spécialisée dans les feux d'artifices.

"En 2020, on avait pu tirer trois feux d'artifices, seulement, raconte Thibaut Prévot, qui est chargé de la partie spectacle, de la commercialisation et de la formation d'artificiers. A part la formation, toutes nos activités avaient été impactées, par la crise sanitaire. Par rapport à 2019, on avait perdu 80 % de notre chiffre d'affaires. 2021 est sur le même rythme, mais ça s'améliore un peu. Quarante spectacles étaient programmés, trente, environ, seront réalisés. C'est moins qu'en 2019, où on en comptait soixante."
 

Le spectacle de 2019, à Bourbonne-les-Bains.
Le spectacle de 2019, à Bourbonne-les-Bains. © Jacques Prévot Artifices.


Premiers spectacles à reprendre

La reprise est très lente, mais, "c'est une chance, nos spectacles ont lieu en plein air", confie Thibaut Prévot. La météo, toutefois, s'invite parfois et vient gâcher la fête. La ville de Saint-Dizier a dû ainsi annuler son feu d'artifices. Mais rien de définitif, il est juste reporté. Reste que les conditions se durcissent, avec la mise en place du Pass sanitaire. Pour cette année, l'entreprise espère réaliser 40 à 50 % de son chiffre d'affaires de 2019.

Les spectacles qui sont reportés, seront payés à l'entreprise. En cas d'annulation pure et simple, elle facture 40 % du coût du spectacle au client. "Du coup, explique Mathieu Prévot, l'un des dirigeants de l'entreprise, rares sont ceux qui annulent". Jacques Prévot Artifices a pu bénéficier du PGE, prêt garanti par l'Etat. De décembre 2020 à mai 2021, des aides de l'Etat lui ont permis de couvrir ses frais fixes, mais cette période n'est pas de celles qui laisseront de bons souvenirs aux trois frères qui dirigent la maison.

Toutes sortes d'effets peuvent être réalisés, en fonction de la météo.
Toutes sortes d'effets peuvent être réalisés, en fonction de la météo. © Jacques Prévot Artifices.


Une centaine d'artificiers formés chaque année

La société fournit des artifices aux professionnels, dans toute la France. Elle prépare les commandes. Ces dix dernières années, elle était présente à Cannes, Grenoble, ou encore à la Tour Eiffel. Elle fournit par ailleurs des spectacles de feux d'artifices à des collectivités du Grand Est et de Bourgogne-Franche-Comté. Outre la mise en œuvre, la prestation de tir, elle vend des artifices aux particuliers, grâce à sa boutique en ligne.
 

En 2020, on avait pu tirer trois feux d'artifices, seulement. A part la formation, toutes nos activités avaient été impactées par la crise sanitaire.

Thibaut Prévot, chargé des spectacles, de la commercialisation et de la formation d'artificiers, chez Jacques Prévot Artifices.


Mais chaque année, en Haute-Marne, elle assure également, la formation d'une centaine d'artificiers, sur deux à cinq jours. "Ce sont des intermittents du spectacle, des passionnés, des personnels communaux, d'entreprises de spectacles, ou des restaurateurs, indique Thibaut Prévot. Nous formons beaucoup de Belges, car nous pouvons ainsi leur fournir le diplôme "F4T2", qui n'existe pas chez eux."
 

Les spectacles de feux d'artifices sont nombreux lors de la célébration de la Fête Nationale.
Les spectacles de feux d'artifices sont nombreux lors de la célébration de la Fête Nationale. © Jacques Prévot Artifices.


Pour tous les budgets

Pour quelques minutes de magie, même une petite commune peut offrir un feu d'artifices à ses concitoyens. Pour 250 à 400 euros, le rêve sera au rendez-vous, "pour marquer le coup", dit Thibaut Prévot. Mais pour ceux dont le budget est plus confortable, il faut compter de 1.000 à 20.000 euros, selon la durée du spectacle, jusqu'à 25 minutes.

"La météo a contraint certaines communes à reporter les spectacles, mais quelques irréductibles l'ont maintenu. "Depuis le temps qu'on attend, ce n'est pas quelques gouttes qui vont nous freiner, ont-ils dit"", rapporte Thibaut Prévot. Chalindrey, en Haute-Marne, ou encore Chaumont depuis plusieurs sites en simultané, ont eu leur feu d'artifices.
 

Les étincelles, dans le ciel de juillet, sont toujours très attendues.
Les étincelles, dans le ciel de juillet, sont toujours très attendues. © Jacques Prévot Artifices.


Cette année, les tendances des spectacles, parfois accompagnés de musiques, privilégient la joie, le retour à la gaité. Les effets varient avec la météo. "Les bouquets dorés durent plus longtemps, avec l'humidité", détaille Thibaut Prévot. L'entreprise haut-marnaise emploie dix permanents et vingt à vingt-cinq saisonniers. Mais pour tirer les spectacles, jusqu' à 72 artificiers peuvent être mobilisés. La crainte, chez Jacques Prévot Artifices, c'est que la mise en place du pass sanitaire, ne vienne à nouveau ralentir leur activité.

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