Haute-Marne : 16 ressortissants Tchétchènes placés en garde à vue à Saint-Dizier

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Ce samedi 15 août 2020, seize ressortissants Tchétchènes étaient en garde à vue à Saint-Dizier, en Haute-Marne. Ils ont été arrêtés vendredi à partir de midi alors qu’ils voulaient venger un autre ressortissant agressé la veille au quartier du Vert-Bois.

Tout a commencé jeudi 13 août 2020 en fin d’après-midi, lorsqu’un ressortissant Tchétchène d’une trentaine d’années a été frappé par des jeunes du quartier du Vert-Bois à Saint-Dizier. Le trentenaire a "été la victime collatérale d'un différend entre deux familles de Saint-Dizier", selon la préfecture de la Haute-Marne. Légèrement blessé, il n’a pas été hospitalisé et a pu rentrer chez lui dès le jeudi soir.

Suite à cette agression, un appel à la vengeance a été lancé au sein des réseaux tchétchènes, d’après les services de renseignement de la police. Un important dispositif des forces de l’ordre a alors été mis en place dans la ville. Un dispositif, composé d’une compagnie de CRS et des effectifs locaux de la police, qui a débuté les arrestations dès midi ce vendredi 14 août jusqu’à 19 heures.


Seize personnes placées en garde à vue

Ce samedi matin, le procureur de la République de Chaumont, Frédéric Nahon indiquait à nos confrères de l’AFP que les seize ressortissants sont en garde à vue au commissariat de Saint-Dizier et que : "Une enquête est en cours, confiée au SRPJ de Reims, pour déterminer le rôle de chacun et leur mobile."

De son côté, la préfecture de Haute-Marne souligne qu'"il ne s'agit pas d'une situation à caractère intercommunautaire" et que vendredi soir, la situation était "totalement calme". Un dispositif de sécurité renforcé a toutefois été mis en place : "Afin de prévenir tout risque de représailles" ont indiqué la préfète de Haute-Marne et le directeur départemental de la sécurité publique. 

Garde à vue prolongée pour treize des interpellés

Ce samedi 15 août en fin d'après-midi, le procureur de la République de Chaumont Frédéric Nahon a indiqué à nos confrères de l'AFP que sur les seize hommes interpellés, âgés de 30 à 40 ans, treize d'entre eux avaient vu leur garde à vue prolongée. Avant de préciser : "Aucune violence n'a été exercée par le groupe de treize individus. Aucun autre trouble à l'ordre public n'a été constaté pour l'instant à Saint-Dizier." Les trois hommes dont la garde à vue n'a pas été prolongée ont été libérés en l'absence de charges.  

Des couteaux un sabre et des outils retrouvés dans les véhicules des interpellés

Les ressortissants Tchétchènes arrêtés ne résidaient pas à Saint-Dizier d’après le parquet, et leur arrestation est survenue suite au contrôle de leurs véhicules desquels : "dépassaient des armes potentielles." Des couteaux, un sabre, des bâtons et des outils ont été découverts à bord de quatre des véhicules. Les passagers et conducteurs ont donc été placés en garde à vue pour transport illégale d’armes de catégorie D et pour participation à un groupement formé en vue de commettre des violences. 
 

Les explications qu'ils donnent pour expliquer leur présence ne sont pas très crédibles. 

Frédéric Nahon-Procureur de la République de Chaumont


D’après Frédéric Nahon : "L’implication de chacun reste à vérifier. Les explications qu'ils donnent pour expliquer leur présence ne sont pas très crédibles. Des vérifications sont en cours pour voir s'il y a eu un appel à la vengeance sur Internet ou pas, s'ils se sont concertés ou pas." Les investigations confiées au SRPJ de Reims se poursuivent en ce sens. 
Ces incidents ne sont pas sans rappeler ceux survenus à Dijon en juin dernier. Un ressortissant Tchétchène troyen avait d'ailleurs été placé en détention provisoire avec deux autres hommes de nationalité russe, suite à ces violences urbaines survenues en Côte-d'Or. Les violences survenues à Dijon le 15 juin dernier faisait suite à l'agression de deux jeunes Tchétchènes. Un appel à la vengeance avait alors été lancé via Snapchat.

Ce dimanche 16 août, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin est au commissariat de Saint-Dizier, pour rencontrer les effectifs mobilisés sur cette arrestation.