Saint-Dizier : fermeture définitive d'Yto, l'une des institutions de l'industrie en Haute-Marne

Info France 3 Champagne-Ardenne : Le constructeur chinois de transmissions agricoles Yto va quitter Saint-Dizier, en Haute-Marne. Les 35 derniers salariés vont perdre leur emploi. Fleuron de l'industrie haut-marnaise, cette entreprise faisait vivre autrefois près de 3.000 personnes dans la commune.

Le groupe chinois était arrivé en 2011 à Saint-Dizier. Mais déjà plusieurs fois, les salariés s'étaient battus pour conserver leur emploi.
Le groupe chinois était arrivé en 2011 à Saint-Dizier. Mais déjà plusieurs fois, les salariés s'étaient battus pour conserver leur emploi. © Stéphane Janeczko - FTV
L'entreprise résonne dans le coeur des habitants de Saint-Dizier, les ex-McCormick devenus Yto y avaient cru quand les Chinois avaient repris l'entreprise en 2011. "Mais la fin était inéluctable, on s'en doutait," déplore Vincent Mendola, délégué CGT. "Cette fois, il n'y aura pas de retour en arrière..." 

L'aventure du machinisme agricole a commencé en 1924 à Saint-Dizier. Pendant des décennies, cette usine a été le principal employeur de Saint-Dizier, et l'un des plus importants de Champagne-Ardenne. En 1975, un tracteur sortait toutes les sept minutes de l'usine. Dans les années 1980, son histoire est celle d'un lent déclin. Case IH, McCormick, Yto..., les propriétaires s'y sont succédé au rythme des plans sociaux.

L'usine comptait 2.800 employés au plus fort de son activité en 1982 et seulement 223 en 2011 au moment du rachat par le groupe chinois Yto.
 

Un avant-dernier comité d'entreprise

C'est en plein milieu des vacances que l'information a été confirmée. Un comité d'entreprise s'est tenu ce jeudi pour annoncer officiellement la fermeture de l'usine, l'un des anciens fleurons de l'industrie bragarde. Le plan de licenciement  a été confirmé et les lettres seront envoyées aux salariés d'ici la fin du mois de septembre. "Cela ne faisait plus de doute," nous raconte l'un des salariés restants. "Notre entreprise a subi de nombreuses attaques sociales." Ils n'étaient plus que 35 salariés après une première vague il y a quelques mois. 

Vincent Mendola travaille sur le site de Saint-Dizier depuis 30 ans. C'est dire s'il connaît l'entreprise, "je l'ai dans le coeur, mais je suis particulièrement amer et en colère." 
 

Les Chinois nous ont amusés pendant 10 ans. On s'en doutait. Nous sommes maintenant les dindons de la farce.

Vincent Mendola, délégué CGT chez Yto

Le goupe chinois n'aurait pas résisté à crise du Covid-19. Face aux difficultés, l'entreprise a décidé de ne plus injecter d'argent en France. "Mais il a bon dos, le coronavirus !" s'insurge Vincent Mendola. Le groupe chinois prévoit une enveloppe de deux millions d'euros pour les 35 personnes encore sur le site. "Mais ce n'est pas suffisant," clament certains salariés. "Ceux qui ont été mis dehors l'année dernière avaient obtenu plus que nous. On se fait avoir jusqu'au bout. Les collègues étaient partis avec plus que nous. Et il faut savoir que ce sont les cadres qui vont être les mieux indemnisés." 

Le constructeur chinois de transmissions agricoles va donc quitter Saint-Dizier. Seul le directeur du site devrait rester en place au sein de l'usine dont l'activité est « mise en sommeil », nous dit-on. Mais les syndicats n'y croient pas. Pour eux, "il ne faut plus se bercer d'illusion. Yto, c'est fini !" Une réunion doit se tenir dans les prochaines heures en mairie pour trouver une situation aux 35 salariés. Un coup dur supplémentaire pour l'emploi dans ce bassin de vie, fortement touché par la précarité de ses habitants. 



 
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