Saint-Dizier : la maladie de la suie frappe à nouveau les érables

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Pas moins de 14 érables touchés, c’est le bilan établi par les services de la mairie de Saint-Dizier. La maladie de la suie qui les attaque a déjà sévi en 2019 et 2020. Elle est dangereuse pour l’homme. La seule solution, c’est l’abattage.

Sur quatre sites, dans la ville de Saint-Dizier, en Haute-Marne, la maladie de la suie est une nouvelle fois présente. Comme lors des deux précédentes attaques, en 2019 et 2020, le champignon responsable de ce fléau, le cryptostroma corticale, s’est infiltré par les blessures des arbres. "Cela laisse une pellicule noire sur le tronc et les branches, et fait éclater l’écorce. L’arbre alors n’a plus de sève et se dessèche", explique Rachel Bedet. Elle est chargée du suivi des entreprises en espaces verts, à la mairie de Saint-Dizier.

Fragilisés, les arbres présentent alors un risque important de chutes. La solution retenue pour endiguer ce problème, c’est l’abattage des érables sycomores contaminés. Il ne faut pas différer car avec le vent, les spores du champignon se répandent très vite. D’autres arbres peuvent avoir à souffrir de cette maladie de la suie, par ailleurs dangereuse pour l’homme. Elle peut entraîner des problèmes respiratoires, comme l’asthme par exemple. "Les personnes fragiles doivent faire attention, et lors des interventions, les élagueurs sont équipés avec des masques", précise Rachel Bedet.  

Un effet du climat

Les spécialistes ont observé que le problème apparaît généralement après des étés chauds et secs. "Le problème est apparue à Saint-Dizier après deux canicules. Mais on attend l’hiver pour intervenir", explique encore Rachel Bedet. En effet, l’humidité de l’hiver favorise la fixation des spores du champignon sur les écorces. A la mairie de Saint-Dizier, on prend ce problème pour lequel il n’y a pas de traitement, au sérieux.

Cela laisse une pellicule noire sur le tronc et les branches, et fait éclater l'écorce. L'arbre n'a plus de sève et se dessèche.

Rachel Bedet, chargée du suivi des entreprises en espaces verts.

Des mesures très strictes sont prises au moment de l’intervention des équipes qui procèdent à l’abattage. "C’est un grappin qui attrape la cime des arbres. Une fois abattus, c’est vers le parc d’activité de l’agglomération de Saint-Dizier que sont dirigés les arbres, pour y être incinérés, à proximité". Pour les y conduire, il faut donc faire peu de kilomètres, éviter les secteurs boisés, afin de prévenir tout risque de contamination. Et c’est sous bâches que les érables sont transportés.

Désormais pris en compte dans le budget  

Pas question de chercher à réutiliser les érables abattus ! On creuse une fosse pour y brûler les arbres qui ne feront pas l’objet de revalorisation en copeaux pour pailler les massifs de la ville, ou bois de chauffage. Pourtant ce problème a un coût. L’hiver 2020, quand il a fallu abattre des érables pour la première fois, l’opération a coûté près de 13 000 euros à la ville. Une centaine d’arbres avaient été touchés pendant l’été 2019. Ensuite, lors de la deuxième infection par la maladie de la suie, des abattages nombreux avaient été nécessaires. Cela a amené la ville à tenir compte de cette question avec une ligne budgétaire.

Les arbres sont remplacés. "On évite les conifères, les scolytes frappant aussi les épicéas. On plante avec des variétés différentes ou à des endroits où il y a un couvert végétal important avec beaucoup d’ombrage. Il faut éviter les bords de route", explique Rachel Bedet. "Les premiers érables touchés en 2019 bordaient une piste cyclable récemment créée. Les arbres s’étaient retrouvés en pleine lumière, exposés à la chaleur et la sécheresse". C’est la troisième fois que Saint-Dizier est confronté à ce problème dû au réchauffement climatique.  

A Reims aussi

Le directeur des espaces verts de la Ville de Reims le confirme : "C’est un parasite de faiblesse, consécutif aux sécheresses, et transporté par le vent, qui est à l’origine de ce problème. A Reims, on en a un peu. Une vingtaine d'arbres ont été touchés dans un parc. On a pas eu d’autre choix que de les abattre". Pour autant, pas question de renoncer à planter des érables ! "On en n’est pas encore là", assure-t-il.

Un peu partout en France, le réchauffement climatique commence à produire ses effets. Les érables frappés par la maladie de la suie sont une manifestation bien réelle.  

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