REPLAY Incendie de Notre-Dame de Paris : 2 ans d'angoisse pour l'entreprise Europe Échafaudage dans "Enquêtes de région"

L'entreprise Europe Échafaudage avait décroché le graal des chantiers : la restauration de la flèche de Notre-Dame de Paris. L'incendie de la cathédrale, le 15 avril 2019, les a fait basculer du statut de restaurateur à celui de destructeur. À tort. Retour sur deux ans d'angoisse.

Deux jours après l'incendie de la charpente : les pompiers surveillent toujours l'échafaudage. 17/04/2019
Deux jours après l'incendie de la charpente : les pompiers surveillent toujours l'échafaudage. 17/04/2019 © Lodoïs Gravel /FTV

C'est probablement l'incendie du siècle. Celui que le monde entier a regardé les yeux écarquillés, le 15 avril 2019. L'image de la flèche de Notre-Dame de Paris, s'effondrant au milieu des flammes est de celles qui marquent les peuples, bien au-delà des croyances. Comme celle des Bouddhas géants de Bâmiyân en Afghanistan. Comme celle des tours jumelles du World Trade Center à New-York. Parce qu'il s'agit d'une atteinte profonde à son patrimoine, le patrimoine de l'Humanité, dans ce qu'elle a de plus beau : la force et le talent de ses bâtisseurs.

Alors quand la flèche est tombée, la foule a réclamé un coupable. Et sans aucune forme de procès, sans aucune preuve, l'hypothèse de la responsabilité des sociétés, qui menaient alors des travaux sur la charpente, a été incriminée. 

C'est ton père qu'a foutu le feu à Notre-Dame

Un enfant au fils d'un ouvrier, à l'école

Avec trois responsables des entreprises lorraines Le Bras Frères et Europe Échafaudage, France 3 Grand Est revient sur deux années terribles pour ces artisans de haut-niveau. Passés de la fierté légitime à obtenir un chantier de prestige "Le chantier-là, c'était une super fierté pour l'entreprise", repense la directrice générale  de la société Le Bras Frères en évoquant le chantier de la restauration de la flèche de Viollet-le-Duc.

Une consécration pour la PME lorraine de Jarny (Meurthe-et-Moselle) et sa filiale Europe Échafaudage. Imaginez : 54.000 pièces vont composer l'enchevêtrement de tubes, pour un poids total de 350 tonnes et une hauteur culminant à 95 mètres. Sans jamais s'appuyer contre la flèche. Une prouesse technique exigée par l'architecte de Bâtiments de France. 

La suite est connue. D'entreprises de prestige, Le Bras Frères et Europe Échafaudage deviennent du jour au lendemain les responsables désignés "pointés du doigt" de la catastrophe. Les médias du monde entier sont sur place et harcèlent les équipes.

Les médias du monde entiers sont présents sur les lieux deux jours après l'incendie
Les médias du monde entiers sont présents sur les lieux deux jours après l'incendie © Lodoïs Gravel /FTV

Du policier qui laisse l'accès au chantier au PDG en lui glissant "Ah c'est vous qui avez mis le feu !" au fils d'un ouvrier qui étend à l'école "C'est ton père qu'a foutu le feu à Notre-Dame", l'impact de la vindicte populaire se ressent chez tous les employés.

Ils ne se laisseront pourtant pas abattre et vont devoir mener à bien le retrait de la totalité des échafaudages calcinés, sans risquer de fragiliser les parois de la cathédrale. Un défi et une fierté en partie rendue à ces artisans du patrimoine. 

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