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Opération Soleil vert : les militants demandent « juste de pouvoir vivre correctement »

Les organisateurs de l'Opération soleil vert organisaient une conférence de presse ce samedi 7 septembre pour exprimer leurs revendications. Il prévoient de bloquer le dépôt de pétrole de Vatry à partir du 16 septembre. / © Flore Caron - France 3 Champagne-Ardenne
Les organisateurs de l'Opération soleil vert organisaient une conférence de presse ce samedi 7 septembre pour exprimer leurs revendications. Il prévoient de bloquer le dépôt de pétrole de Vatry à partir du 16 septembre. / © Flore Caron - France 3 Champagne-Ardenne

Bloquer le dépôt de Carburant de Vatry, c’est l’objectif de l’opération "Soleil vert". Les militants, gilets jaunes ou anciens gilets jaunes pour la plupart, ont organisé une conférence de presse ce samedi 7 septembre pour faire part de leurs revendications.
 

Par Flore Caron

C’est sous une pluie battante que s’est déroulée la conférence de presse de l’opération Soleil vert à Châlons-en-Champagne ce samedi 7 septembre à 10 heures. Face à la préfecture, la vingtaine de militants s’abritent tant bien que mal sous leurs parapluies. Ces citoyens, pour la plupart gilets jaunes ou anciens gilets jaunes appellent les Champardenais à bloquer le dépôt de carburant de Vatry à partir du 16 septembre 2019. Ils se disent excédés par l’indifférence du gouvernement face aux revendications du peuple, notamment à la suite du grand débat national. « On ne veut pas des promesses, on veut des actions », assène l’une des militantes. Pour eux, bloquer l’économie est à présent la seule solution pour se faire entendre. Trois Ardennais sont à l'origine du projet. 
 


Pour ne pas entendre dire que leurs revendications ne sont pas claires, comme cela a été le cas pour les gilets jaunes, ils se veulent particulièrement organisés. Ils s’en tiennent à leurs trois chevaux de bataille : accès à tous au chauffage et à l’électricité, baisse des taxes sur les produits alimentaires de base mais aussi sur l’essence. En effet, ces citoyens sont inquiets face à la hausse du carburant, à l’instar de Fabrice Marchand, l’un des organisateurs. Ce bucheron a besoin de son véhicule dans le cadre de son métier. « Comment fait-on pour aller travailler si l’essence est trop cher », s’énerve-t-il. « Le prix du bois, lui, n’augmente pas depuis des années. » Dans les discussions, d’autres sujets viennent vite sur le tapis comme celui de la réforme des retraites ou la fermeture des hôpitaux en zone rurale. « On veut juste vivre correctement », résume l’une des militantes.

Manifester en toute légalité

Un mot d’ordre pour ces militants : la légalité. Ils veulent à tout prix que leur demande de filtrage soit acceptée par la préfecture. Mais sur ce point, c’est encore l’incertitude.  Les signataires disent avoir envoyé la demande le 8 août et la réponse de la préfecture n’est arrivée que le 5 septembre. La lettre en question propose aux organisateurs une « réunion de travail » qui aura lieu lundi 9 septembre prochain. Les militants sont donc toujours dans l’attente d’une réponse et craignent de ne pas avoir le temps d’effectuer leur demande de recours auprès du tribunal administratif en cas de refus de la préfecture. Ils soupçonnent cette dernière de « jouer le montre ».
 


Les syndicats d’agriculteurs ont aussi été appelés à rejoindre l’opération : la FNSEA, les Jeunes agriculteurs, la Confédération paysanne et la Coordination rurale sont conviés. Ces derniers n’ont, pour l’instant, pas fait part de leur réponse.
 

Un mouvement citoyen

Tout comme les gilets jaunes, le mouvement se veut sans leader, sans hiérarchie. Certains, las de participer aux manifestations, souhaitent prendre du recul avec le mouvement qui a marqué l’actualité de ces dix derniers mois. « Marcher pour se faire taper, c’est pas la peine », affirme Fabrice. D’autres sont au contraire encore très impliqués : « ça a éveillé les consciences » d’après Marie-Line, une des militantes gilets jaunes. Convaincue, elle affirme tout de même se rendre aux manifestations avec « la peur au ventre », notamment des violences policières.

« Il faut continuer à mobiliser l’opinion publique », lance quant à lui, Hervé, photographe et porte-parole des gilets jaunes de l’Aube. Malgré les divergences, les militants ce matin se disent pour la convergence des luttes. De toute façon, d’après l’une d’entre-deux, « ce n’est pas une opération gilets jaunes, c’est une opération citoyenne ».


 

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