Bénévoles du Téléthon à Reims : "on a de plus en plus de mal à recruter"

Pour cette 33ème édition du Téléthon à Reims, un noyau dur de bénévoles rémois s'est à nouveau mobilisé Place d'Erlon malgré les conditions météo compliquées de ce 7 décembre. Des amis qui ne ménagent pas leurs efforts pour sensibiliser aux dons et à la maladie.

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Vente de nourriture, bonbons, jeux, enveloppes surprises et loteries. Comme chaque année, les bénévoles du Téléthon sont au rendez-vous avec leur stand. A Reims, le village est installé place d'Erlon jusque à samedi 7 décembre à 20h. Une poignée de bénévoles est à pied d'œuvre depuis 6 heures du matin pour certains dans l'espoir de faire de meilleurs scores que l'année précédente et surtout de recruter des petites mains. Avec le sourire et dans la bonne humeur.


Recruter des bénévoles


"Deux euros les enveloppes surprises! Elles sont toutes gagnantes! Deux euros!", martèle Claude Fouillet, l'animateur du village, micro en bandoulière autour du cou. Claude est bénévole pour l'AFM depuis 15 ans. Ce traiteur rémois a la gouaille qu'il faut pour interpeller les passants. Chaque année il prépare de bons petits plats à vendre au profit du Téléthon. Au menu  cette année : 500 boulettes de viande et 50 kg de tartiflette qui partent comme des petits pains.
 

"Ici tout le monde me connaît et la réputation de mon établissement me précède, les copains et les clients viennent! J'espère qu'on va doubler les dons par rapport à l'année dernière, ça ne devrait pas être trop difficile ", explique-t-il d'un air nostalgique. "L'année dernière la tempête a fait fuir tout le monde et nous n'avions récolté que 3.000 euros. On espère bien faire au moins 6.000 euros de dons cette année."

Claude est très engagé. Pourquoi la cause du Téléthon plutôt qu'une autre? "Le hasard de la vie, et des rencontres". Et surtout un déclic: "j'ai visité l'AFM à Paris. On découvre réellement où vont les dons, qui travaille derrière, ça m'a plu. Ils devraient organiser plus souvent des visites au siège." Son objectif cette année est aussi de recruter.


On a de plus en plus de mal à recruter des bénévoles.
- Claude Fouillet, bénévole pour le Téléthon depuis 15 ans.

Sur les stands, des produits à vendre ou à gagner tous offerts par des entreprises ou des marques.

 

Une centaine de palettes de lessives ont été offertes, des peluches ont été données par Emmaüs. Pour tenir les différents stands, des écoles, des jeunes issus de la mission locale, des étudiants, ou des membres d'association comme Alexandra et son père Christophe. Christophe Lagarde fait partie de l'association Myosotis à Reims rattachée à l'AFM et qui organise des bals et soirées au profit du Téléthon.

Il est malvoyant, atteint d'une maladie génétique rare qui touche son nerf optique, la maladie de Leber. Sa fille Alexandra, 22 ans, aide-soignante, n'est pas porteuse du gêne de la maladie de son père. Mais elle soutient son action et son combat contre la maladie chaque année. A chaque manifestation, elle est présente. "Je me bats au quotidien pour aider les autres dans mon métier. Aux côtés de mon père, je me bats pour tout le monde", explique la jeune fille.

Et Christophe de poursuivre: "Je me bats chaque jour pour que la recherche avance. Pas pour moi, il est trop tard, ajoute-t-il un sourire aux lèvres, mais pour les jeunes atteints de maladies génétiques."
 


La place d'Erlon est donc devenue leur quartier général. "On est un noyau dur de 4 personnes vraiment pour tout installer et tout remballer. Alors que Reims compte une trentaine de bénévoles, ce sont toujours les mêmes les plus investis", avouent Christophe et Claude en se faisant un clin d'œil complice et solidaire, l'air amer.

Donner de son temps

Car au Téléthon, si certains donnent de l'argent, d'autres donnent surtout de leur temps.

"C'est difficile d'être impliqué sur le long terme", avoue José Miclet, autre bénévole très investi depuis les débuts du Téléthon, l'un des piliers de la coordination de l'AFM, structure d'environ 8 personnes qui gère les actions du Téléthon sur la partie Marne Ouest. Certains bénévoles sont aussi parfois trop engagés ailleurs. Les étudiants ont des examens et d'autres impératifs liés à leurs études.

C'est difficile aussi de mobiliser les gens dans les grandes villes. Ils viennent moins facilement à nous que dans les villages.
-José Miclet, bénévole à la coordination Marne Ouest


Bénévole un jour, bénévole toujours

José a une grande expérience de l'événement. Les conditions météo font facilement fuir les gens, et les dons."Au moindre coup de vent, les gens s'envolent", poursuit le rémois, père d'un grand garçon de 35 ans, atteint d'une myopathie.

Des conditions difficiles pour recruter des petites mains. "Mais les gens sont gentils. Ils donnent quand même facilement et même parfois sans rien attendre en retour de nos stands", précise Christophe. "Ce sont tout de même des habitués, comme nous, des fidèles qui reviennent chaque année acheter sur nos stands ou donner", complète Claude.

José regrette l'époque où les actions rémoises du Téléthon étaient plus spectaculaires. "On a même fait une année l'ouverture du JT de 20h sur France 2. On avait des podiums avec des chanteurs et des danseuses". Vigipirate oblige, ils ont été restreints dans leurs actions et les dons et les engagements de bénévoles ont chuté.
 

"Mais on recrute! Venez-nous rejoindre!", martèle alors José qui retrouve son sourire. Cet électronicien encore en activité a géré toute l'installation électrique des stands, de 6 heures à 22 heures, il n'a pas arrêté, comme ses amis Christophe et Claude. Une énergie sans faille.

"Mon fils a une puissance de vie incroyable. Il me donne la pêche. Je lui doit bien ça", confie José, ému.
Et son ami Claude de poursuivre : "Voir des étoiles dans les yeux des enfants, ça n'a pas de prix".